Al-Ahram Hebdo, Evénement | Quelque part entre plusieurs dimensions
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Evénement

PND. La 9e conférence générale du parti commence ses travaux samedi avec un seul souci affiché : améliorer les conditions de vie du citoyen égyptien. L’opposition dénonce une mascarade.

Quelque part entre plusieurs dimensions 

Sous le slogan « Avec nous, l’Egypte avance », la 9e conférence générale du Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) se déroulera du 3 au 6 novembre avec un programme chargé de promesses et de bonnes nouvelles.

La semaine dernière, une série de réunions a eu lieu au siège du PND pour la finalisation de l’ordre du jour de la conférence. Le premier ministre a insisté sur le fait que cette édition de la conférence portera surtout sur le dossier social, à entendre par là les questions de la création d’emplois, de la subvention, des pensions de retraite … tout ce qui est susceptible d’améliorer la vie des citoyens. Il s’agit également de donner un nouvel élan aux investissements dans les domaines de l’enseignement, de la santé, de l’infrastructure, et du logement. Des efforts dont les résultats se feront sentir d’ici 2012, d’après le premier ministre Nazif. Celui-ci a souligné que le gouvernement était responsable d’appliquer les politiques définies par le PND dans le cadre du programme de développement annoncé par le président Moubarak lors de sa campagne électorale en 2005.

Mais cette conférence se déroulera également sur fond de guerre entre plusieurs centres de pouvoir, qui veulent imposer chacun son hégémonie sur les cadres et les bureaux du parti. Les dirigeants du PND ayant déjà affirmé leur intention de réélire le président Hosni Moubarak à la tête du parti, les spéculations portent surtout sur le poste du secrétaire général, actuellement occupé par Safouat Al-Chérif. Beaucoup d’analystes s’attendaient à ce que celui-ci soit évincé au profit de Gamal Moubarak, fils du président et président du comité des politiques, mais les récentes déclarations officielles discréditent de telles spéculations. La tendance serait plutôt d’étendre davantage les prérogatives de ce comité déjà très puissant pour raffermir l’autorité du fils du président sur le parti tout en évitant des changements majeurs dans l’organigramme.

L’enthousiasme officiel jure avec le désintérêt total de la population et de l’opposition à la veille de cet événement. Pour l’opposition, il s’agit d’une nouvelle manifestation du PND mobilisant l’appareil médiatique de l’Etat, mais qui n’aura rien apporté de nouveau que ce soit au niveau politique ou celui économique.

« La conférence du PND se réunit pour annoncer des décisions qui avaient été prises longtemps auparavant, on ne doit s’attendre à aucune nouveauté. C’est qu’en Egypte, la politique n’est adoptée ni au PND ni au Conseil des ministres : constitutionnellement, c’est le président de la République qui la définit avec ses conseillers dont seul Dieu connaît l’identité », lâche Hussein Abdel-Razeq, cadre du parti du Rassemblement (gauche). « Le PND va poursuivre les mêmes politiques qu’il adopte depuis sa création, des politiques qui prennent le parti des capitalistes parasites et des hommes d’affaires aux dépens des couches de la population les plus démunies », prédit-il.

De son côté, Wahid Abdel-Méguid, cadre wafdiste et analyste politique, fait remarquer que la publicité exagérée qui entoure cette manifestation est contraire au caractère privé des conférences partisanes. « C’est une sorte de kermesse vidée de tout sens politique ». Quant au discours sur ladite « dimension sociale », pour lui ce n’est qu’un discours destiné à la consommation locale. « Ceux qui sont en charge de la politique économique du gouvernement ne sont nullement préoccupés de cette dimension sociale, de par la nature même de leur mentalité et de leur formation », assure-t-il.

Qu’ils parlent comme politiques ou comme « citoyens », les responsables et les membres du PND refusent de se laisser abattre par un tel pessimisme. « Les rapports des instances économiques mondiales indiquent que l’Egypte fait un très bon travail au niveau de la croissance, dont le taux a atteint plus de 7 % cette année, et en ce qui concerne l’attraction des investissements étrangers », insiste pour sa part Ahmad Abou-Zeid, député PND.

Et si pour certains les études des économistes sont si loin de la vie quotidienne du citoyen moyen, pour les PND le contraste n’est pas si flagrant.

« Qui a dit que ces efforts restent sans effet ? Les chiffres du Conseil des ministres indiquent que 90 % des Egyptiens ont un poste télé et un frigo chez eux.

 Beaucoup de ceux qui appartiennent à ce qu’on appelle les couches populaires appartiennent à une économie parallèle et ont des revenus non déclarés. En l’absence de statistiques fiables, l’observation de la réalité sociale devient très difficile en Egypte », affirme Abou-Zeid. Ce qui explique peut-être la cohabitation de plusieurs réalités.

Chérif Albert

 




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