Al-Ahram Hebdo,Environnement | Le danger est toujours là
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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Environnement

Rapport. Le GEO-4 vient d’être lancé au Caire le 25 octobre 2007. C’est le quatrième rapport des Nations-Unies sur l’avenir de l’environnement mondial. 

Le danger est toujours là 

Le nouveau rapport du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), le GEO-4 (Global Environment Outlook-4), est le fruit du travail de quelque 390 experts internationaux. Le travail de ces derniers a été revu par 1 000 autres experts dans les quatre coins du monde. Au cours de ses 10 chapitres, le GEO-4 a évalué l’état actuel de l’atmosphère dans le monde, de la terre, de l’eau et de la biodiversité tout en décrivant les changements qui ont eu lieu durant ces deux dernières décennies et en identifiant les priorités d’action. Le rapport a salué un réel progrès au niveau mondial concernant l’engagement politique, mais malgré cette percée, le plus dur reste à gérer. A savoir : le changement climatique, la détérioration de la pêche et l’extinction des espèces, les problèmes persistants.

« Durant les 20 dernières années, la communauté internationale a réduit de 95 % la production des matières chimiques qui ont causé le trou dans la couche d’ozone. Elle a de même créé un traité pour réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) tout en développant des outils innovateurs, comme le marché du carbone et le mécanisme du développement propre. De même, les régions protégées couvrent actuellement 12 % de la surface de la planète. D’importants instruments ont été créés pour maîtriser les domaines de la biodiversité, de la désertification et autres. En revanche, beaucoup d’autres problèmes n’ont pas été résolus », indique Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations-Unies et directeur exécutif du PNUE.

 

Les gaz à effet de serre, un défi de plus en plus énorme

En ce qui concerne les émissions de GES, à titre d’exemple, quelques experts estiment qu’ils doivent baisser au-delà de 50 % à l’horizon 2050 comparé à leurs niveaux de 1990 et ce pour maintenir une hausse de 2 degrés centigrades dans la température globale, car au cas où la hausse de température dépasserait les 2 degrés, l’impact climatique serait beaucoup plus sévère et par conséquent, les effets seraient désastreux. Pour maîtriser la situation, le rapport exige une baisse des émissions de GES allant de 60 à 80 % dans les pays développés, à l’horizon 2050. De plus, les pays en voie de développement doivent également faire des efforts pour réduire leurs émissions de GES. « L’objectif n’est pas de présenter un scénario sombre mais plutôt de lancer un appel urgent pour passer à l’action », ont assuré les auteurs du GEO-4.

En effet, ce sont les GES qui ont accéléré le rythme du réchauffement, en particulier, et des changements climatiques, en général. Ce réchauffement qui bouleversera la vie sur terre commence à être ressenti par les citoyens. « Il y a deux semaines, Le Caire a témoigné de fortes pluies ainsi que des orages. C’est en fait très étrange pour cette période de l’année », signale Nawli Sayed, femme au foyer.

Même les saisons agricoles ont commencé à changer. « Maintenant, nous cultivons nos récoltes deux semaines et parfois un mois en avance par rapport aux années 1980 », explique Ahmad Abou-Salem, agriculteur du Delta du Nil.

« Ce qui se passe est très naturel, l’agriculture en Egypte dépend des saisons et chaque différence dans les températures aura sans doute ses effets sur les récoltes », affirme l’expert international Mohamad Abdel-Fattah Al-Qassas.

En ce qui concerne l’eau, le rapport révèle que 70 % de l’eau douce est utilisée actuellement par l’irrigation. Plus encore, l’objectif du Millénaire concernant la réduction de la faim exigera de doubler la production des aliments, donc de l’agriculture, à l’horizon 2050. Par ailleurs, les sources d’eau douce se déclinent: vers 2025, la consommation de l’eau aura augmenté de 50 % dans les pays en voie de développement et de 18 % dans les pays développés. « La demande en eau dans les pays où cette ressource est rare sera insatisfaite », souligne le GEO-4.

Le rapport a de même souligné que la qualité d’eau demeure un grave problème. L’eau contaminée reste la première cause essentielle de maladies et de mortalité.

Pour Ahmad Abdel-Réhim, directeur régional de l’évaluation environnementale au Centre pour l’environnement et le développement pour la région arabe et l’Europe (CEDARE), le GEO-4 est une étude très importante qui doit être prise en compte par toutes les parties concernées. « Le travail assidu que présente le GEO-4 doit être à la base de toutes les décisions prises par les leaders des pays du monde. Ils peuvent y trouver les données précises et les scénarios d’avenir, et à la lumière de ces données, ils seront capables de prendre les bonnes décisions », affirme-t-il.

Dalia Abdel-Salam

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