Echos économiques
Promouvoir l’agriculture pour booster le
développement
« Dans les pays en voie de développement, un plan d’action
dynamique mettant l’agriculture au service du développement
pourrait apporter beaucoup à l’immense population de ruraux,
estimée à 900 millions de personnes, qui vit avec moins d’un
dollar par jour et exerce en majorité une activité agricole
». C’est ce qu’a récemment déclaré Robert B. Zoellick,
actuel président de la Banque Mondiale (BM). Une déclaration
qui vient couronner une nouvelle étude intitulée « Rapport
sur le développement dans le monde 2008 : L’agriculture au
service du développement », publiée début octobre par la BM.
Le rapport préconise d’investir davantage dans l’agriculture
dans les pays en développement et de placer ce secteur au
centre des efforts de développement pour pouvoir atteindre «
l’objectif consistant à réduire de moitié d’ici 2015 la
proportion de la population vivant dans une extrême pauvreté
et souffrant de la faim ».
Selon le rapport de la BM, c’est l’Afrique subsaharienne qui
est à dominante agricole. Cette partie de l’Afrique, comme
l’indique le rapport, est fortement tributaire de
l’agriculture pour sa croissance et souffre du manque
d’investissements, publics ou privés. Alors que 75 % de la
population vit dans ces espaces ruraux, les dépenses
publiques consacrées à l’agriculture ne représentent que 4 %
des dépenses publiques totales.
Or, les
niveaux actuels des dépenses consacrées à l’agriculture en
Afrique subsaharienne sont insuffisants pour permettre une
croissance durable. Afin d’inverser cette tendance et
permettre une croissance durable, le NEPAD (Nouveau
programme économique pour le développement de l’Afrique) a
conseillé les Etats africains de porter ces dépenses à 10 %
de leur budget.
Le
rapport mentionne deux Etats africains — le Kenya et la
Zambie — où les transferts monétaires vers les organismes
parapublics ainsi que les subventions ont représenté, en
2002-2003, 26 % de l’ensemble des dépenses affectées à
l’agriculture par les pouvoirs publics pour le Kenya, et 85
% des dépenses pour la Zambie (2003-2004). Malheureusement,
ces mesures n’étaient que provisoires et n’ont servi qu’à
pallier les insuffisances temporaires des marchés et non pas
à la recherche, à la vulgarisation et aux infrastructures
rurales. Selon le rapport de la BM, il est possible
d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs de
subsistance en augmentant la productivité des cultures de
base. Pour cela, il faut investir massivement dans la
gestion des sols et de l’eau et dans la recherche agricole.
Dans le
même temps, la 9e édition du Salon International de
l’Agriculture, du Machinisme Agricole et de la Pêche (SIAMAP
2007) vient de se tenir au Parc des expositions du Kram, en
Tunisie (25-27 octobre 2007). Offrant une occasion
privilégiée de rencontres et de partenariats entre les
professionnels étrangers et tunisiens, cette 9e édition du
Salon donne aussi la possibilité, aux opérateurs des
secteurs — agricole, pêche et mécanique agricole — de faire
le point sur la situation de l’industrie, revoir les
problèmes et discuter des difficultés rencontrées par les
agriculteurs et pêcheurs tunisiens.
Comme
l’indique Karim Daoud, directeur du SIAMAP, depuis de
nombreuses années, l’industrie agroalimentaire joue un rôle
fondamental dans l’économie nationale tunisienne. En effet,
pour la troisième année consécutive, la Tunisie a une
balance commerciale agricole excédentaire. L’agriculture
contribue à hauteur de 11,8 % à la formation du PIB national
et à 16,3 % à l’emploi.
En
Tunisie, les principaux objectifs des réformes économiques
mises en place depuis l’an 2000 sont la promotion des
investissements et la diversification des activités de
commercialisation et de transformation de produits agricoles.
Afin de promouvoir cette production agroalimentaire, la
Tunisie a adopté des stratégies d’optimisation de la
production agricole. Cependant, cette production agricole et
agroalimentaire doit faire face à un marché qui devient de
plus en plus difficile avec la mondialisation qui impose de
plus en plus de barrières d’ordre sanitaire et surtout des
barrières qualitatives.
Celles-ci représentent un grand défi, non seulement pour la
Tunisie, mais aussi pour toute l’Afrique. Selon les
économistes, l’application de tels contrôles n’est pas
nécessaire, car elle ne sert qu’à protéger des intérêts
établis, à réduire les activités de certains groupes
ethniques, à suppléer les salaires des agents de l’Etat et à
encourager la privatisation. En effet, une grande inquiétude
publique et politique existe en Afrique sur la
libéralisation des marchés et la réduction de l’activité des
sociétés parastatales. Nombreux sont ceux qui estiment que
la libéralisation des marchés aura comme conséquence une
nouvelle domination étrangère ou un rôle disproportionné de
certains groupes sociaux.