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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Opinion
 

L’Internet et la censure

Salama A. Salama

De grandes discussions se déroulent actuellement dans le monde entier aux niveaux des gouvernements, des partis politiques et des organisations des droits civils. Ces discussions portent sur les conditions et les circonstances exceptionnelles qui permettent d’imposer un contrôle sur les sites électroniques d’Internet, les blogs et les sites de presse électronique, alors que les Constitutions garantissent la liberté d’expression et d’opinion de ces sites. Si cette question est aujourd’hui posée, c’est parce que les services de sécurité et de renseignements violent de plus en plus ces libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, les crimes sexuels et toutes sortes de crimes internationaux.

Or, en Egypte, on n’a pas attendu la légalisation de ce contrôle. Les appareils de sécurité se sont empressés d’imposer une surveillance sur certains sites électroniques, blogs, sites de presse et cybercafés. Ces derniers, qui se sont largement répandus dans le pays pour devenir la principale source de culture pour les jeunes, sont sujets à des procédures sécuritaires rigoureuses. En effet, les habitués des cybercafés sont aujourd’hui dans l’obligation de présenter  une carte d’identité ainsi que des renseignements personnels. Le prétexte des appareils de sécurité est d’interdire l’usage illégitime d’Internet. Certains jeunes ont été traduits en justice et un jeune homme a été emprisonné pour avoir été accusé de porter atteinte à l’islam et aux personnalités publiques.

Il est clair que les procédures sécuritaires concernant les sites électroniques sont effectuées en Egypte sans se baser sur une loi qui déterminerait les cas où il serait permis d’espionner les sites électroniques. C’est pour cela que les organisations de protection des journalistes comme Journalistes sans frontières et le comité international de la protection des journalistes considèrent que l’Egypte figure sur la liste des Etats antagonistes à la publication électronique et à la liberté de la presse. Et ce, à cause des infractions aux accords qui interdisent de porter atteinte à la liberté de publication sur Internet.

Lors de ma dernière visite en Allemagne, une large polémique faisait fureur entre les partis politiques et les institutions législatives autour de la nécessité de promulguer une législation qui permettrait aux appareils de sécurité d’espionner les sites électroniques. L’objectif de cette législation serait de lutter contre le terrorisme et de surveiller les communautés étrangères et islamiques qui, selon les autorités, seraient en relation avec Al-Qaëda. Mais la question qui fait polémique n’est pas encore tranchée : serait-il permis aux services de sécurité d’espionner les sites électroniques et les communications sans aucune restriction ou bien faudrait-il que les autorités obtiennent une autorisation judiciaire en contrepartie de preuves sûres démontrant l’implication d’une ou de plusieurs personnes ?

Des difficultés énormes peuvent affronter de telles procédures au niveau international à cause de leurs impacts sur de nombreux domaines économiques comme les investissements, les communications commerciales, scientifiques, militaires et autres. De même que bon nombre des sociétés œuvrant dans le domaine électronique s’opposent à toutes formes de surveillance ou d’ingérence.

La plupart des Etats arabes, y compris l’Egypte et la Jordanie, se permettent d’imposer une surveillance aux sites électroniques non seulement en les espionnant, mais aussi en imposant des restrictions limitant l’emploi d’Internet. La question est : Comment le monde arabe arrivera-t-il à rejoindre l’ère des communications et de la révolution électronique en se voyant imposer de telles restrictions ?

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