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 Semaine du 31 octobre au 4 novembre 2007, numéro 686

 

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Afrique


Echos économiques
Promouvoir l’agriculture pour booster le développement

« Dans les pays en voie de développement, un plan d’action dynamique mettant l’agriculture au service du développement pourrait apporter beaucoup à l’immense population de ruraux, estimée à 900 millions de personnes, qui vit avec moins d’un dollar par jour et exerce en majorité une activité agricole ». C’est ce qu’a récemment déclaré Robert B. Zoellick, actuel président de la Banque Mondiale (BM). Une déclaration qui vient couronner une nouvelle étude intitulée « Rapport sur le développement dans le monde 2008 : L’agriculture au service du développement », publiée début octobre par la BM. Le rapport préconise d’investir davantage dans l’agriculture dans les pays en développement et de placer ce secteur au centre des efforts de développement pour pouvoir atteindre « l’objectif consistant à réduire de moitié d’ici 2015 la proportion de la population vivant dans une extrême pauvreté et souffrant de la faim ».

Selon le rapport de la BM, c’est l’Afrique subsaharienne qui est à dominante agricole. Cette partie de l’Afrique, comme l’indique le rapport, est fortement tributaire de l’agriculture pour sa croissance et souffre du manque d’investissements, publics ou privés. Alors que 75 % de la population vit dans ces espaces ruraux, les dépenses publiques consacrées à l’agriculture ne représentent que 4 % des dépenses publiques totales. Or, les niveaux actuels des dépenses consacrées à l’agriculture en Afrique subsaharienne sont insuffisants pour permettre une croissance durable. Afin d’inverser cette tendance  et permettre une croissance durable, le NEPAD (Nouveau programme économique pour le développement de l’Afrique) a conseillé les Etats africains de porter ces dépenses à 10 % de leur budget.  

Le rapport mentionne deux Etats africains — le Kenya et la Zambie — où les transferts monétaires vers les organismes parapublics ainsi que les subventions ont représenté, en 2002-2003, 26 % de l’ensemble des dépenses affectées à l’agriculture par les pouvoirs publics pour le Kenya, et 85 % des dépenses pour la Zambie (2003-2004). Malheureusement, ces mesures n’étaient que provisoires et n’ont servi qu’à pallier les insuffisances temporaires des marchés et non pas à la recherche, à la vulgarisation et aux infrastructures rurales. Selon le rapport de la BM, il est possible d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs de subsistance en augmentant la productivité des cultures de base. Pour cela, il faut investir massivement dans la gestion des sols et de l’eau et dans la recherche agricole.

Dans le même temps, la 9e édition du Salon International de l’Agriculture, du Machinisme Agricole et de la Pêche (SIAMAP 2007) vient de se tenir au Parc des expositions du Kram, en Tunisie (25-27 octobre 2007). Offrant une occasion privilégiée de rencontres et de partenariats entre les professionnels étrangers et tunisiens, cette 9e édition du Salon donne aussi la possibilité, aux opérateurs des secteurs — agricole, pêche et mécanique agricole — de faire le point sur la situation de l’industrie, revoir les problèmes et discuter des difficultés rencontrées par les agriculteurs et pêcheurs tunisiens.

Comme l’indique Karim Daoud, directeur du SIAMAP, depuis de nombreuses années, l’industrie agroalimentaire joue un rôle fondamental dans l’économie nationale tunisienne. En effet, pour la troisième année consécutive, la Tunisie a une balance commerciale agricole excédentaire. L’agriculture contribue à hauteur de 11,8 % à la formation du PIB national et à 16,3 % à l’emploi.

En Tunisie, les principaux objectifs des réformes économiques mises en place depuis l’an 2000 sont la promotion des investissements et la diversification des activités de commercialisation et de transformation de produits agricoles. Afin de promouvoir cette production agroalimentaire, la Tunisie a adopté des stratégies d’optimisation de la production agricole. Cependant, cette production agricole et agroalimentaire doit faire face à un marché qui devient de plus en plus difficile avec la mondialisation qui impose de plus en plus de barrières d’ordre sanitaire et surtout des barrières qualitatives.

Celles-ci représentent un grand défi, non seulement pour la Tunisie, mais aussi pour toute l’Afrique. Selon les économistes, l’application de tels contrôles n’est pas nécessaire, car elle ne sert qu’à protéger des intérêts établis, à réduire les activités de certains groupes ethniques, à suppléer les salaires des agents de l’Etat et à encourager la privatisation. En effet, une grande inquiétude publique et politique existe en Afrique sur la libéralisation des marchés et la réduction de l’activité des sociétés parastatales. Nombreux sont ceux qui estiment que la libéralisation des marchés aura comme conséquence une nouvelle domination étrangère ou un rôle disproportionné de certains groupes sociaux.

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