Al-Ahram Hebdo, Economie | Haut débit de grogne 
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Economie

Télécommunications. La mauvaise qualité des services est montrée du doigt par les consommateurs qui accusent l’Organisme régulateur des télécommunications de laisser-aller et d’incompétence. 

Haut débit de grogne  

Créé en 2003, l’Organisme régulateur des télécommunications traverse aujourd’hui une vague de mécontentement, puisque passer un coup de fil, d’un téléphone fixe ou portable, et même se connecter à l’Internet pose depuis quelques jours de sérieuses difficultés aux abonnés. « Les lignes de portables sont devenues très mauvaises. Pendant un coup de téléphone, la ligne peut être coupée jusqu’à 3 fois. Pareil pour les SMS : en envoyer un du premier coup marche rarement. Où est l’Organisme régulateur des télécommunications censé protéger nos droits ? », se demande Mohamad Farid, comptable. Zeinab Awadallah, présidente de l’Association locale pour la protection des droits des consommateurs, est aussi indignée : « A cause d’un câble volé, le téléphone est coupé depuis deux mois dans le quartier d’Ard Al-Léwa. Nous avons informé l’organisme. Mais nos plaintes semblent être restées dans les tiroirs ». Alors, Zeinab estime que l’organisme n’a été créé que pour la forme puisqu’il « ne prend jamais le côté des consommateurs ». Ses responsables défendent, eux, son efficacité. Puisque l’Organisme régulateur des télécommunications, « indépendant », mais « dépendant » du ministre des Télécommunications, a créé en 2004 un comité de protection des droits des consommateurs. Lequel renferme trois sous-comités : le premier est chargé de déterminer le prix des services, le second pour surveiller le niveau des services, et le troisième pour garantir la protection des informations. Hicham Abdel-Rahmane, directeur des opérations auprès de l’organisme, explique que les différents segments du marché des télécommunications sont surveillés de près et déploient des efforts continus pour protéger les droits de consommateurs. « L’organisme a mesuré la performance de Mobinil et de Vodafone pendant l’été et a noté une faiblesse du niveau des services dans certaines provinces du pays. Toutefois, la réduction du niveau de service n’a pas dépassé les limites qui exigent que l’organisme sanctionne les opérateurs », affirme-t-il.

En effet, des critères particuliers déterminent la qualité de service. Ainsi, le taux d’interruption des appels doit-il rester en deçà de 2 % de la durée de la conversation alors que « ces taux n’ont pas dépassé les 1 % », selon Abdel-Rahmane. Ali Anis, président du comité de protection des droits de consommateurs, ajoute qu’un centre d’appel a été créé pour recevoir les plaintes des consommateurs. Et selon les statistiques, le total des plaintes dans le troisième trimestre de cette année (juillet à septembre) s’élève à 3 646 répartis comme suit : portables 555, Telecom Egypt 1 606, Internet 876, Internet ADSL 42. « L’organisme a résolu 90 % de ces plaintes, ce qui prouve l’efficacité de notre rôle à régler les problèmes des consommateurs », dit Anis en assurant que le comité qu’il préside mène des campagnes de mobilisation dans les différentes provinces pour faire connaître aux citoyens leurs droits vis-à-vis des sociétés de télécommunications.

 

Chiffres inférieurs à la réalité

Des campagnes dont cependant personne n’a jamais entendu. C’est pourquoi Zeinab Awadallah reste perplexe. « Ces comités ne doivent pas se limiter à faire des campagnes. Ils doivent également prendre des positions plus strictes envers les opérateurs qui violent les droits des consommateurs. Ainsi, l’organisme ne règle-t-il pas toutes les plaintes et parfois il donne des solutions contradictoires. Par exemple, qu’a-t-il fait des plaintes déposées contre la société Raya holding qui a vendu à ses clients des Modem ADSL défectueux ? », demande-t-elle. Pour Awadallah, les chiffres donnés par l’organisme sont largement inférieurs à la réalité car « la société égyptienne n’est pas sensibilisée à la culture de la plainte », ce qui implique un manque de transparence au sein de l’organisme qui « n’adopte pas de stratégie claire vis-à-vis des sociétés de portables ». Cette réalité apparaît clairement dans le retard de l’organisme, sans justifications convenables, à permettre pour un abonné la conservation de son numéro en cas de changement d’opérateur. Un service qui devait être rendu possible avec le lancement du troisième réseau de portable (Etisalat), en mai dernier. « Les deux opérateurs de portables — Mobinil et Vodafone — sont les seuls bénéficiaires de ce report. L’organisme doit prendre une mesure stricte pour répondre aux promesses du gouvernement », souligne Tareq Nofal, président d’une entreprise d’internet, en assurant qu’il ignore la raison de ce report puisque les sociétés sont techniquement prêtes. Ce n’est pas le seul reproche. L’organisme n’est pas non plus intervenu pour mettre fin aux différends entre les sociétés de portables et la société de télécommunications publique Telecom Egypt pour la réduction des tarifs des appels des postes fixes aux portables. « Les deux parties n’ont pas conclu d’accord. Le sujet sera étudié par le comité des plaintes de l’organisme, qui prendra une décision dans un mois et demi », explique Amr Badawi, directeur exécutif de l’organisme. Une lenteur qui ne va pas dans le sens des intérêts des consommateurs.

Gilane Magdi

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3 questions à
 Amr Badawi,
directeur exécutif de l’Organisme régulateur des télécommunications. 

« Sanctionner n’est pas une solution » 

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi l’Organisme ne sanctionne-t-il pas les sociétés de portables pour mauvaise qualité de services ? 

Amr Badawi : L’organisme a averti les deux sociétés de portables (Mobinil et Vodafone) qu’elles doivent augmenter leur nombre d’antennes-relais. Sinon, l’organisme n’aura d’autre choix que de leur interdire tout nouvel abonnement. Or, les rapports quotidiens que reçoit l’organisme prouvent que les deux opérateurs déploient actuellement les efforts pour améliorer la qualité de service. Par exemple, une des sociétés a installé 60 nouvelles antennes en un seul mois et l’autre 50 antennes, sur cette période. Donc sanctionner n’est pas pour l’instant une solution.

Il n’empêche qu’aucune amélioration est ressentie. Pourquoi ?

— La mauvaise qualité du service provient essentiellement de l’augmentation du nombre de clients en raison de la réduction des tarifs des appels. C’est pourquoi les réseaux sont devenus surchargés. Il faut également noter les problèmes que rencontrent les opérateurs dans certains quartiers et régions. Par exemple, dans le quartier de Madinet Nasr à densité d’habitant très élevée, la majorité des immeubles ne sont pas conformes aux critères de construction, et donc la municipalité refuse d’autoriser les sociétés de portables d’y installer de nouvelles antennes.

 — Mobinil et Vodafone permettront bientôt de passer d’un réseau à l’autre sans changer de numéro. Ce qui privera de clients le troisième opérateur Etisalat. L’organisme est accusé de fermer les yeux sur cette pratique monopolistique ...

— C’est faux. L’organisme a exercé de grandes pressions pour convaincre les sociétés de portables de permettre de garder le numéro en cas de changement d’opérateur. Elles sont en ce moment dans la phase expérimentale de ce système et sa mise en application prend du temps dans d’autres pays. Cela a pris un an et demi après l’arrivée du second opérateur en Arabie saoudite. De plus, les expériences ont prouvé que le total des opérations de transfert ne dépasse pas 1 %, comme cela a été observé au Pakistan. Nous voulons lancer ce système en novembre prochain.

Propos recueillis par Gilane Magdi

 

 




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