Al-Ahram Hebdo, Evénement | Une équation incertaine
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Evénement

Liban. Divisé en deux camps antagonistes, le Liban s’aprête à choisir dans l’incertitude un nouveau président. Profils des candidats les plus en vue. 

Une équation incertaine 

Boutros Harb 

Candidat issu des rangs de la coalition anti-syrienne du 14 mars. Agé de 63 ans, il s’est positionné comme homme de dialogue et d’ouverture à l’intérieur et à l’extérieur du Liban. Il était ministre des Travaux publics et des Transports et ministre de l’Education. Il a boycotté, comme l’essentiel des personnalités chrétiennes, les élections législatives de 1992, mais a pris part au scrutin de 1996 et retrouve son poste de ministre. Membre de l’opposition parlementaire aux gouvernements de Hariri, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 1998. Mais il la retire le jour du scrutin, au cours duquel Emile Lahoud est élu à l’unanimité. Il était membre fondateur du rassemblement de Kornet Chehwane en 2001 et exprimait alors son opposition à l’hégémonie syrienne et aux politiques du gouvernement de Rafiq Hariri. Plus tard, il crée le Front national pour la réforme et se déclare candidat à l’élection présidentielle puis s’oppose à l’amendement constitutionnel prorogeant le mandat du président Emile Lahoud.

En 2004, il prend part aux réunions du Bristol, regroupant les différentes factions de l’opposition anti-syrienne et participe à la Révolution du cèdre qui a suivi l’assassinat de Rafiq Hariri.

Il a lancé une idée relativement nouvelle, celle de la neutralité positive du Liban.

http://www.boutrosharb.org/ 

Nassib Lahoud 

Ex-député et ancien ambassadeur du Liban à l’Onu en 1990. Agé de 63 ans, il est le cousin du président sortant Emile Lahoud, et fait cependant partie de la coalition du 14 mars. Dès le début de sa vie politique, il s’est situé dans l’opposition aux gouvernements pro-syriens. Il s’est opposé aux politiques économiques de l’ancien premier ministre Rafiq Hariri et à l’ingérence syrienne dans la vie politique libanaise. Il avait participé dans les coulisses aux accords de Taëf. En 2001, il rejoint le rassemblement de Kornet Chehwane, regroupant les principales figures chrétiennes d’opposition. Il fonde avec une cinquantaine d’intellectuels libanais, le Mouvement du renouveau démocratique qui est un mouvement politique réformiste laïque. Lahoud prend part aux élections législatives de 2005 dans sa circonscription du Metn mais perd face à la liste d’alliance entre le Courant patriotique libre du général Michel Aoun. Cet entrepreneur, dont l’essentiel des activités se concentre dans le Golfe, entretient de bonnes relations avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite. Il est marié à la sœur de l’épouse du roi saoudien. Il prône la résolution de la question des armes du Hezbollah uniquement par le dialogue.

http://www.nassiblahoud.org/  

Charles Rizk 

Actuel ministre de la Justice, âgé de 72 ans. Il a fait des études de droit et d’économie, et à l’âge de 28 ans devient le plus jeune directeur de l’Information du président Fouad Chéhab.

En avril 2005, il devient ministre du Tourisme et de l’Information. En juillet de la même année, Fouad Siniora le nomme ministre de la Justice. C’est un proche ami du président de la République Emile Lahoud. Il a fait preuve d’une collaboration professionnelle avec la commission d’enquête onusienne. Mais avec la conclusion du protocole créant un tribunal international sur l’assassinat de Rafiq Hariri, les relations se crispent entre Rizk et Lahoud. Rizk est accusé d’avoir trahi Lahoud, en adoptant les arguments de l’Alliance du 14 mars quant au tribunal international.

Robert Ghanem

Avocat, âgé de 65 ans. Membre du bloc du Courant du futur dirigé par Saad Hariri, il se définit cependant comme indépendant. Il est le fils de l’ancien chef de l’armée Iskandar Ghanem.

En 1992, il brise le boycott des élections législatives décidé par les partis chrétiens et est élu député à la Békaa. Trois ans plus tard, il devient ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, au sein du gouvernement de Rafiq Hariri.

Il déclare en 2004 sa candidature à l’élection présidentielle et son refus de la reconduction du mandat du président Emile Lahoud. Mais Rafiq Hariri, dont il est proche, l’encourage à retirer sa candidature et à accepter de voter l’amendement constitutionnel.

En 2005, il participe aux élections législatives sur la liste entre les forces de l’Alliance du 14 mars et le mouvement Amal et conserve son poste de député.

http://www.robertghanem.com/  

Michel Aoun 

Député de 72 ans. Ce chef du Courant patriotique libre est le candidat unique de l’opposition à la présidentielle.

Lors de la guerre israélienne contre le Liban en 1982, Aoun, alors lieutenant-colonel, mobilise un bataillon armé pour défendre le palais présidentiel de Baabda, puis, lors de la guerre civile en 1983, sa 8e brigade combat avec succès les milices de Walid Joumblatt.

Il était commandant en chef de l’armée entre 1984 et 1988 puis le président sortant Amine Gemayel le nomme premier ministre contrairement au Pacte national qui réserve ce poste à des musulmans sunnites. Il rejette les accords de Taëf avant d’être chassé du pouvoir en 1990 par une offensive syrienne et contraint à l’exil en France en 1991. Il a passé 14 ans à Paris d’où il a continué à revendiquer l’indépendance du Liban face à la présence syrienne. Quelques mois après son retour, il est élu député. Connu toujours pour  être un farouche opposant à la tutelle syrienne, il a créé la surprise en signant, en février 2006, une entente avec le Hezbollah. C’est pourquoi sa candidature est rejetée par la coalition du 14 mars. Aoun, lui, conteste la légitimité du gouvernement du premier ministre Fouad Siniora et milite en faveur de la laïcité au Liban.

http://www.tayyar.org 

Michel Sleimane 

Ce général, âgé de 58 ans, est une figure assez consensuelle et jouit d’une grande popularité chez tous les Libanais. Il a rejoint l’armée en 1967 et devint depuis 1998 le commandant en chef de l’armée. C’est durant son mandat que les forces israéliennes se sont retirées, en 2000, du Sud-Liban. Et il a réussi à résister durant la bataille avec le Fatah Al-Islam à Nahr Al-Bared. Le Liban lui doit d’avoir réussi à conserver l’unité de l’armée et à la mettre loin des dissensions libanaises.

Sleimane n’a cependant pas proposé sa candidature et ne peut être élu qu’après un amendement de la Constitution. Celle-ci statue qu’un haut fonctionnaire ne peut briguer la présidence que s’il a démissionné de son poste au moins six mois avant le scrutin. Mais toujours un scénario de son ascension reste possible puisqu’Emile Lahoud a déclaré qu’il envisagerait de nommer le commandant en chef de l’armée à la tête d’un gouvernement provisoire si le pouvoir et l’opposition ne parvenaient pas à surmonter leurs différends pour élire un nouveau chef de l’Etat. 

Riyad Salamé 

Gouverneur de la Banque du Liban depuis 14 ans. Agé de 57 ans, il s’occupait du portefeuille de l’ancien ministre assassiné Rafiq Hariri. C’est à lui que le Liban doit sa bonne santé financière et sa stabilité monétaire malgré la politique des assassinants et même après la guerre avec Israël. La revue londonienne Euromoney spécialisée dans la finance et l’économie, l’a  choisi comme « meilleur gouverneur arabe pour 1996 ». Selon Euromoney, Riyad a appliqué une politique monétaire qui a permis à la livre libanaise de s’apprécier pour la première fois depuis 10 ans face aux devises fortes.

Salamé est considéré comme un prétendant sérieux, mais sa candidature  nécessite également un amendement constitutionnel. 

Jean Obeid 

Jean Obeid est un politicien de 68 ans. Il est surnommé le grand silencieux. Il entretient de bonnes relations avec les différentes factions libanaises et est soutenu par Hariri et Berri. Il était proche de Rafiq Hariri mais aussi du président syrien Hafez Al-Assad et des anciens présidents libanais Elias Sarkis et Amine Gemayel.

Entre 1983 et 1987, il était l’un des conseillers politiques du président Gemayel, chargé de maintenir les ponts avec le pouvoir syrien.

Depuis 1991, il est régulièrement nommé député et conserve son poste jusqu’aux élections de 2005. Il intègre le gouvernement de Rafiq Hariri en 1993 comme ministre d’Etat sans portefeuille, puis comme ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports.

Il devient plus tard ministre des Affaires étrangères du dernier gouvernement présidé par Hariri lors du mandat d’Emile Lahoud.

Aliaa Al-Korachi
Chaïmaa Abdel-Hamid

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