Rallye des pharaons.
Organisateur du rallye depuis 10 ans, Jackie Ickxs, 25 ans
d’expérience du désert, a remporté un Paris-Dakar en 1983 et
entre autres, 8 grands prix de formule 1. Il explique la
particularité de la course cette année.
« Cette édition est caractérisée
par l’utilisation de dunes »
Al-Ahram
Hebdo : Quel avantage tire l’Egypte de ce genre de
compétition et pourquoi attire-t-elle autant de participants
?
— Si autant de personnes participent à cet événement, c’est
parce qu’elles estiment, à juste titre, qu’il y a en Egypte
des déserts, je dis bien des déserts qui font partie des
plus beaux du monde.
Et quand
on a une action touristique profonde entrant dans la
participation économique de cet événement, on a envie de
faire découvrir les oasis, l’hôtellerie, les déserts. Et à
ce niveau-là, le rallye joue un rôle très important parce
que médiatiquement il apporte une couverture d’images sur
l’Egypte, de choses très inattendues pour les gens. La
caractéristique de l’Egypte est qu’on y trouve différents
déserts réunis sur des distances très courtes. C’est-à-dire
que vous avez des échantillons de ce que peut représenter un
désert. Car vous savez qu’un désert n’est pas simplement
représenté par une dune de sable. Un désert c’est un endroit
inhabité par l’homme et les animaux. Cela peut aussi être
une montagne, un désert, il y a de tout.
— En
quoi cette 10e édition du Rallye des pharaons se
distingue-t-elle des précédentes ?
— Cette
10e édition est axée essentiellement sur un axe
Bahariya-Siwa. C’est-à-dire la grande mer de sable, en
utilisant au maximum les masses de sables disposées
différemment sur la carte. Cette édition est donc
caractérisée par l’utilisation de dunes. Elle est composée à
70 % de sable, car les gens aiment ça, surtout ici en Egypte
où les dunes sont magnifiques.
—
L’environnement va-t-il être touché par ce rallye ? Quelles
sont les dispositions prises pour ne pas polluer ces zones
désertiques si reculées par le passage d’autant de véhicules
et par l’installation de bivouacs ?
— D’abord, je tiens à dire que le ministère de
l’Environnement protège très bien depuis 10 ans ces zones.
Et puis, en ce qui concerne le rallye, il y a une
société, la société Travco, qui est des plus importantes
agences touristiques d’Egypte, qui s’occupe de toutes ces
questions. Dans le cahier de charges de toute entreprise
égyptienne, il y a bien évidement des dispositions relatives
à l’environnement, à la propreté des lieux.
Cela me
semble normal, quand on visite un endroit, on le quitte en
le laissant propre, comme on l’a trouvé. C’est pourquoi
votre question m’étonne car pour nous elle ne se pose même
pas. Et puis, quand on évoque ce genre de question ici,
j’estime qu’il faudrait d’abord balayer devant sa porte.
Depuis 10 ans, nous n’avons eu aucun problème à ce niveau-là.
Et rassurez-vous, les traces de voitures et de motos dans
les dunes ne durent que deux jours.
—
Contrairement aux motos, les voitures dans ce rallye ne sont
pas incluses dans la Coupe du monde. Pourquoi ?
- Parce
que, pour les voitures, la Coupe du monde n’existe plus.
Dans certaines épreuves de la Coupe du monde, il n’y a que
10, 15 voitures qui participent, comme en Argentine, où
j’étais il y a 15 jours, ou en Afrique du Sud qui en compte
encore moins. Donc cela ne veut rien dire. Il n’y a qu’une
épreuve qui compte, c’est le Paris-Dakar, qui se déroule
surtout en Mauritanie. Alors le Rallye des pharaons est une
course qui permet aux participants de s’entraîner, d’essayer
leur voiture avant la grande course du Daka.
Propos recueillis par Taïmour Hubert