Festival de la musique arabe.
15 troupes avec 15 chanteurs et 5 solistes reconnus
participeront à la 16e édition, mêlant styles ancien et
moderne. Du 1er au 10 novembre au Caire.
L’empreinte libanaise
Cette
édition 2007 du Festival de la musique arabe est marquée par
une forte présence libanaise. Carole Smaha chantera Faïrouz
(le 3 novembre), Melhem Zein chantera Mohamad Abdel-Wahab et
Wadie Al-Safi (également le 3 novembre), le
musicien-compositeur Ihsane Al-Monzer (le 5 novembre) et le
chanteur Marwane Khoury (8 novembre) interpréteront des
œuvres de Mohamad Abdel-Wahab en plus de ses propres
chansons. La direction du festival espère ainsi gagner un
public relativement jeune. En parallèle à ces derniers, on
retrouve quelques habitués tels la Marocaine Hayyat
Al-Idrissi, excellant comme d’habitude à interpréter les
chants d’Oum Kalsoum (6 et 8 novembre), le violoniste
libanais Guehad Aql (7 et 10 novembre), le bien-aimé du
festival, Fouad Zabadi du Maroc (3 et 7 novembre), dont la
voix est très proche de Abdel-Motteleb. Cela, sans
compter Ahlam des Emirats arabes unis (8 novembre) et les
Egyptiens Amal Maher (9 novembre), Riham Abdel-Hakim (3
novembre), Medhat Saleh (10 novembre) et Mohamad Sarwat (2
novembre). Ce dernier, qui chantera Mohamad Abdel-Wahab, est
d’ailleurs parmi les honorés de cette 16e édition. « Où donc
ces chanteurs peuvent présenter leur art raffiné et
leur chant pur si ce n’est dans le cadre de ce festival ? »,
s’interroge sa présidente Ratiba Al-Hefni, qui est parvenue,
au fil du temps, à étouffer les critiques qui lui ont été
adressées. Al-Hefni a toujours essayé de composer un beau
mélange dans ses programmations, oscillant entre styles
ancien et moderne, entre le « tarab » (extase de la musique
arabe) et la musique plus contemporaine de qualité. Ainsi
a-t-on choisi cette année le takht oriental (ensemble
traditionnel) comme thème de la compétition se déroulant
tous les ans dans le cadre du festival. On tente d’ailleurs
à travers celui-ci de débattre de sujets comme Le rôle du
compositeur et son influence sur l’audience, et Les
caractéristiques de la chanson arabe contemporaine qui
visent l’enfance, les médias et la musique ... Ces thèmes
seront débattus dans la petite salle de l’Opéra du Caire,
tous les jours de 10h à 14h.
L’ouverture
du festival se fera avec un tableau lyrique et dramatique,
intitulé Acheq al-roh (le passionné de l’âme), d’après un
chef-d’œuvre de Mohamad Abdel-Wahab. « C’est ma manière de
contrecarrer les vidéoclips osés, en vogue ces jours-ci. Une
mode qui a envahi notre culture et nos traditions arabes »,
indique Ratiba Al-Hefni, ajoutant : « Dans le temps, j’étais
très optimiste quant à l’avenir du chant arabe.
Actuellement, je ne le suis plus. Les chaînes satellites
privées sont innombrables et incontrôlables.
Je
souhaite qu’un jour, nous parvenions à surveiller nos
chaînes égyptiennes, dans le domaine du chant et de la
musique arabe, pour le bien de la jeunesse ».
Outre la
présence libanaise, le festival invite les Iraqiens Magued
Al-Mohandess (soirée de chants le 5 novembre) et Omar Bachir
(récitals de luth, les 7 et 8 novembre). Commémorant les 10
ans de la mort de son père Mounir Bachir, le jeune luthiste
sera accompagné de quatre autres musiciens jouant de la
musique électronique. Par ailleurs, le festival invite, pour
la première fois, l’orchestre symphonique international
Mesto, nous venant de Los Angeles (4 et 6 novembre). Fondé
en l’an 2000 par le maestro et compositeur nazaréen Nabil
Azzam, l’orchestre se compose de 48 musiciens américains et
rassemble des instruments très diversifiés (arabes, grecs,
turcs, palestiniens …). Il sera accompagné de la chanteuse
palestinienne Dalal Abou-Amneh. Mesto se base
essentiellement sur la musique arabe classique et
folklorique, imbibée de traditions musicales classiques
européennes. Il jouera des compositions d’Abdel-Wahab, Farid
Al-Attrach, Mohamad Abdou, Yaacoub Tattios et autres.
Névine Lameï