Al-Ahram Hebdo, Opinion | La Syrie et Etats-Unis : une relation à hauts risques
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Opinion
 

La Syrie et Etats-Unis : une relation à hauts risques

Abdallah Al-Achaal

Les événements se suivent et la lecture de la scène syrienne porte toujours à confusion. Coordonnant leur attitude, les Etats-Unis et Israël s’acharnent à exercer le maximum de pressions sur ce pays afin de briser la coalition entre la Syrie, d’une part, et le Hezbollah, le Hamas et l’Iran, d’autre part. En effet, plus le conflit s’aggrave entre Téhéran et Washington ou entre le Hezbollah et Israël ou encore entre la résistance palestinienne et Israël, plus les pressions augmentent sur la Syrie. Washington et Tel-Aviv ont certainement réalisé de grands pas dans cette direction après la résolution 1 559 du Conseil de sécurité, l’assassinat de Hariri, la confusion de la scène libanaise puis l’agression israélienne contre le Liban en 2006.

Au début de septembre 2007, les avions israéliens ont violé l’espace aérien turc, ont survolé les territoires syriens dans le nord-ouest du pays et ont lancé des missiles dans cette région désertique. Au départ, l’Etat hébreu n’a pas fait de commentaire, les Américains aussi ont observé le silence. Mais par la suite, Washington a reconnu les faits soulignant qu’Israël envoyait une mise en garde à la Syrie. Puis, les journaux israéliens et américains se sont chargés d’expliquer cet avertissement. Au départ, certains ont déclaré que le raid visait des armes envoyées au Hezbollah. D’autres ont annoncé qu’il visait une base militaire iranienne. Et enfin, certains journaux ont écrit que le raid avait pour cible une installation nucléaire que la Syrie a installée avec l’aide de la Corée du Nord. Ce, alors que ce pays déploie d’énormes efforts pour respecter ses engagements convenus dans l’accord de février 2007, et qui bénéficie de la complète satisfaction de Washington. D’un autre côté, la Syrie répète qu’elle ripostera à ce raid mais qu’elle déterminera l’objectif et le moment. Personne n’a condamné l’agression israélienne si ce n’est l’Iran et en quelque sorte la Russie. La Turquie, pour sa part, a déclaré qu’elle n’avait aucune relation avec cet incident. En revanche, la région arabe est restée muette en dehors de quelques réactions de colère émanant de la Ligue arabe. L’Onu aussi est restée muette même après que la Syrie eut soumis au Conseil de sécurité des mémorandums de protestation contre l’agression. Toutes ces évolutions interviennent au moment où des rapports médiatiques et politiques consécutifs parlent d’une tension syro-israélienne ainsi que d’une accusation israélo-américaine selon laquelle la Syrie préparerait une attaque. De plus, Israël a laissé entendre de manière implicite mais calculée qu’il déclencherait une attaque contre la Syrie ou contre l’Iran.

Confusion donc, il est certain que la Syrie ne sait pas encore comment expliquer cette violation de son espace aérien. S’agit-il d’un message, d’une escalade ou d’une guerre psychologique ? Essaie-t-on de détourner son attention pour qu’elle ne suive pas les développements sur la scène au Liban ? Washington et Tel-Aviv auraient-ils décidé de frapper toutes les parties de la coalition quadripartite d’un seul coup ? La preuve en est ce qui s’est déroulé à Gaza ainsi que le harcèlement du Hezbollah, bien qu’on ait remarqué une certaine accalmie de la part des Etats-Unis envers ce dernier au Liban. L’objectif du survol était-il de tester les intentions de la Syrie ou bien son armement et ses défenses, ou bien de la provoquer contre elle ou bien encore de la mettre en garde contre toute coopération avec le Hezbollah ? Cependant, les discours sur la coopération nucléaire avec la Corée du Nord sont eux aussi très équivoques. Bien que Washington ait nié l’existence de toute information sur cette coopération. Ceci signifie-t-il que la Syrie est sur le point de remplacer l’Iraq dans l’axe du mal, surtout que la Corée du Nord s’apprête à le quitter et qu’il est insensé que l’Iran y reste seul ?

Pourquoi le lien a-t-il été établi entre la Syrie et la Corée du Nord dans le domaine nucléaire et non avec l’Iran ? Ce, bien que la Corée du Nord déploie des efforts évidents pour gagner la confiance de Washington.

Il semblerait que le scénario du lien entre la Corée du Nord et la Syrie que des sources médiatiques israéliennes et américaines aient contribué à propager, nécessite un suivi prudent. Ce lien médiatique qu’il est facile de transformer en une position politique a-t-il pour objectif de répéter le scénario iraqien en Syrie ? Surtout que l’Iran amplifie ses efforts dans le soutien de la résistance contre les Etats-Unis en Iraq et que la polémique augmente aux Etats-Unis autour du dossier iraqien. Le fait qui entraîne généralement de nouvelles accusations américaines contre la Syrie. Ce nouveau chapitre signifie-t-il que la politique américaine dans sa tentative de contenir Damas a échoué malgré les nombreux rapports sur les efforts syriens pour répondre aux prétextes américains contre elle ? Ces incidents ont-ils pour objectif de plonger la Syrie dans la confusion afin que Washington puisse faire passer les transactions de l’élection du président libanais conformément aux propositions du groupe du 14 mars ? Ou bien ces événements, avec l’augmentation des tensions irano-américaines dévoilent-ils les véritables intentions américaines et israéliennes contre la Syrie et l’Iran ? C’est peut-être parce que Washington a été incapable de neutraliser la Syrie au cours des derniers mois et a remarqué que la Syrie renforçait ses relations avec l’Iran malgré certains reproches officiels arabes.

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