Boutros Harb,
l’un des candidats les plus en vue pour réaliser un
consensus et qui estime que le Liban a besoin d’un président
qui a de l’expérience.
« Le projet d’un président faible est un projet d’assassinat
du Liban »
Al-Ahram
Hebdo : Considérez-vous qu’un consensus peut mener à une
solution ?
Boutros Harb : Je suis le
premier à être allé dans le sens d’un soutien de
l’initiative du président de la Chambre des députés,
Nabih Berri, lorsqu’il a lancé
une initiative pour établir un consensus sur le choix du
président. Je ne l’ai pas fait pour plaire à quelqu’un, mais
parce que le Liban passe avant tous les candidats. Les
intérêts du Liban sont plus importants que les rêves des
candidats, des partis et des communautés. C’est alors que
j’ai effectué des tournées et invité toutes les parties, y
compris l’équipe avec laquelle je travaille (La coalition du
14 mars) qui a appuyé l’initiative. Le problème a surgi
lorsqu’un groupe a annoncé son intention de boycotter la
séance d’élection en n’assurant pas le quorum afin de
freiner le processus. L’élection n’était pas dans l’intérêt
de cette partie. Récemment, nous avons pris connaissance
d’une nouvelle attitude du général Michel Aoun, où il
annonce sa volonté de mener la bataille de manière
démocratique et qu’il se présentera à l’Assemblée. C’est une
attitude louable afin que les élections aient lieu de
manière démocratique et que la victoire revienne à celui qui
obtiendra le plus grand nombre de voix, selon le système. Je
souhaite que cette attitude se confirme avant le 23 octobre.
Le Liban aura ainsi dépassé la problématique du quorum.
— Et qu’en est-il des efforts pour parvenir à cette fin ?
— Parvenir à un consensus est l’issue que l’on espère et qui
nous permettra d’éviter la confrontation. Ce, si la promesse
de Michel Aoun d’assister à la réunion s’avère véritable.
Mais s’il s’agit d’un malentendu,
il nous faudra déployer de plus en plus d’efforts pour
parvenir à un consensus afin d’éviter la bataille du quorum
et tout ce qui peut en découler de problèmes de légalité et
d’illégalité en ce qui concerne le vote. Notre point de vue
est clair et constant. Nous sommes avec l’initiative du
président de la Chambre des députés,
Nabih Berri, et nous voulons en assurer le succès.
Mais notre seule condition est qu’elle mène au choix d’un
président valable pour le Liban, et non d’un président issu
d’une transaction. Le projet d’un président faible est un
projet d’assassinat du Liban, même si l’exécution du meurtre
est reportée pour des années.
— Quels sont les points de divergences actuels ?
— Les Libanais sont divisés sur
plusieurs questions. Nous nous sommes accordés sur certaines
d’entre elles, sur la table des négociations, mais il reste
deux problèmes en suspens : les armes de la résistance et la
présidence de la République. Parce que je crois profondément
que la question des armes du Hezbollah est susceptible
d’être résolue, et que l’on peut convenir entre nous à la
résoudre dans le cadre de la souveraineté totale de l’Etat
sur tout son territoire et de son monopole sur l’armement
national. Je pense que la personnalité du président de la
République pour traiter ce dossier et les autres qui peuvent
survenir lors de son mandat est d’une grande importance. Si
le président a l’expérience, la connaissance et la capacité
à traiter ces problèmes épineux, il constituera une soupape
de sécurité pour l’avenir. Mais s’il est incapable d’assumer
ce rôle et s’il n’est choisi que pour des raisons purement
politiques, il constituera un danger pour le Liban. Parce
qu’un président incompétent et inexpérimenté en matière
d’action nationale sera un fardeau pour le Liban et
représentera un problème de plus pour ce pays. C’est pour
cela que j’ai décidé de placer mes moyens à la disposition
de mon pays et de mon peuple.
Propos recueillis par Maher
Meqled