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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Environnement

Rapport. Le rapport sur l’avenir de l’environnement mondial met en garde les populations africaines, qui seront les plus touchées par le réchauffement de la planète.

Vers une implication des populations africaines

A l’initiative du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), en coopération avec la Fédération des Unions de travailleurs dans l’agriculture, l’irrigation, la pêche et les travaux alliés dans les pays du Bassin du Nil (NBF), cinquante représentants de 20 pays africains se sont réunis au Caire pendant trois jours (du 21 au 23 octobre 2007) pour tenter de mobiliser les sources de financement afin de relever les défis du changement climatique dans la région.

« Les secteurs qui seront vraiment touchés à cause du réchauffement sont l’eau, l’agriculture et la pêche, il est donc temps de coopérer ensemble pour pouvoir prendre les précautions nécessaires afin de faire face à ce défi », avoue Mohamad Abdel-Halim Ahmad, secrétaire général du NBF.

En effet, le but principal de cette réunion est de donner la chance à la société civile de réfléchir pour arriver à des recommandations qui seront les lignes d’une stratégie africaine qui sera discutée durant le 9e Forum global de la société civile qui se tiendra en février 2008 en France.

« Nous essayons au PNUE de donner la parole aux individus eux-mêmes qui sont représentés ici par les ONG. Ils doivent décider comment ils peuvent aider à diminuer les dégâts attendus par les changements climatiques et décider aussi du financement nécessaire », explique le Dr Mohamad Abdel-Moneim, responsable des ressources naturelles au PNUE, bureau régional de l’Afrique (ROA, Regional Office for Africa).

Pour Léontine Babeni, de l’IAWRT (International Association of Women in Radio and Television), la branche du Cameroun, le changement climatique a déjà commencé à faire des dégâts. « 90 % de la surface du lac du Tchad au-dessus du Cameroun a presque disparu. Par conséquent, l’élevage, l’agriculture, la pêche, tout est en train de partir. La population doit se rendre compte de la gravité du problème. A mon avis, la communication est la clé de tout », signale Babeni. Elle ajoute que pour le Forum de France, ils doivent s’appuyer sur la sensibilisation à travers la femme et l’enfant, car c’est la clef de la protection de l’environnement et de la lutte contre la pauvreté.

Pour Adel Rahmani, qui représente TUNZA d’Algérie, leur principale préoccupation est : Comment inclure les jeunes dans la protection de l’environnement. « Les jeunes d’aujourd’hui sont les décideurs de demain. Par contre, tous les jeunes ne sont pas conscients et ne sont pas au courant. Nous essayons de les sensibiliser à travers les concours, les dessins et les projets. Nous avons un grand projet en 2007, c’est celui de la plantation d’un milliard d’arbres. Selon les derniers chiffres dont j’ai eu connaissance, le nombre d’arbres plantés jusqu’au mois d’août a dépassé les 500 millions », assure Rahmani.

Il ajoute que pour le Forum de France, l’implication des jeunes dans tous les processus d’action est nécessaire car les jeunes sont l’avenir de la planète.

Dalia Abdel-Salam

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3 questions à
Charles Sebukeera,
coordinateur régional pour l’Afrique au sein de la division de pré-alerte et d’évaluation environnementale du PNUE.

« Le temps de passer
à l’action est arrivé »
 

Al-Ahram Hebdo : Le rapport a souligné les dangers auxquels est confrontée l’Afrique. Y a-t-il des points positifs ?

Charles Sebukeera : Pour les bonnes nouvelles par exemple, le GEO-4 a révélé que la situation économique du continent africain s’est améliorée d’un taux de 4,6 % en 2004. De plus, les pays africains ont commencé à mieux gérer leurs ressources. D’autre part, des pays africains, comme l’Ouganda par exemple, ont découvert du pétrole dans leur territoire. En ce qui concerne la malnutrition, le nombre de personnes qui en souffraient en Afrique est passé de 35 % en 1992 à 32 % en 2003. Cela veut dire que l’image n’est pas tout à fait sombre mais qu’il y a du souci à se faire.

Quels sont les défis environnementaux les plus grands en Afrique ?

— Le problème de l’environnement le plus important en Afrique subsaharienne est maintenant la question du changement climatique et la variabilité du climat. Une faible capacité d’adaptation de nombreuses communautés rend la sous-région très vulnérable aux chocs de l’environnement, introduits par la variabilité ou le changement climatique comme la sécheresse et les inondations. La vulnérabilité est un symptôme d’une lourde dépendance à l’égard de l’environnement en tant que source de moyens d’existence de ces communautés. La diversification des stratégies de subsistance est donc indispensable pour renforcer la capacité d’adaptation des communautés. Le lac Tchad qui a quasiment disparu est une indication très inquiétante. Ce lac a complètement disparu au Nigeria, toutes les populations qui vivaient sur la pêche souffrent fort car elles ont perdu leur gagne-pain et leur source de nutrition.

D’autre part, les incendies qui ont lieu en Afrique lui coûtent la bagatelle de deux milliards de dollars américains. Malgré la terre fertile, les taux de récolte sont très faibles en Afrique car les incendies tuent les insectes qui maintiennent la fertilité des terres. Et c’est l’exemple le plus simple qui montre l’importance de la biodiversité qui sera elle aussi grièvement touchée par le changement climatique.

Voyez-vous des solutions ?

— Le PNUE, à travers les rapports, essaye de donner une image complète de la situation actuelle comme il prévoit des scénarios pour l’avenir. Cette fois ci, le GEO-4 donne des choix d’actions qui peuvent être prises et des plans qui peuvent être exécutés, mais nous laissons les gouvernements ou la société civile choisir. Donc, rien n’est obligatoire. Mais à vrai dire, le temps de passer à l’action est arrivé.

Dalia Abdel-Salam

 




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