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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Egypte

Universités . Des facultés dispensant un enseignement de pointe pour les meilleurs des bacheliers ? L’idée fait son chemin mais est attaquée sur le front de la discrimination.  

La qualité fait scission   

500 millions de L.E. ont été allouées par le ministère de l’Enseignement supérieur dans le but de créer des facultés de spécialisation pointue pour les bacheliers distingués. Selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Hani Hilal, le projet devra commencer avec six facultés, dont trois pour les bacheliers littéraires et trois pour les scientifiques.

Conformément au plan du ministère, chaque faculté accepterait comme première étape 150 bacheliers. Elles dépendraient de l’Université du Caire au cours de leurs premières années de fonctionnement, avant d’être dotées d’un recteur et d’une administration indépendante. Ces facultés, à but non lucratif, ne dépendront pas uniquement du budget alloué par le ministère, mais également de donations d’hommes d’affaires. Premier objectif annoncé : résoudre le problème de la capacité d’accueil limitée des facultés en place, et qui fait qu’un bachelier avec un pourcentage de 95 % ne trouve pas de place dans la faculté de son choix.

Abdallah Barakat, secrétaire du Haut Conseil des universités, explique que la création de ces nouvelles facultés est une véritable nécessité afin de réaliser le principe d’égalité des chances. Le nombre d’étudiants ayant passé le bac avec succès cette année a atteint 380 000, alors que les universités publiques ne peuvent assimiler que 250 000 nouveaux étudiants par an, tandis que les universités privées n’accueillent que 15 000 bacheliers, en raison de leurs frais de scolarité très élevés. Barakat ajoute que les frais de ces facultés n’ont pas encore été fixés. « Mais ils seront bien sûr moins chers que ceux des universités privées, ce qui permettrait aux étudiants de la classe moyenne de s’y inscrire », rassure-t-il.

Le deuxième objectif serait de moderniser l’enseignement supérieur, puisque le système d’enseignement dans ces facultés sera calqué sur le modèle américain. Actuellement, la plupart des universités égyptiennes ne sont pas en mesure de former un diplômé compétent capable de s’adapter aux nouvelles technologies et répondant aux besoins du marché du travail. Le but de ces nouvelles facultés sera ainsi de mettre sur le marché une génération de jeunes diplômés ayant un niveau compétitif par rapport à la main-d’œuvre internationale.

Spécialisations très demandées

Dans cette même perspective, les nouvelles facultés offriront des spécialisations très demandées sur le marché du travail dans l’ingénierie, la pharmacie, la gestion et l’énergie nucléaire. « La création de ces nouveaux départements pourrait contribuer à faire économiser à l’Etat des milliards de L.E. que touchent les experts étrangers auxquels l’Egypte fait appel », estime Taghrid Pacha, du Haut Conseil des universités.

« Les universités étrangères offrent une bonne formation à leurs étudiants, mais en même temps elles représentent un risque d’invasion culturelle. C’est pourquoi la création de ces facultés égyptiennes est nécessaire pour réaliser un certain équilibre », affirme Kawsar Kojak, professeur d’université. Ces arguments avancés, aussi sensés qu’ils puissent être, n’empêchent pas les politiques et les responsables de l’enseignement de se demander si l’Egypte a vraiment besoin de ce genre de facultés. Mohamad Al-Mofti, membre de la commission de l’enseignement au Parlement, répond par la négative : « Si le but de l’enseignement supérieur est de créer de nouvelles spécialisations rares, pourquoi ne pas ouvrir de nouveaux départements dans les Universités du Caire ou de Aïn-Chams ? Pourquoi le ministère n’utilise-t-il pas les sommes qu’il entend investir dans la création de ces facultés pour améliorer la qualité de l’enseignement dans les universités publiques ? ». D’autres estiment que ces facultés porteront atteinte à la gratuité de l’enseignement. Hussein Abdel-Razeq, du parti du Rassemblement, estime que l’Etat doit assurer gratuitement une bonne qualité d’enseignement à tous les citoyens, qu’ils soient riches ou pauvres. « Cette initiative divisera l’enseignement universitaire en deux catégories : une première de mauvaise qualité pour les pauvres et une autre plus moderne pour les riches. De quoi garantir une discrimination semblable sur le marché du travail », poursuit-il. L’idée est toujours à l’étude …

Marianne Youssef
Mirande Youssef

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