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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Opinion


Des questions en suspens à la conférence d’automne

Ahmed Y. Al-Qoreï

Le compte à rebours a commencé et la date de la réunion internationale pour la relance du processus de paix au Moyen-Orient prévue pour la mi-novembre approche. Cependant, la vision générale qui entoure ladite réunion reste opaque et il devient alors difficile de connaître au préalable l’agenda de la réunion, à un moment où les questions se font de plus en plus nombreuses. Espérons que les jours prochains apporteront des réponses.

La première interrogation se rapporte au mutisme complet qui entoure l’agenda de la réunion. Il est important que les Etats-Unis ne soient pas les seuls à le fixer. Et si c’est le cas, il est prioritaire d’y inscrire une clause qui garantirait aux parties palestinienne et israélienne la liberté de discuter de tout sujet. D’ailleurs, c’est dans cet esprit que se sont déroulées les négociations d’Oslo en septembre 1993.

Lorsque la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, revendique à l’Assemblée générale des Nations-Unies que le négociateur palestinien ne fixe pas a priori de conditions à sa participation et lorsqu’elle a refusé de discuter les dossiers du statut final, ceci signifie qu’Israël est le partenaire principal et a contribué seul à déterminer l’agenda de la réunion avec la partie américaine. Il apparaît alors que les clauses de l’agenda américano-israélien seront dictées au négociateur palestinien. Cet état de fait est probablement ce qui a incité le président Abou-Mazen à demander au premier ministre israélien, Ehud Olmert, un accord préalable sur la déclaration de principes avant la tenue de la réunion internationale. Mais Olmert continue de tergiverser pour ne pas exaucer le vœu palestinien.

La deuxième interrogation est de savoir si l’agenda respectera les références figurant sur la Feuille de route et dans l’initiative arabe de paix. D’autant plus que l’on peut lire littéralement sur la Feuille de route rendue publique le 30 avril 2003 ce qui suit : « Les négociations effectuées entre les parties concernées se solderont par la création d’un Etat palestinien indépendant démocrate, coexistant en paix et côte à côte avec Israël et son voisinage. Le conflit israélo-palestinien sera réglé et mettra un terme à l’occupation qui sévit depuis 1967, conformément au principe de la terre contre la paix, en référence aux recommandations de la conférence de Madrid et aux résolutions du Conseil de sécurité n°242, 338 et 1397. Ainsi que les accords auxquels sont parvenus les parties concernées, l’initiative du prince héritier saoudien, Abdallah bin Abdel-Aziz, approuvés par le sommet arabe de Beyrouth en 2002, appelant à considérer Israël comme un voisin coexistant en paix et en sécurité dans le cadre du règlement global ». La Feuille de route a mis l’accent sur ces références dans son communiqué final comme suit : « Les parties parviennent à un accord permanent, final et global, mettant fin au conflit arabo-israélien en 2005. Ce, à travers un règlement qui fera l’objet de négociations entre les différentes parties concernées en se référant aux résolutions du Conseil de sécurité n°242, 338 et 1397 qui mettent un terme à l’occupation datant de 1967. Un règlement qui comprend une solution juste, équitable et pratique à la question des réfugiés et une solution à travers les négociations du statut de Jérusalem en tenant compte des craintes et appréhensions politiques et religieuses des deux parties. Un règlement destiné à garantir les intérêts religieux des juifs aussi bien que des chrétiens et des musulmans dans les autres coins du monde et qui réaliserait la vision des deux Etats. Celle d’un Etat israélien et un autre palestinien vivant côte à côte et jouissant d’une souveraineté, d’une indépendance et d’une démocratie vouée à la survie ».

Il est évident que la déclaration de la création d’un Etat palestinien selon les lignes de 1967 est un dénominateur commun et essentiel figurant dans les deux initiatives, arabe de 2002 et américaine de 2003. Mais ce qui s’est effectivement déroulé sur le terrain au cours des 4 dernières années entrave la concrétisation du contenu des deux initiatives. Il suffit de faire allusion au mur de séparation et aux opérations de creusement qui ont eu lieu sous la mosquée d’Al-Aqsa. Sans oublier les pressions exercées par le Congrès sur le président américain pour le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Il suffit de se rappeler également les événements de juin dernier, lorsque le Congrès américain a félicité les habitants de Jérusalem et le peuple d’Israël à l’occasion du 40e anniversaire de la réunification de la Ville sainte, à l’issue de la guerre de juin 1967. Notons que la conférence prévue en novembre prochain coïncide avec la promulgation du rapport semestriel de l’Administration américaine au sujet du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, et qui déterminera que le transfert sera exécuté ou reporté de 6 mois.

La deuxième interrogation nous amène à la troisième. L’on se demande si le président Bush a bénéficié de l’expérience de son prédécesseur Clinton sur ce dossier en 2000 à travers Camp David 2 et qui a été voué à un échec flagrant.

La leçon que nous en retirons est que le règlement du dossier de Jérusalem doit être prioritaire, surtout qu’il est le plus important des dossiers du statut final (les réfugiés, les frontières, l’eau et les colonies). Le parrain américain, quant à lui, doit tirer profit des points positifs de Camp David, éviter ses aspects négatifs et surtout d’éventuelles pressions sur la partie palestinienne pour l’amener à faire signer des projets de résolutions préparés au préalable hors des salles de négociations, et autres comportements suivis par l’ex-président américain Clinton. Cette manière d’agir avait élargi le fossé entre les parties palestinienne et israélienne, malgré la prorogation des échéances des négociations. Ainsi, les négociations de Camp David 2 ont duré plus qu’il ne le fallait et ont été finalement vouées à l’échec. Mais, les leçons tirées de Camp David 2 seront-elles prises en considération lors de la réunion de l’automne prochain ?.

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