Découverte.
Huit paniers pleins de fruits et datant de plus de 3 000 ans
ont été découverts dans la tombe de Toutankhamon. Par
ailleurs, un débat sur sa couleur vient d’éclater, de quoi
confirmer la légende de ce pharaon.
Tout, toujours sous les feux de la rampe
Une
équipe d’archéologues égyptiens, menée par le secrétaire
général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Zahi Hawas,
a fait cette découverte dans la salle du trésor du tombeau
de Toutankhamon, dans la Vallée des rois. « Les huit paniers
découverts contenaient de grandes quantités de fruits de
doum, qui sont toujours dans un bon état de conservation »,
a affirmé Hawas dans un communiqué. Ces fruits ovales et
sucrés du palmier doum étaient offerts au défunt dans l’Egypte
ancienne. Ils sont surtout consommés dans le sud du pays du
Nil.
Les paniers, des offrandes funéraires, sont hauts de 50 cm,
a indiqué de son côté Ali Al-Asfar, un responsable des
antiquités à Louqsor.
Vingt récipients en forme de poire et d’un mètre de haut,
portant le sceau de Toutankhamon, ont également été
retrouvés. Ils sont probablement remplis de victuailles
destinées au voyage du pharaon vers l’au-delà et seront
ouvertes dans les jours à venir, selon Hawas. Mort très
jeune, Toutankhamon, dernier pharaon de sa dynastie, a régné
sur l’Egypte de 1334 à 1325 av. J.-C. au cours d’une période
des plus tumultueuses de l’histoire égyptienne. Il est monté
sur le trône à l’âge de neuf ans. Sa mort reste encore un
mystère qui passionne les archéologues. A-t-il été tué ? Une
cicatrice sur le crâne passée récemment au scanner n’a pu
dévoiler s’il s’agit d’une chute involontaire ou d’un coup
qui lui a été porté. Quoi qu’il en soit, c’est par son
intermédiaire, et peut-être même à son insu, comme le
soutiennent certains archéologues, qu’il rendit l’Egypte à
l’orthodoxie amonienne suite à la période amarnienne au
cours de laquelle Akhenaton (1379-1362) avait établi le
culte du dieu Aton, une hérésie selon les prêtres d’Amon, et
un culte d’un dieu suprême Aton, qui préfigure le
monothéisme, selon certains historiens. D’ailleurs au
départ, Toutankhamon s’appelait Toutankhaton. On ignore la
parenté entre Toutankhamon et son prédécesseur, Akhenaton.
Toutefois, il serait son demi-frère, selon beaucoup de
chercheurs Une aura, des imbroglios, tous les éléments d’une
intrigue passionnante, donc. De quoi donner de l’importance
à un pharaon dont on considère faussement qu’il n’aurait pas
eu d’importance. Mais dans l’histoire, les périodes et les
phases de transition restent d’une importance majeure.
Un pharaon noir ?
Autre
aspect qui a fait que le jeune roi est revenu sous les feux
de la rampe, sa couleur. Zahi Hawas a affirmé qu’il n’était
pas noir, en dépit des affirmations de militants américains
de la cause noire. « Toutankhamon n’était pas noir et
dépeindre la civilisation de l’Egypte ancienne comme étant
noire ne repose sur aucun élément de vérité », a-t-il
déclaré.
Hawas a ajouté qu’il entendait ainsi répondre à des
manifestants qui avaient demandé que soit reconnue
l’appartenance à la race noire du pharaon au début du mois
de septembre, à l’occasion d’une conférence qu’il avait
donnée à Philadelphie.
Les manifestants avaient également affirmé que les
représentations du pharaon avaient été retouchées afin de
lui éclaircir la peau lors de l’exposition « Toutankhamon et
l’âge d’or des pharaons », qui doit quitter Philadelphie
pour ouvrir à Londres en novembre.
Dès son ouverture à Los Angeles en juin 2005, l’exposition
avait soulevé un concert de protestations de la part de
défenseurs des droits des noirs américains, qui avaient
exigé qu’un buste représentant un Toutankhamon à la peau
blanche soit ôté de la vue du public. Le visage du pharaon
légendaire avait été reconstitué en 2005 à partir d’un
scanner de sa momie, découverte intacte en 1922 près de
Louqsor, en Haute-Egypte. Les protestataires avançaient
notamment que des études avaient montré que les anciens
Egyptiens étaient noirs et que la dynastie de Toutankhamon
avait des racines nubiennes ou éthiopiennes, donc noires.
Sa tombe avait été découverte en 1922 par l’archéologue
britannique Howard Carter et se distinguait par sa richesse
inouïe du fait qu’elle est restée inviolée. Depuis, elle
donne à rêver et éveille et des fantasmes et des recherches
les plus sérieuses.
Ahmed
Loutfi (avec AFP)