Diplomatie.
Le président Moubarak a reçu cette semaine plusieurs
dirigeants arabes dans l’optique de la réunion de paix sur
le Proche-Orient prévue à la fin du mois aux Etats-Unis.
En attendant Annapolis
Le
chef de l’Etat s’est entretenu tout d’abord samedi avec le
roi Abdallah II d’Arabie saoudite qui a effectué une visite
de deux jours en Egypte. Dimanche, Moubarak recevait ses
homologues iraqien Jalal Talabani, soudanais Omar Al-Bachir
et yéménite Ali Abdallah Saleh. Les discussions entre M.
Moubarak et les trois dirigeants arabes se sont poursuivies
lors d’un sommet quadripartite dans le but d’unifier la
position arabe à l’approche de la réunion internationale
d’Annapolis sur le Proche-Orient. Le roi Abdallah II de
Jordanie et le président palestinien Mahmoud Abbass sont
également arrivés à leur tour dimanche soir au Caire.
Pourquoi ce ballet diplomatique ? Le Caire veut mobiliser
les Arabes avant la réunion internationale d’Annapolis. En
effet, tandis que la date de la conférence a été fixée en
principe au 26 novembre, aucun agenda clair n’a été pour le
moment établi. L’Egypte mène des concertations notamment
avec l’Arabie saoudite et la Jordanie afin de s’entendre sur
une position commune lors de la conférence. Tandis que les
Palestiniens souhaitent que la conférence examine le statut
final des territoires palestiniens et apporte des réponses à
la question des réfugiés et au tracé des frontières, Israël
reste opposé à toute discussion sur lesdites questions.
Jusqu’à présent, chaque partie a campé sur ses positions. La
visite des dirigeants arabes est intervenue, d’ailleurs, à
quelques jours d’une nouvelle tournée de la secrétaire d’Etat
Condoleezza Rice dans la région. Le Caire propose que la
Feuille de route soit la base des discussions d’Annapolis.
L’Egypte et les autres pays arabes sont à la recherche d’un
moyen pour embarrasser les Américains et Israël. C’est dans
ce contexte que l’Egypte propose la Feuille de route comme
base des discussions. Car ce plan a été proposé par les
Américains eux-mêmes. « Le Caire et les autres pays arabes
craignent que la conférence d’Annapolis ne soit une boutade,
une manifestation qui n’a pour but que de calmer les Arabes
», souligne le politologue Hicham Hassan.
Les pays arabes, dont l’Egypte, veulent en outre enlever à
Israël tous les arguments qui lui permettraient de se
dérober à la paix. L’un de ces arguments est la présence du
Hamas à Gaza, ce qui fait que ce secteur n’est pas sous le
contrôle du président palestinien Mahmoud Abbass. L’une des
solutions serait de tenter d’affaiblir le Hamas en soutenant
par exemple l’un des courants d’opposition qui se trouvent
en son sein a expliqué Hicham Hassan. Le monde arabe a peur
que cette réunion de paix soit une perte de temps si elle ne
traite pas les sujets de fonds du contentieux.
« Nous espérons que la réunion d’Annapolis donnera des
résultats tangibles qui ouvriront de nouvelles perspectives
dans le processus de paix », a déclaré Solimane Awad, le
porte parole de la présidence de la République. Ce dernier a
formulé le vœu aussi que la réunion permette de poser la
question du Golan syrien et d’ouvrir la voie à la paix entre
Israël, le Liban et la Syrie.
Chérif Ahmed