Al-Ahram Hebdo, Evénement | Boutros Harb, « Le projet d’un président faible est un projet d’assassinat du Liban »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Evénement

Boutros Harb, l’un des candidats les plus en vue pour réaliser un consensus et qui estime que le Liban a besoin d’un président qui a de l’expérience. 

« Le projet d’un président faible est un projet d’assassinat du Liban » 

Al-Ahram Hebdo : Considérez-vous qu’un consensus peut mener à une solution ?

Boutros Harb : Je suis le premier à être allé dans le sens d’un soutien de l’initiative du président de la Chambre des députés, Nabih Berri, lorsqu’il a lancé une initiative pour établir un consensus sur le choix du président. Je ne l’ai pas fait pour plaire à quelqu’un, mais parce que le Liban passe avant tous les candidats. Les intérêts du Liban sont plus importants que les rêves des candidats, des partis et des communautés. C’est alors que j’ai effectué des tournées et invité toutes les parties, y compris l’équipe avec laquelle je travaille (La coalition du 14 mars) qui a appuyé l’initiative. Le problème a surgi lorsqu’un groupe a annoncé son intention de boycotter la séance d’élection en n’assurant pas le quorum afin de freiner le processus. L’élection n’était pas dans l’intérêt de cette partie. Récemment, nous avons pris connaissance d’une nouvelle attitude du général Michel Aoun, où il annonce sa volonté de mener la bataille de manière démocratique et qu’il se présentera à l’Assemblée. C’est une attitude louable afin que les élections aient lieu de manière démocratique et que la victoire revienne à celui qui obtiendra le plus grand nombre de voix, selon le système. Je souhaite que cette attitude se confirme avant le 23 octobre. Le Liban aura ainsi dépassé la problématique du quorum.

Et qu’en est-il des efforts pour parvenir à cette fin ?

— Parvenir à un consensus est l’issue que l’on espère et qui nous permettra d’éviter la confrontation. Ce, si la promesse de Michel Aoun d’assister à la réunion s’avère véritable. Mais s’il s’agit d’un malentendu, il nous faudra déployer de plus en plus d’efforts pour parvenir à un consensus afin d’éviter la bataille du quorum et tout ce qui peut en découler de problèmes de légalité et d’illégalité en ce qui concerne le vote. Notre point de vue est clair et constant. Nous sommes avec l’initiative du président de la Chambre des députés, Nabih Berri, et nous voulons en assurer le succès. Mais notre seule condition est qu’elle mène au choix d’un président valable pour le Liban, et non d’un président issu d’une transaction. Le projet d’un président faible est un projet d’assassinat du Liban, même si l’exécution du meurtre est reportée pour des années.

Quels sont les points de divergences actuels ?

— Les Libanais sont divisés sur plusieurs questions. Nous nous sommes accordés sur certaines d’entre elles, sur la table des négociations, mais il reste deux problèmes en suspens : les armes de la résistance et la présidence de la République. Parce que je crois profondément que la question des armes du Hezbollah est susceptible d’être résolue, et que l’on peut convenir entre nous à la résoudre dans le cadre de la souveraineté totale de l’Etat sur tout son territoire et de son monopole sur l’armement national. Je pense que la personnalité du président de la République pour traiter ce dossier et les autres qui peuvent survenir lors de son mandat est d’une grande importance. Si le président a l’expérience, la connaissance et la capacité à traiter ces problèmes épineux, il constituera une soupape de sécurité pour l’avenir. Mais s’il est incapable d’assumer ce rôle et s’il n’est choisi que pour des raisons purement politiques, il constituera un danger pour le Liban. Parce qu’un président incompétent et inexpérimenté en matière d’action nationale sera un fardeau pour le Liban et représentera un problème de plus pour ce pays. C’est pour cela que j’ai décidé de placer mes moyens à la disposition de mon pays et de mon peuple.

Propos recueillis par Maher Meqled

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