Al-Ahram Hebdo, Egypte | Bataille contre le sureffectif
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Egypte

Médecins. Le tribunal administratif a émis un verdict en faveur du Syndicat des médecins qui a intenté un procès contre le ministère de l’Enseignement supérieur et le Conseil suprême des universités réclamant la réduction au tiers du nombre d’étudiants en médecine. 

Bataille contre le sureffectif 

Ils étaient plus de 12 000 étudiants à être admis cette année dans les différentes facultés de médecine en Egypte (dont 4 000 dans l’enseignement azhari et 500 dans les universités privées), alors que le marché du travail ne peut assimiler que le quart de ce chiffre.

C’est cette situation qui a poussé le Syndicat des médecins à engager un procès il y a trois mois devant le tribunal administratif contre le Conseil suprême des universités exigeant de réduire de deux tiers le nombre des étudiants dans les facultés de médecine. « Le surnombre des étudiants dans les facultés de médecine ne pouvait plus être toléré. C’est une menace pour la pratique du métier. Les moyens dont disposent ces facultés ne sont pas en accord avec le nombre des étudiants, ce qui affecte le niveau des médecins », lance Hamdi Al-Sayed, le bâtonnier de l’Ordre des médecins. Et d’ajouter : « Nous avons demandé à plusieurs reprises au ministère de l’Enseignement supérieur et au Conseil suprême des universités de réduire le nombre des étudiants et j’ai même soulevé la question à l’Assemblée du peuple, mais en vain. Nous avons finalement décidé de recourir à la justice ».

Cette semaine, le tribunal administratif a pris la surprenante décision d’accepter la demande du Syndicat. Il a enjoint le ministère de l’Enseignement supérieur et le Conseil suprême des universités de réduire de deux tiers le nombre des étudiants en médecine. « Le Syndicat des médecins et le ministère de la Santé ont le droit de limiter le nombre d’inscrits dans les facultés de médecine en accord avec la capacité des hôpitaux et les besoins du marché », a estimé le tribunal dans les attendus du jugement.

Douze mille étudiants environ sont promus chaque année dans les facultés de médecine. Après l’obtention de leurs diplômes, ces jeunes médecins doivent accomplir une année de service obligatoire dans les hôpitaux publics, avant d’être engagés par l’Etat avec des salaires médiocres. Le verdict du tribunal administratif a placé le ministère de l’Enseignement supérieur et le Conseil suprême des universités dans l’embarras. Le ministère entend faire appel de la décision. « L’application de ce verdict est impossible, du moins cette année », affirme un responsable du ministère. Et d’ajouter que le ministère examine « toutes les options juridiques à sa disposition afin de reporter l’application du verdict ».

Le sureffectif dans les facultés de médecine est la cause, selon beaucoup de responsables, dont le ministre de la Santé, de la baisse du niveau de la formation. « Il faut un demi-million de L.E. pour former correctement un médecin. Or, avec le grand nombre d’étudiants, cela est impossible. Le résultat est que nous avons des médecins mal formés. Comment peut-on fournir un vrai programme de formation à ce nombre quatre fois supérieur à la capacité des hôpitaux ? », estime Mohamad Aboul-Ghar, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Qasr Al-Aïni. Pour lui, il faut diminuer au plus vite le nombre d’étudiants dans les facultés de médecine. « Nous avons une hausse dans le nombre des diplômés mais en même temps nous manquons de médecins qualifiés », juge le professeur.

Hossameddine Hussein, jeune médecin, explique que les conditions dans les facultés de médecine sont insupportables. « Nous étions 50 étudiants sur un seul patient. Cette situation nous poussait, mes collègues et moi, à verser des sommes d’argent aux patients pour qu’ils acceptent que nous les réexaminions », souligne-t-il. Le ministre de la Santé, Hatem Al-Gabali, avait affirmé que le secteur de la santé ne peut assimiler que 3 500 diplômés chaque année. Il a annoncé qu’à partir de 2014, le gouvernement cesserait de nommer automatiquement les médecins dans le secteur public. « Les parents doivent penser plusieurs fois avec leurs enfants avant de prendre la décision d’étudier la médecine car si le nombre ne diminue pas, leurs enfants ne trouveront pas de travail », a ajouté le ministre. La décision du ministre de la Santé était l’un des arguments cités par le syndicat dans la plainte devant le tribunal administratif. « Nous voulons préserver la médecine et avoir des médecins bien formés et dignes de ce métier », conclut Hamdi Al-Sayed.

Sabah Sabet

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