Rapport.
Le GEO-4 vient d’être lancé au Caire le 25 octobre 2007.
C’est le quatrième rapport des Nations-Unies sur l’avenir de
l’environnement mondial.
Le danger est toujours là
Le nouveau rapport du Programme des Nations-Unies pour
l’Environnement (PNUE), le GEO-4 (Global Environment
Outlook-4), est le fruit du travail de quelque 390 experts
internationaux. Le travail de ces derniers a été revu par 1
000 autres experts dans les quatre coins du monde. Au cours
de ses 10 chapitres, le GEO-4 a évalué l’état actuel de
l’atmosphère dans le monde, de la terre, de l’eau et de la
biodiversité tout en décrivant les changements qui ont eu
lieu durant ces deux dernières décennies et en identifiant
les priorités d’action. Le rapport a salué un réel progrès
au niveau mondial concernant l’engagement politique, mais
malgré cette percée, le plus dur reste à gérer. A savoir :
le changement climatique, la détérioration de la pêche et
l’extinction des espèces, les problèmes persistants.
« Durant les 20 dernières années, la communauté
internationale a réduit de 95 % la production des matières
chimiques qui ont causé le trou dans la couche d’ozone. Elle
a de même créé un traité pour réduire les émissions de Gaz à
Effet de Serre (GES) tout en développant des outils
innovateurs, comme le marché du carbone et le mécanisme du
développement propre. De même, les régions protégées
couvrent actuellement 12 % de la surface de la planète.
D’importants instruments ont été créés pour maîtriser les
domaines de la biodiversité, de la désertification et
autres. En revanche, beaucoup d’autres problèmes n’ont pas
été résolus », indique Achim Steiner, sous-secrétaire
général des Nations-Unies et directeur exécutif du PNUE.
Les gaz à effet de serre, un défi de plus en plus énorme
En ce qui concerne les émissions de GES, à titre d’exemple,
quelques experts estiment qu’ils doivent baisser au-delà de
50 % à l’horizon 2050 comparé à leurs niveaux de 1990 et ce
pour maintenir une hausse de 2 degrés centigrades dans la
température globale, car au cas où la hausse de température
dépasserait les 2 degrés, l’impact climatique serait
beaucoup plus sévère et par conséquent, les effets seraient
désastreux. Pour maîtriser la situation, le rapport exige
une baisse des émissions de GES allant de 60 à 80 % dans les
pays développés, à l’horizon 2050. De plus, les pays en voie
de développement doivent également faire des efforts pour
réduire leurs émissions de GES. « L’objectif n’est pas de
présenter un scénario sombre mais plutôt de lancer un appel
urgent pour passer à l’action », ont assuré les auteurs du
GEO-4.
En effet, ce sont les GES qui ont accéléré le rythme du
réchauffement, en particulier, et des changements
climatiques, en général. Ce réchauffement qui bouleversera
la vie sur terre commence à être ressenti par les citoyens.
« Il y a deux semaines, Le Caire a témoigné de fortes pluies
ainsi que des orages. C’est en fait très étrange pour cette
période de l’année », signale Nawli Sayed, femme au foyer.
Même les saisons agricoles ont commencé à changer. «
Maintenant, nous cultivons nos récoltes deux semaines et
parfois un mois en avance par rapport aux années 1980 »,
explique Ahmad Abou-Salem, agriculteur du Delta du Nil.
« Ce qui se passe est très naturel, l’agriculture en Egypte
dépend des saisons et chaque différence dans les
températures aura sans doute ses effets sur les récoltes »,
affirme l’expert international Mohamad Abdel-Fattah
Al-Qassas.
En ce qui concerne l’eau, le rapport révèle que 70 % de
l’eau douce est utilisée actuellement par l’irrigation. Plus
encore, l’objectif du Millénaire concernant la réduction de
la faim exigera de doubler la production des aliments, donc
de l’agriculture, à l’horizon 2050. Par ailleurs, les
sources d’eau douce se déclinent: vers 2025, la consommation
de l’eau aura augmenté de 50 % dans les pays en voie de
développement et de 18 % dans les pays développés. « La
demande en eau dans les pays où cette ressource est rare
sera insatisfaite », souligne le GEO-4.
Le rapport a de même souligné que la qualité d’eau demeure
un grave problème. L’eau contaminée reste la première cause
essentielle de maladies et de mortalité.
Pour Ahmad Abdel-Réhim, directeur régional de l’évaluation
environnementale au Centre pour l’environnement et le
développement pour la région arabe et l’Europe (CEDARE), le
GEO-4 est une étude très importante qui doit être prise en
compte par toutes les parties concernées. « Le travail
assidu que présente le GEO-4 doit être à la base de toutes
les décisions prises par les leaders des pays du monde. Ils
peuvent y trouver les données précises et les scénarios
d’avenir, et à la lumière de ces données, ils seront
capables de prendre les bonnes décisions », affirme-t-il.
Dalia
Abdel-Salam