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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Egypte

Syndicat des Journalistes . Le dépôt des candidatures pour les élections a commencé cette semaine. La campagne s’annonce difficile face à des électeurs plus que jamais indécis. Verdict le 17 novembre. 

Une lutte serrée s’annonce  

Plus de 5 000 journalistes sont appelés à voter le 17 novembre pour élire un nouveau président de leur syndicat et son conseil formé de 12 membres. Quatre candidats sont en lice pour le poste de président, à savoir Makram Mohamad Ahmad, ex-PDG de Dar Al-Hilal, qui se présente comme le candidat du gouvernement, Ragaï Al-Mirghani, directeur de rédaction de l’agence de presse égyptienne MENA (Middle East News Agency), qui se présente sous l’étiquette « indépendant », Mohamad Youssef Al-Masri, journaliste à Al-Ahram, et Magdi Abdel-Ghani, vice-rédacteur en chef du quotidien Al-Akhbar. Parallèlement, 45 journalistes de différentes tendances politiques et institutionnelles sont en lice pour les 12 sièges du conseil du syndicat, dont quatre Frères musulmans, un copte et pour la première fois six femmes.

Les élections du Syndicat des journalistes interviennent cette année dans un contexte particulier. Elles font suite à la condamnation de 4 rédacteurs en chef de journaux indépendants à des peines de prison pour « diffamation à l’encontre des responsables du PND » et « propagation de rumeurs sur la santé du président de la République ». Les tentatives du gouvernement de faire assumer au syndicat la responsabilité de ces verdicts en l’accusant de ne pas avoir été en mesure de faire respecter le code de déontologie confèrent aux élections un intérêt spécifique.

La bataille principale pour la présidence du syndicat opposera alors Makram Mohamad Ahmad à Ragaï Al-Mirghani, ce dernier brandissant le slogan de l’indépendance du syndicat. Makram Mohamad Ahmad a fait de l’annulation des peines d’emprisonnement contre les journalistes son cheval de bataille. Il s’est engagé à mettre fin à l’emprisonnement des journalistes dans un délai de deux mois. « Si je ne réussis pas, alors je m’en irai », déclare Makram qui a basé son programme sur trois axes principaux, à savoir l’annulation des peines de prison, l’amélioration des salaires et de l’exercice du métier. « Mon histoire syndicale et mes réalisations parlent d’elles-mêmes », a déclaré Makram Mohamad Ahmad, confiant. L’objectif pour lui est de « sortir le syndicat de la crise actuelle ». « Le syndicat traverse une période où toutes les cartes sont mélangées. On a mélangé le travail syndical et le travail politique, ce qui a donné lieu à un conseil faible et divisé incapable d’assumer ses responsabilités et de faire respecter le code de déontologie », a déclaré Makram, qui affirme vouloir un syndicat professionnel et non pas un syndicat politisé.

De l’autre côté, Ragaï Al-Mirghani accuse Makram Mohamad Ahmad d’être le « bras gouvernemental dressé contre l’indépendance de la presse ». Il affirme vouloir s’opposer aux tentatives de nationaliser le syndicat et vouloir protéger la liberté. « Le candidat du gouvernement a déjà été président du syndicat, mais qu’a-t-il fait ? Rien. Il ne faut pas se laisser séduire par les promesses brillantes et nous détourner de notre but qui est de protéger le métier et d’établir des relations équilibrées entre les journalistes et l’Etat », affirme Al-Mirghani.

 

Reprendre le contrôle

La campagne des deux candidats s’annonce difficile. Tous les scénarios restent ouverts. Lors des élections de 2003, les journalistes des entreprises de presse gouvernementales s’étaient rassemblés pour la première fois en 25 ans autour du candidat indépendant Galal Aref. Et ce dernier a été reconduit au poste de président du syndicat en 2005. Cette fois-ci, les journalistes sont indécis. Pour Abdel-Halim Qandil, journaliste de gauche, les journalistes doivent être conscients des tentatives étatiques de dominer le Syndicat des journalistes. « Ces élections sont une guerre pour l’existence. Le gouvernement a dévoilé son vrai visage en jetant les journalistes en prison. Nous devons nous unir face à cette campagne féroce ». Avis partagé par Yéhia Qallache, secrétaire général du syndicat, qui estime qu’il faut poursuivre l’expérience d’un président indépendant. « Cette expérience, quoique récente, a réussi à ouvrir beaucoup de dossiers qui avaient été négligés pendant des dizaines d’années », estime Qallache qui affirme que cette expérience a été très concluante. « Bien entendu, tous les problèmes n’ont pas été réglés, mais le syndicat a fait des réalisations importantes sans rien demander à l’Etat », affirme Qallache.

Certains journalistes trouvent cependant qu’il faut reprendre le contrôle du syndicat dominé par les Nassériens depuis 4 ans. Atef Abdel-Ghani, journaliste au magazine Octobar, critique le conseil du syndicat actuel qui, selon lui, a politisé l’établissement et négligé l’aspect professionnel. « Je préfère un président gouvernemental modéré capable d’attribuer des services, surtout avec la détérioration du statut social et professionnel des journalistes et qui soit en même temps capable de préserver le prestige du syndicat », affirme Abdel-Ghani. Mohamad Khoraga, journaliste à Al-Ahram, est d’accord. Il affirme que les Nassériens ont détruit le syndicat. « Galal Aref a transformé le syndicat en parti politique, le conseil du syndicat n’a pas pu faire face aux vrais défis. Le code de déontologie est resté inerte. Résultat : un syndicat faible. C’est pourquoi il faut œuvrer pour l’ensemble des journalistes et non pas pour une seule catégorie », affirme Khoraga. Qu’il soit gouvernemental ou indépendant, les journalistes veulent un président et un conseil capables de les protéger des peines de prison et d’améliorer leurs salaires.

May Al-Maghrabi

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