Al-Ahram Hebdo, Livres | Une monarchie trop légère
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Essai. Farouq (1920-1965), le dernier roi d’Egypte, son image et ses avatars comme colportés dans la littérature égyptienne inspirent à Moustapha Bayoumi son ouvrage le plus récent.

Une monarchie trop légère

Ce n’est pas une vraie recherche méthodologique, mais plutôt un essai littéraire laissant le lecteur sur sa faim comme une vigie sans horizon. Les spécimens des onze écrivains réunis par l’auteur du livre Le Roi Farouq dans la littérature égyptienne, confirment l’image controversée de l’enfant-roi qu’était Farouq, le dernier monarque d’Egypte. Il y a toujours ce soupçon de mensonge ou de déformation, volontaire ou involontaire. Car lorsque les écrits prennent une dimension testimoniale, cela implique d’être particulièrement attentif aux phénomènes de réception et d’interactivité entre l’idéologie de l’émetteur et celle du public qui le reçoit. Il ne faut pas oublier non plus que la légende nourrit souvent l’imagination des narrateurs et celle des lecteurs. Et lorsqu’il est question d’un personnage que l’on aime et déteste, comme le roi Farouq, le romancier se met dans son tort en adoptant la version caricaturale. C’est ce que réitère Moustapha Bayoumi, avançant l’exemple de Youssef Al-Sébaï à l’appui, prenant en considération qu’il était l’un des Officiers Libres de la Révolution de 1952. « A lire Al-Sébaï, on a l’impression que le parti du Wafd était dépourvu de toute qualité et qu’il était simplement un bloc de méchanceté, de corruption et d’arrivisme », commente l’auteur. Dans son roman Rod qalbi (rends-moi mon cœur), datant de 1954, Al-Sébaï évoque d’abord la popularité du jeune roi parmi les gens du peuple et de l’armée, mais ensuite, il ne manquera pas de faire état de l’aversion qu’éprouvent ces derniers à son égard. « Il le présente comme étant à la tête des voleurs, des corrompus, des frivoles et des joueurs de poker ». Une avanie ? Le roi déchu n’a-t-il pas fait objet de maintes railleries, épigrammes et gadgets représentant Sa Majesté en différentes positions de débauche ? Un simple coureur de jupons dansant le hula-hoop ? L’ennemi juré du principal parti politique, le Wafd, et rival de son chef Al-Nahhas pacha ?

C’est quand même un personnage plus nuancé chez Naguib Mahfouz, Wafdiste convaincu et analyste plus profond, mettant en avant des sentiments plus contradictoires. Fathi Ghanem, à son tour, cerne la complexité du personnage sans tomber dans la condamnation flagrante. Pour lui, « Farouq n’était pas le mal absolu et ses ennemis ne représentaient pas le bien absolu non plus ».

L’usage de la religion et du bénévolat pour acquérir un crédit auprès de son peuple a été soulevé par Ibrahim Abdel-Méguid (né en 1946), dans Personne ne dort à Alexandrie ainsi que par son doyen Ihsane Abdel-Qoddous (né en 1919). « Ainsi, les Frères musulmans ne sont-ils pas les seuls à parler au nom de l’islam (…) Il laisse la mosquée d’Al-Hussein, où il a fait la prière du vendredi, pour se rendre ensuite à l’auberge des Pyramides pour y passer la soirée », dit l’un des héros d’Ihsane Abdel-Qouddous. Ce dernier a critiqué dans une phase ultérieure le changement des classes qui s’est opéré au sein de la société au lendemain de la révolution. « Ce sont les fauteuils dans lesquels s’installait le roi … Maintenant, nous sommes les rois. Tout ce qui appartenait autrefois au roi nous appartient, nous les faiseurs de la Révolution. Nous le peuple », dit l’un des personnages de Ya azizi kollona lossous (mon cher, on est tous des voleurs !).

Peut-être les exemples cités nous placent-ils dans un monde en noir et blanc, avec des hommes en tarbouches, des femmes avec des rivières autour du cou et des jeunes feddayins luttant contre l’occupation britannique. Pourtant, cela n’empêche guère de ressentir une certaine légèreté quant au traitement du sujet. L’auteur, journaliste diplômé en communication, lequel a souvent travaillé sur l’image des célébrités dans la littérature, a parcouru une soixantaine de romans et recueils de nouvelles. Il a creusé dans ses ouvrages, multipliant les exemples, sans pour autant effectuer un travail plus élaboré.

Dalia Chams

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Al-Malek Farouq fil adab al-misri

(le roi Farouq dans la littérature égyptienne),

par Moustapaha Bayoumi,

édCharqiyate, 2007.

 




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