Diplomatie .
Une brève visite du ministre égyptien des Affaires
étrangères à Beyrouth a permis de confirmer le soutien du
Caire à la libre volonté libanaise.
Non aux ingérences étrangères
« Il revient aux Libanais de décider eux-mêmes de leur sort.
Il ne faut plus qu’il y ait une mainmise sur leur pays ».
Ahmad Aboul-Gheit, ministre
égyptien des Affaires étrangères, a ainsi mis l’accent sur
la vision égyptienne d’un règlement de la crise qui sévit
dans le pays du Cèdre. Aboul-Gheit, au cours d’un bref
séjour, a pu cependant s’entretenir avec des responsables
tant de la majorité que de l’opposition, notamment le chef
du Parlement, Nabih Berri, et le chef de la majorité
parlementaire, Saad Hariri. Il s’est également entretenu
avec le cardinal Nasrallah Sfeir, patriarche de la
communauté maronite.
L’objectif de cette visite était certes limité, mais il
s’agissait aussi d’aider le Liban à surmonter ses
difficultés. « Nous ne pouvons pas dire que nous sommes
porteurs de points de vue ou de directives mais nous
tenterons aujourd’hui d’aider à transmettre la vision
égyptienne aux dirigeants libanais », avait déclaré
Aboul-Gheit. « Notre vision est que les prochaines élections
présidentielles doivent se passer sans ingérences étrangères
». Plusieurs parties régionales et internationales
souhaitent orienter selon leurs intérêts les prochaines
élections. Le Caire, qui soutient le gouvernement, ne voit
pas d’un œil favorable ces ingérences, y compris celles de
Damas. Il est en contact avec les pays voisins pour éviter
de telles interventions. D’où l’appel d’Aboul-Gheith à
l’élection d’un nouveau président libanais sans ingérence
étrangère. Il a démenti toutes les rumeurs accusant l’Egypte
de soutenir Michel Soliman, chef de l’armée, en tant que
président. Selon lui, sa rencontre avec le général Solimane
s’inscrit dans le cadre du soutien de l’Egypte à l’armée
libanaise, après les affrontements sanglants qui l’ont
opposée pendant plus de trois mois au Fatah Al-Islam dans le
camp de Nahr Al-Bared. « J’ai écouté plusieurs points de vue
qui reflètent un certain progrès concernant la
présidentielle », a déclaré le chef de la diplomatie. « J’ai
l’impression que des efforts sont déployés en vue de
parvenir à des éléments positifs », a-t-il ajouté,
soulignant que l’Egypte tente d’aider le Liban grâce à des
contacts avec des parties extérieures.
Le Liban est plongé dans une grave crise politique, qui
bloque notamment la tenue de la présidentielle.
La majorité parlementaire anti-syrienne reproche à
l’opposition menée par le Hezbollah chiite d’être soumise
aux diktats syrien et iranien, tandis que celle-ci accuse le
pouvoir en place d’être inféodé aux Etats-Unis.
Le mandat de l’actuel chef de l’Etat pro-syrien Emile Lahoud
s’achève le 24 novembre. L’élection de son successeur par le
Parlement a été reportée à deux reprises, faute de consensus
entre la majorité et l’opposition.
Une
troisième séance
est
désormais
fixée au 12 novembre.
Chérif
Ahmed