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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Economie

Investissements. Ils ont connu l’année dernière des flux mondiaux record, grâce surtout aux fusions et acquisitions. Les pays arabes en recueillent une bonne part, comme le souligne un nouveau rapport de l’Onu.  

Les succès de la région  

« Ces dernières années, les pays en développement ont réussi à rectifier le tir en leur faveur », salue Maher Salem, directeur au Caire du centre d’informations de l’Organisation des Nations-Unies. Une remarque basée sur le dernier rapport de la conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Le rapport annuel sur l’investissement dans le monde est intitulé cette année Sociétés transnationales, industries extractives et développement, et selon lui, le montant des flux d’investissements directs (IED) provenant des pays en développement ont presque doublé pour atteindre 379 milliards de dollars. Un chiffre record qui s’approche de celui enregistré en 2000. La région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) a attiré, à elle seule, plus de 16,6 % de cette somme (soit 63,21 milliards de dollars).

L’Arabie saoudite a été la première destination des IED, avec 18,99 milliards de dollars. L’Egypte arrive en deuxième position, avec un record de 10,04 milliards de dollars. Ce qui a aussi entraîné une progression de leur classement en termes d’attractivité : l’Egypte est passée de la 68e à 33e place sur 141 pays du monde alors que l’Arabie saoudite monte à la 63 place au lieu de 92. Les Emirats arabes unis sont classés troisième de la région, attirant quelque 8,3 milliards de dollars. Et le Soudan, avec 3,54 milliards de dollars, occupe la quatrième place dans la région MENA. Après l’Arabie saoudite, suivie par la Tunisie (3,3 milliards), et le Maroc (2,8 milliards de dollars).

L’Egypte a bien accueilli ces chiffres. « Les investissements non pétroliers s’emparent de plus de 70 % de l’ensemble de ces flux. Il s’agit donc de nouvelles sociétés et d’expansions des projets dans les secteurs des services, du tourisme et de l’industrie », note le ministre de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine, dans un communiqué de presse diffusé à l’occasion. Enthousiasme partagé par Samir Radwane, directeur exécutif du Conseil égyptien de la compétitivité, qui assure que cette tendance a commencé il y a trois ans. « Dans le passé, la majorité des flux des IED se dirigeait vers le secteur pétrolier, autant en Egypte que dans les autres pays de la région », explique-t-il.

L’essor des flux des IED dans le monde entier est interprété par le grand appétit des corporations transnationales pour les opportunités d’investissements hors frontières. La région MENA a ainsi connu une envolée de la valeur des fusions et des acquisitions ainsi qu’un rôle accru de ces entités géantes dans les industries extractives. Selon le rapport, la valeur des fusions et des acquisitions sur le plan international, y compris les privatisations, a représenté presque le tiers de la valeur des IED qui se sont dirigés vers la région en 2006.

 

Baisse de régime

La tendance n’est pas d’ailleurs nouvelle. Elle a commencé il y a 3 ans. En 2006, derniers chiffres détaillés disponibles, la valeur des F&A dans la région a atteint 23 milliards de dollars. Elle provient dans sa majorité des achats, effectués par des sociétés transnationales asiatiques, dans les secteurs financiers et des télécommunications. En 2006, le phénomène n’est pas moins considérable. « L’ouverture des secteurs financiers et immobiliers aux étrangers a accéléré les opérations de privatisation et d’acquisition. Ainsi de nombreux pays africains et arabes ont-ils intégré des mesures à leurs cadres politiques et réglementaires afin de garantir un volume constant des IED et d´attirer des investissements favorisant leur développement », explique Samir Radwane. Selon le rapport, la Tunisie est le pays dans lequel la valeur des acquisitions a été la plus importante (2,13 milliards de dollars) suivi par le Soudan, l’Egypte et la Libye. Quant aux pays du Golfe, ils sont les plus grands investisseurs de la région. Les Emirats arabes unis, y compris Dubaï, arrivent en tête, puisqu’ils ont effectué des acquisitions pour une valeur totale de 21,6 milliards de dollars. Ils ont ainsi installé plus de 200 nouveaux projets hors leurs frontières.

Le pétrole, dont les prix mondiaux ne cessent d’augmenter a également suscité l’intérêt des multinationales, après de longues années de négligence. Samir Radwane explique que « les coûts d’extraction du pétrole et du gaz sont très inférieurs dans les pays de la région arabe par rapport aux pays développés ». Et d’ajouter que la hausse des prix des ressources naturelles, notamment le gaz naturel et le pétrole, a incité les multinationales à investir dans les pays riches en ressources, « afin d’assurer l’approvisionnement de leurs propres pays  ».

Par ailleurs, Maher Salem, note un autre phénomène : la croissance du volume et du rôle des entreprises des pays en développement dans la région. Ainsi, d’après le rapport, en termes de production pétrolière, les trois principales sociétés ont été Saudi Aramco (Arabie saoudite), Gasprom (Fédération de Russie) et la National Iranian Oil Company.

Cependant, cette effervescence devrait connaître un ralentissement selon les contributeurs du rapport. Ceux-ci prévoient que l’activité des multinationales connaisse une baisse de régime à cause des restrictions imposées par certains pays sur la propriété des étrangers. Et ce, afin de maintenir le niveau des recettes de l’Etat. Par exemple, en Algérie, l’Etat devra détenir au moins 51 % du capital des entreprises publiques du secteur pétrolier et gazier.

Gilane Magdi

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