Al-Ahram Hebdo, Arts | Le chant des palais
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 14 au 20 Novembre 2007, numéro 688

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Opéra. Salomon et Schéhérazade, deux livrets d’opéras adaptés de Tewfiq Al-Hakim, ont été donnés en avant-première au Caire, et à Alexandrie le 15 novembre, avec l’Ensemble autrichien de musique contemporaine (OENM), sous la direction de Kai Röhrig.

Le chant des palais

Après le succès des deux opéras Prisca et Pygmalion, joués en automne 2005, à Salzbourg, ensuite à l’Opéra du Caire et d’Alexandrie, il fallait continuer avec l’œuvre de Tewfiq Al-Hakim, l’un des plus importants dramaturges égyptiens dont les textes demeurent d’une grande actualité. Deux nouveaux opéras, d’après Al-Hakim, sont programmés en avant-première mondiale, les 13 et 15 novembre, pour célébrer sa mort, à savoir Schéhérazade, composé par l’Autrichien Herbert Grassl, et Salomon, composé par l’Egyptien Hossam Mahmoud. Les quatre opéras contribuent en quelque sorte à engager un dialogue entre les cultures arabe et occidentale.

L’écrivain montre comment les cultures arabe et occidentale se croisent, sont communicantes, voire complémentaires. « Tewfiq Al-Hakim connaissait les cultures arabe et occidentale. Il a grandi en Egypte, avant de partir séjourner en France pendant plusieurs années. D’ailleurs, pas mal de ses œuvres ont été traduites vers le français. Dans ses écrits, il prône la paix entre les peuples et le dialogue des cultures », déclare l’acteur et metteur en scène français Ollivier Christian, fondateur de la Compagnie Théâtre Oui !, membre fondateur de la troupe Theater Unterwegs et actuellement enseignant-chercheur à l’IUFM et à l’Université de La Réunion. Il ajoute : « Les pièces d’Al-Hakim se fondent d’ailleurs sur des sujets extraits de l’Antiquité (Œdipe, Pygmalion ...), du monde judéo-chrétien (Les Habitants de la caverne, Prisca, Salomon ...) et de sa culture d’origine (Schéhérazade). Il s’est enrichi par des éléments de la philosophie française. Ceci fait que, pour le lecteur européen, les pièces d’Al-Hakim semblent à la fois familières et étranges ».

Quoi qu’il en soit, selon le livret de Christian Ollivier, Salomon et Schéhérazade reflètent le monde des idées d’Al-Hakim qui, sa vie durant, s’est engagé dans la recherche d’un équilibre : équilibre dans l’usage de la force et du pouvoir (politique) et équilibre entre pensée, sentiment et Eros (divinité de l’amour chez les Grecs). Dans Schéhérazade, trois personnages masculins sont prisonniers de leurs mondes respectifs et condamnés à l’échec. Ils incarnent trois pôles de l’être humain : la pensée (le roi Schahriyar), le sentiment (Ammar, le vizir) et Eros (un esclave). Ils sont incapables de percevoir Schéhérazade comme une femme dans toutes ses dimensions : femme de savoir, femme de cœur et femme érotique. Seule Schéhérazade, qui réunit en elle tous ces aspects de l’être humain, semble pouvoir se déplacer librement dans le temps et l’espace tandis que Schahriyar souffre de l’impression d’être prisonnier du temps et de l’espace. Sa vie se transforme en tentative pour échapper à son corps et à la terre. Au centre des conceptions d’Al-Hakim, on trouve l’idée que l’homme est voué à l’échec s’il rompt ces équilibres en abusant de son pouvoir ou en favorisant ou ignorant une facette de son être : la pensée ou le sentiment.

« L’objectif de ce projet n’est pas de jouer les pièces Schéhérazade et Salomon, dans leur intégralité, mais d’en faire une adaptation originale, de transcrire les idées d’Al-Hakim, en poème lyrique et musique, afin de les redécouvrir et de les revitaliser, grâce à la musique, les aspects interculturels des pièces d’Al-Hakim », souligne Christian Ollivier.

Schéhérazade et Salomon sont le fruit d’une démarche interculturelle, laquelle a regroupé Herbert Grassl, Hossam Mahmoud et Christian Ollivier. Le premier est un compositeur autrichien, actuellement professeur à l’Université Mozarteum de Salzbourg, qui a occupé le poste de directeur artistique et chef d’orchestre de l’ensemble autrichien de la musique contemporaine de 1988 à 1997. Le deuxième, un compositeur égyptien, lauréat du Grand Prix de la composition qui lui a été accordé par le gouvernement de Salzbourg en l’an 2000, pour l’ensemble de ses œuvres comportant musiques de chambre, morceaux pour orchestre et musique électro-acoustique. Et le troisième est un librettiste et metteur en scène français. Les interprètes de tous bords seront accompagnés de l’Ensemble de musique contemporaine autrichien à Salzbourg. Celui-ci a pour objectif de faire connaître les nouvelles tendances de la musique contemporaine internationale et de donner un auditoire aux compositeurs locaux. C’est dans cette perspective que l’ensemble travaille avec de jeunes compositeurs. Il œuvre aussi à véhiculer la musique contemporaine autrichienne hors des frontières du pays.

Névine Lameï

Retour au sommaire

 

Le 15 novembre,

au théâtre Sayed Darwich, Manchiya, Alexandrie.

A 20h.

Tél. : 03 486 51 06

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.