Al-Ahram Hebdo, Egypte | L'heure est a l'escalade
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Egypte

Presse. Les condamnations à des peines de prison se succèdent et les mesures de protestation s’organisent. La tension entre journalistes et gouvernement reste très vive.  

L'heure est a l'escalade 

Près de 200 personnes se sont rassemblées jeudi soir devant le siège du Syndicat des journalistes au Caire pour protester, notamment contre les condamnations de journalistes. Et les rédacteurs en chef de 15 journaux ont aussi décidé une grève de parution, le 7 octobre, pour protester contre la « campagne acharnée contre la presse libre en Egypte ».

« Cette décision souligne la solidarité des journalistes. Il s’agit de porter le débat à un autre niveau où les lecteurs se trouvent directement impliqués ... C’est aussi un message que captent bien les organisations de défense des droits de l’homme à travers le monde », affirme Abdallah Al-Sennawi, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Al-Arabi. Mais cette démarche, qui n’est prise qu’en cas de force majeure, ne saurait être perpétuée indéfiniment, du fait de la charge financière qu’elle implique pour les journaux, mais aussi parce qu’elle porte la marque d’une passivité silencieuse au moment où l’on a besoin le plus de hausser la voix.

Ce que veulent les journalistes, relayés par leur syndicat, c’est d’abord et en premier lieu que le Parti National Démocrate (PND, au pouvoir) appelle ses membres, qui œuvrent à couvert à retirer les plaintes qu’ils avaient déposées contre les journalistes, mais la réunion prévue samedi d’un comité syndical avec le président du Conseil suprême de la presse, et secrétaire général du PND, Safouat Al-Chérif, a été reportée sine die à cause de l’hospitalisation du président du syndicat, Galal Aref.

Le climat est donc de plus en plus tendu, surtout après les nouvelles condamnations à des peines de prison survenues la semaine dernière. Les derniers concernés furent le rédacteur en chef du quotidien du parti libéral d’opposition Al-Wafd, Anouar Al-Hawwari, et deux de ses journalistes. Ceux-ci ont été condamnés, la semaine dernière, à deux ans de prison ferme pour avoir « porté atteinte au prestige de la justice ». D’après les plaignants, onze avocats, Al-Wafd a « déformé » des propos du ministre en lui attribuant des propos humiliants pour l’ensemble du corps juridique.

Ce qui porte à treize le nombre de journalistes condamnés à des peines de prison, dont cinq rédacteurs en chef. C’est donc le bilan des deux dernières semaines. Un bilan qui témoigne d’une baisse nette dans le plafond de tolérance dont bénéficie, depuis pas très longtemps, la presse écrite.

Parallèlement, un avocat, Samir Al-Chichtawi, a porté plainte auprès du procureur général contre le rédacteur en chef du quotidien indépendant Al-Badil, Mohamad Sayed Saïd, l’accusant d’avoir propagé de « fausses informations » sur la santé du président. Toujours la semaine dernière, un autre tribunal a condamné quatre journalistes, dont le rédacteur en chef de Sawt Al-Oumma, Waël Al-Ebrachi, à un mois de prison pour publication de « fausses informations » sur un homme d’affaires. Al-Ebrachi faisait déjà partie des quatre rédacteurs en chef condamnés, il y a deux semaines, à un an de prison pour avoir « nui à l’intérêt général » dans des articles critiquant le régime. Ce procès avait été initié par le même M. Chichtawi, membre du PND.

Une série déconcertante mais apparemment bien concertée qui risque de préoccuper les milieux journalistiques pour des mois à venir. Ceux-ci y décèlent une intention du régime de restreindre la liberté des journalistes dans le cadre d’une campagne de répression plus large.

Beaucoup y voient la marque de fin du règne. Cette campagne vise à museler la presse à un moment où la succession du président Moubarak pouvait se conclure en faveur de son fils Gamal, estiment beaucoup d’analystes.

« Le processus politique des années 2005/2006 n’a abouti à aucun résultat au niveau de la démocratisation, bien au contraire. A une exception près : la liberté de la presse en est sortie gagnante », analyse Mohamad Al-Sayed Saïd, qui doit comparaître le 11 octobre devant le Parquet de la sûreté de l’Etat. « Il s’agit donc de saper la liberté de presse qui, aujourd’hui, représente le seul chemin vers le changement », poursuit-il. Ce bras de fer n’a jamais cessé mais il gagne en force. Il y a un an, le combat se déroulait aux portes du Parlement, lors de l’amendement de la loi sur la presse. Alors que la majorité des députés (PND) voulaient inclure une clause prévoyant la peine de prison pour les cas d’atteinte à l’intégrité financière, le président Moubarak était intervenu dans un coup de théâtre pour donner victoire aux journalistes.

Or cette fois-ci, rien n’indique ce genre de Happy End. Le champ de bataille se situant dans les cours de justice, ce sont des membres du PND qui multiplient les plaintes, comme la loi leur permet, estimant que le président, son parti, ou son gouvernement ont été insultés. Une guerre par procuration que lance le régime, juge-t-on. « Ces verdicts montrent que le régime utilise la justice pour attaquer les journalistes », lance Mohamad Abdel-Qoddous, responsable au Syndicat des journalistes.

Comme pour renforcer les suspicions, le Conseil suprême de la justice, une instance proche du gouvernement et dont la tutelle est contestée par beaucoup de juristes, a mis en garde la semaine dernière les journalistes en indiquant que « tout commentaire publié sur un verdict peut constituer un crime dans la mesure où cela représente une tentative d’influencer le cours de la justice et de s’y ingérer ». De quoi augurer de nouveaux verdicts .

Chérif Albert

 

 

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3 questions à

Ahmad Aboul-Gheit, ministre des Affaires étrangères, à l’occasion de la participation de l’Egypte à l’Assemblée générale de l’Onu. 

« L’Egypte soutient les efforts de paix en Afrique »  

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte participera à la conférence sur le financement du développement qui aura lieu à New York la semaine prochaine. Quel est le plan d’action de l’Egypte ?

Ahmad Aboul-Gheit : J’espère que le dialogue sur le financement du développement sera une bonne occasion pour arriver à des résultats positifs . L’Egypte participe avec efficacité aux efforts concernant le développement des activités des Nations-Unies afin qu’elles répondent aux vrais besoins des pays en voie de développement.

— L’Egypte est membre de la commission de construction de la paix au sein des Nations-Unies. Cette commission a aussi une tâche économique, comment expliquez-vous cette tâche ?

— L’Egypte a été élue membre de cette commission créée en 2005 afin de combler le vide au sein de l’Onu. L’Egypte a soutenu le rôle de la commission qui s’est penchée pendant sa première année sur le Burundi et la Sierra Leone, en travaillant avec les éléments actifs responsables d’instaurer la paix dans les deux pays. En ce qui concerne le rôle de l’Egypte au sein de la commission, nous n’épargnons aucun effort pour défendre les intérêts des pays en voie de développement, en général, et les pays africains, en particulier, à travers la recherche des aides techniques et financières nécessaires pour instaurer la paix dans ces pays et la participation au fonds de construction. C’est un fonds qui reçoit les contributions bénévoles des pays qui participent au financement d’opération de la paix dans les pays en crise.

— Quelle est la position de l’Egypte par rapport aux concertations actuelles au sein des Nations-Unies sur la question du terrorisme ?

— Nous participons aux efforts internationaux de lutte antiterroriste au niveau bilatéral et dans le cadre des Nations-Unies. Nous continuons à œuvrer en vue de recueillir le soutien international à l’initiative du président Moubarak de tenir une conférence internationale contre le terrorisme sous l’égide des Nations-Unies

Par Aïcha Abdel-Ghaffar

 




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