Al-Ahram Hebdo, Egypte |
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 14 au 20 Novembre 2007, numéro 688

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Egypte

Santé. Un plan d’augmentation des salaires des médecins commence à se concrétiser. Cependant, le chemin de la réforme du secteur médical reste long.

Augmentation peu payante

De 600 à 1 000 %, telle est l’augmentation prévue pour les salaires des médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics des « zones éloignées ». Cette augmentation s’inscrit dans le cadre du plan que le ministère de la Santé a annoncé depuis janvier et qui vise à améliorer les conditions de vie et de travail du corps médical. Cette nouvelle grille salariale permettrait également une augmentation des salaires de l’ensemble des médecins travaillant pour le secteur public.

Deux autres volets sont inclus dans ce même projet concernant le développement des résidences des médecins à la campagne et dans les provinces, qui se trouvent actuellement dans un état lamentable, et la promulgation d’un projet de loi sur la formation professionnelle permanente des médecins. Ce projet de loi devra lier le renouvellement du permis du travail aux compétences professionnelles des médecins. Il devra faciliter la participation d’un plus grand nombre de médecins aux conférences médicales locales et internationales en leur assurant la couverture des frais de transport et de logement.

Afin de mettre en œuvre le plan de réforme, le budget annuel alloué au secteur de la santé devra passer de 4,8 à 5,8 milliards de L.E. « L’Etat adopte actuellement une politique qui vise à la rationalisation de la subvention. Il s’agit de préparer une base de données pour identifier les citoyens qui en ont le plus besoin. Cette politique épargnerait à l’Etat des milliards de L.E. qui seront utilisées dans la mise en œuvre du plan de développement du secteur médical », explique Nasser Rasmi, responsable du secteur des hôpitaux publics.

La décision d’améliorer les conditions des médecins a germé l’an dernier à la suite des protestations des membres de cette profession, qui réclamaient un statut salarial amélioré à l’instar des professeurs des écoles. Pour faire valoir leurs revendications, plusieurs centaines de médecins s’étaient réunis à cette fin au siège de leur syndicat au Caire. « Nous ne réclamons que nos droits et l’application des promesses faites par le président Moubarak lors de sa campagne électorale. Il avait promis de créer une grille salariale spéciale pour les médecins », insiste pour sa part Hamdi Al-Sayed, président du Syndicat des médecins.

Le Syndicat des médecins compte 175 000 membres dont 75 % ont moins de 10 ans d’exercice. Le salaire de base mensuel d’un médecin débutant se situe autour de 200 L.E., le syndicat réclame au moins 500 L.E. comme salaire de base.

En effet, le parcours d’un médecin nouvellement diplômé n’aide pas beaucoup à acquérir les compétences et l’expérience nécessaires pour une carrière réussie. Muni de son diplôme au bout de six ans d’études, le jeune médecin s’engage dans une année d’internat obligatoire dans un des hôpitaux classés « zones éloignées », à entendre par là les provinces les plus éloignées de son gouvernorat de résidence. Cette année est supposée permettre aux nouveaux médecins d’acquérir une expérience « professionnelle ». Cette année d’internat terminée, le médecin est ensuite recruté dans un hôpital public de son gouvernorat avec un salaire de 250 L.E., ce qui explique pourquoi la plupart des médecins évitent la fonction publique préférant se disputer les places très limitées aux hôpitaux privés, ou faute de quoi traverser la mer Rouge ... Poursuivre les études de spécialisation devient un luxe que seuls les médecins issus de familles aisées peuvent se permettre.

Mais suffit-il d’augmenter les salaires pour changer l’avenir du métier ? Atef Mahmoud Sadaqa, ancien directeur de l’hôpital d’Imbaba pour les maladies infectieuses, répond par l’affirmative. « Beaucoup de médecins compétents donnent leur démission pour pratiquer dans leurs cabinets privés ou dans les hôpitaux privés, où ils seront beaucoup mieux payés. Avec une bonne rémunération, le ministère peut avoir plus de chance à ne pas perdre ces médecins », souhaite-t-il.

Mais pour Akram Al-Chaër, médecin et député, ce plan ne pourrait résoudre que la moitié du problème. « Il faut un demi-million de L.E. pour former un bon médecin. Or, avec le grand nombre d’étudiants en médecine, cela devient impossible. Le résultat est que nous avons des médecins mal formés. Comment peut-on envisager un programme de formation continue pour tout ce nombre, un nombre quatre fois supérieur à la capacité des hôpitaux », se demande Al-Chaër.

Hamdi Al-Sayed, est parfaitement d’accord. « Ce plan ne serait efficace que s’il est accompagné d’une diminution du nombre d’étudiants en médecine », affirme-t-il. Al-Sayed est allé jusqu’à intenter un procès auprès du tribunal administratif contre le ministère de l’Enseignement supérieur pour réduire le nombre de candidats admis par les facultés de médecine. Le tribunal a prononcé son verdict en faveur du président du syndicat, mais le ministère a fait appel.

Selon les chiffres officiels, 12 000 étudiants sont accueillis chaque année dans les facultés de médecine. Les moyens dont disposent ces facultés ne sont pas en accord avec le nombre des étudiants, ce qui affecte le niveau des médecins. Un problème qui risque de compromettre les efforts centrés sur les salaires.

Marianne Youssef

Mirande Youssef

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.