Al-Ahram Hebdo, Voyages | Les Arabes prennent la clé des champs
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Voyages
 

Tourisme. Les chiffres fournis par plusieurs hôtels font état d’une baisse du nombre des visiteurs arabes suite à une hausse discriminatoire des prix des chambres d’hôtel.

Les Arabes prennent la clé des champs

Depuis le début de 2007, tous les indices attestaient d’un seul fait : le secteur du tourisme égyptien va bien profiter d’une nombreuse affluence arabe, surtout pendant les mois de juillet et de septembre. En fait, ne se sentant plus très désirés à Londres, Paris ou New York, c’est vers Le Caire que les vacanciers saoudiens et des pays arabes du Golfe migrent désormais en masse pendant l’été. C’était l’avis de nombreux spécialistes. Ceux-ci corroboraient leurs arguments de la façon suivante : « Tout a changé depuis le 11 septembre 2001, la haute saison, c’est devenu l’été au Caire », affirme Jean-Pierre Mainardi, directeur du Nile Hilton, au cœur du Caire.

Hôtels, appartements meublés, casinos, centres commerciaux et cabarets, toute la ville se met « à l’heure arabe », comme les Cairotes le disent, qu’ils en profitent ou s’en irritent. Le pèlerinage estival du Caire de centaines de milliers de visiteurs arabes, dont 400 000 Saoudiens l’an dernier, s’est brusquement imposé après les attentats terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis. « Et cette année aussi, la réaction des responsables du tourisme dans les différents pays arabes qu’on a rencontrés lors des convois arabes promettait une forte saison arabe en Egypte », assure Magdi Sélim, responsable des relations internationales à l’Organisation de la promotion touristique (ETA). En fait, toutes ces prédictions ne se sont pas réalisées cet été, car la cupidité n’a profité à personne. Les hôtels ont saisi l’occasion des flux arabes qui avaient l’intention de passer leurs vacances en Egypte et ont haussé les prix des chambres d’un taux de plus de 25 %, surtout pour les touristes saoudiens et ceux du Golfe uniquement. Ce qui n’a pas beaucoup plu à ces derniers, qui ont choisi ainsi une autre destination qui pourrait être moins chère que l’Egypte et qui offre des services meilleurs.

La politique de l’instabilité des prix des hôtels a eu vite ses effets néfastes sur le tourisme égyptien. « Certains grands hôtels en Egypte ont enregistré une baisse des touristes arabes d’un taux de 15 %. En fait, les hôteliers en Egypte ont oublié que nous ne sommes pas les seuls sur le terrain. Il y a d’autres qui essayent de s’emparer de la plus grande part des voyagistes, surtout arabes, comme par exemple la Turquie où le prix moyen de la chambre est de 120 dollars, contre 200 dollars en Egypte et la Malaisie, qui a créé plus de 200 agences pour les services du tourisme et de l’hôtellerie dans les pays arabes », explique Khaled Khalil, expert en tourisme arabe. Il ajoute que ce n’est pas fortuit que la Turquie, qui avait reçu en 2004 plus de 500 000 touristes arabes, a accueilli près d’un million en 2006 et cela continue en 2007. De même, l’agence de presse malaysienne a cité que le ministre du Tourisme a invité les touristes des autres nationalités qu’arabes à résider dans les villes situées à proximité de la capitale Kuala Lumpur, dont les hôtels sont toujours complets grâce aux flots de touristes arabes.

Mohamad Ashaal, touriste saoudien, se plaint de l’exploitation dont il souffre depuis son arrivée à l’aéroport du Caire soit du chauffeur de taxi qui a demandé une grande somme pour l’emmener à l’hôtel, soit ensuite de l’hôtel où il a été choqué par la liste des prix des chambres. Ceux-ci sont fixés selon la nationalité, et le touriste du Golfe est en tête. « Bien que j’aime beaucoup l’Egypte, je sens que j’y suis toujours dupé », se lamente Mohamad.

 

Démenti peu convaincant

Pour sa part, le ministre égyptien du Tourisme a nié que le nombre des touristes arabes ait baissé en comparaison avec la même période de l’année dernière. Voire, il fait état de hausse. « C’est vrai que l’augmentation n’est pas importante. C’est seulement 2,6 % par rapport à 2006, contre plus de 8 % en 2006 par rapport à 2005 ». Par contre, le ministre a reconnu avoir reçu plusieurs plaintes des touristes arabes concernant la variation des prix des hôtels, selon la nationalité. « A cet égard, on a tenu plusieurs réunions avec les propriétaires des hôtels et on leur a demandé d’appliquer une politique autant stable que lucide en ce qui concerne cette question (lire entretien). Cette politique doit se baser sur l’offre et la demande. Tout autre critère est complètement contre l’éthique du métier. Des sanctions seront appliquées aux hôtels qui ne respectent pas la nouvelle réglementation ». Et d’ajouter que ce qui a eu lieu vraiment, ce n’est pas une fuite d’Egypte mais une nouvelle orientation. Les touristes arabes qui ont fui les hôtels cinq étoiles du centre-ville ont essaimé vers, par exemple, les hôtels meublés de la rue des Pyramides (Al-Haram), avec leurs casinos, centres commerciaux et cabarets. Ils ont reçu un grand nombre de touristes arabes pour la première fois il y a des années. En outre, « les touristes arabes qui visitent Charm Al-Cheikh et Hurghada sont devenus de plus en plus nombreux pendant ces dernières années », souligne Amr Al-Ezabi, président de l’ETA. De l’optimisme justifié ? Il est certain qu’une révision globale doit avoir lieu. Le champ touristique et hôtelier est fait souvent de décisions qui semblent relever de l’informel : c’est tuer la poule aux œufs d’or et faire honte au pays aussi. Le tourisme est bien un moyen de contact et de connaissance entre les peuples, des facteurs que cupidité et manque de visions compromettent.

Dalia Farouk


 

Fathi Nour, président de la Chambre égyptienne des hôtels, explique les mesures prises pour résoudre les problèmes des touristes arabes.  

«Les prix varieront désormais selon l’offre et la demande»

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi les hôtels ont-ils haussé leurs prix uniquement en ce qui concerne les touristes arabes ?

Fathi Nour : Ce n’est pas du tout délibéré. Cette impression vient du fait que les Arabes viennent en Egypte la plupart du temps de manière individuelle, ainsi les prix qui leur sont offerts sont-ils plus élevés que ceux des touristes venant en groupe. Les touristes arabes méconnaissent souvent les règlements hôteliers : ils font des réservations à la dernière minute, qui reviennent plus cher et aussi des annulations soudaines. Ils interrompent aussi leur séjour sans avertissement préalable, ce qui porte préjudice aux hôtels.

Quelles étaient les mesures prises par la Chambre des hôtels à cet égard ?

— Depuis plus de six mois, on travaille en coopération avec le ministère du Tourisme pour mettre fin à ce problème de prix, surtout en ce qui concerne les Arabes. A ce propos, le ministre du Tourisme s’est réuni dernièrement avec les représentants de la chambre et avec les dirigeants des hôtels quatre et cinq étoiles, et a mis le point sur ce problème. Celui-ci a d’ailleurs été discuté dans le cadre de convois envoyés aux pays arabes pour faire la promotion du tourisme égyptien. Et dès le début de la saison d’été en cours, on a organisé plus de trois autres réunions avec le ministre pour adopter une solution rationnelle à ce problème.

Et quels étaient les résultats de ces réunions ?

— En fait, ces réunions ont abouti à l’adoption d’une nouvelle réglementation des prix, qui préserve à la fois les droits des clients et ceux des hôtels. Ces derniers doivent déclarer leurs prix selon les saisons touristiques sans prendre en considération la nationalité et la provenance du client. Ceci dit, dans le monde entier, les prix varient au long de l’année, ils sont plus élevés pendant les vacances comme celles de Noël ou de Pâques, par exemple. On peut même avoir des prix pour les jours de la semaine qui sont différents de ceux des week-ends. Les prix varieront désormais selon l’offre et la demande sans ségrégation à cause de la nationalité du client.

Et quelle est la situation des agences de voyages qui, elles, bénéficient de prix réduits ?

— La nouvelle réglementation ne signifie pas que les hôtels vont arrêter la signature de contrats à prix réduits avec les agences qui leur fournissent des prix en fonction du nombre de touristes qu’elles leur apportent. L’essentiel est aussi que les prix soient unifiés pour tous les clients de la même agence.

Propos recueillis par  Dalia Farouk

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.