Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla
 

Ahmed Y. Al-Qoreï
 


Edito

Le pari

La réunion internationale pour une paix au Proche-Orient, attendue d’ici fin 2007 près de Washington, s’annonce un pari très risqué pour les protagonistes, car elle pourrait révéler l’impossibilité de combler le fossé entre eux et déclencher une explosion de violences. Probablement du fait des échecs successifs de la diplomatie proche-orientale depuis la Conférence internationale de Madrid de 1991 et jusqu’aux différentes étapes du processus d’Oslo en passant par la réunion ratée de Camp David en 2000, prélude à la deuxième Intifada, le scepticisme est de mise.

Au cœur de cette réunion qui devrait, sauf imprévu, se tenir en novembre à Annapolis dans le Maryland : la création d’un Etat palestinien souverain. Les parrains américains restent prudents et veillent à réduire les attentes de l’opinion publique dans le monde arabe par crainte d’activer les extrémistes en cas d’échec.

Il faut dire que le seul point sur lequel le premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbass sont d’accord porte sur la profondeur du fossé entre leurs positions respectives. Le tracé des frontières d’un Etat palestinien, la souveraineté sur la ville de Jérusalem-Est occupée par Israël, le droit au retour de 4,1 millions de réfugiés palestiniens, la colonisation juive, ne constituent qu’une liste partielle des questions complexes à régler.

On comprend donc mieux pourquoi les parties n’ont pas encore commencé à rédiger un document commun que la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice — qui se rend à nouveau dimanche prochain en Israël et dans les territoires palestiniens — souhaiterait les voir élaborer comme base à des négociations formelles.

Le parrain américain a donc le choix entre une réunion qui se résumerait à une « Photo Opportunity », vouée à l’échec et à un nouveau cycle de violence, et une conférence avec un ordre du jour détaillé. A moins qu’il ne décide de tout annuler. M. Abbass, qui exige « un document clair » et un « calendrier défini », a lui-même averti qu’il ne participerait pas « à n’importe quel prix » à la conférence. Même ton pessimiste chez les protagonistes arabes, Arabie saoudite et Egypte en tête.

Cette dernière a apporté un soutien prudent à l’action américaine, souhaitant la fixation d’une date butoir aux négociations israélo-palestiniennes. Elle a même suggéré de reporter la réunion internationale en l’absence d’un accord servant de base à des discussions substantielles pour un règlement du conflit.

Les Palestiniens et leurs voisins arabes redoutent par-dessus tout un échec de la conférence, craignant qu’il alimente la montée en puissance des islamistes dans leurs pays respectifs.

 




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