Al-Ahram Hebdo, Economie | Faiblesse menaçante
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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Economie

Dollar. Suite à la décision de la Réserve fédérale américaine de réduire son taux d’intérêt, il est en chute sur le marché égyptien. De quoi affecter les crédits bancaires et les exportations. Explications. 

Faiblesse menaçante 

Le billet vert, symbole de l’investissement, a été affecté par la décision du conseil de la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed, Banque Centrale américaine), la semaine dernière, de diminuer le taux d’intérêt sur les dépôts bancaires en dollars de 5,25 % à 4,75 %. Ce qui a mené à un fléchissement de son cours sur le marché égyptien de 7 piastres atteignant 5,55 L.E. à l’achat et 5,57 L.E. à la vente. En début de semaine, le dollar a subi une deuxième chute atteignant 5,50 L.E. à l’achat et 5,52 L.E. à la vente.

Cela fait neuf mois que le dollar subi des baisses continuelles face à la livre égyptienne, ce qui lui a fait perdre 15 piastres au cours de cette période. Les déposants en dollar auprès des banques égyptiennes ont été les premières victimes de cette décision de la Fed. « Ils ont subi deux chocs : le premier est la réduction du taux d’intérêt et le deuxième est la dévaluation de leurs dollars déposés sur des comptes courants », assure Hassan Abdel-Hamid, chef du département de l’investissement auprès de la banque Ahli Mottahed.

En fait, cette réduction du taux d’intérêt sur le dollar est la première depuis juin 2003, quand la Fed a diminué ce taux de 5,75 % à 5,25 %.

Tamer Youssef, directeur du département de trésorerie auprès de Piraeus Bank Egypt, explique les causes de la décision de la Fed. « C’est une réaction préventive qui vise l’allégement des effets négatifs de la dernière crise de l’hypothèque immobilière qui a frappé le marché américain il y a un mois. Ben Bermanke, président actuel de la Réserve fédérale, voulait éviter une stagnation éventuelle de l’économie suite à la récession frappant le pouvoir d’achat des citoyens, le remboursement des dettes de l’hypothèque immobilière et l’octroi par les banques de crédits bancaires aux investisseurs », explique Youssef. Il ajoute qu’il existe d’autres indices négatifs relatifs à l’économie américaine qui ont encouragé à prendre cette décision. Avec entre autres les prévisions d’un recul du taux de croissance de 3,1 % cette année à 2,8 % en 2008 ainsi qu’une augmentation des taux de chômage.

 

Profiter de la marge

La majorité des experts financiers et cadres bancaires prévoient que la Fed procédera, dans deux ou trois mois, à une deuxième réduction. « Pour remédier à la situation économique américaine, il faudra encore plusieurs réductions du taux d’intérêt du dollar, puisque la première réduction qui a eu lieu la semaine dernière n’a pas réussi à calmer la situation », note Amr Khattab, vice-directeur du département de l’investissement auprès de la Banque arabe africaine internationale.

Cette décision a mené les déposants en dollar sur le marché égyptien à se rabattre sur les investissements en livre égyptienne pour profiter de la marge entre les deux devises, ouvrant des comptes courants en L.E. « L’investisseur égyptien, très classique dans son choix, n’a été habitué qu’à investir en dollar. Ce qui a rendu très difficiles les investissements dans d’autres devises comme l’euro », explique Amr Lameï, vice-directeur général auprès de HSBC Bank. Il prévoit que les investisseurs égyptiens ainsi qu’étrangers reviennent sur la Bourse égyptienne. « Ce qui explique l’essor de l’indice égyptien, le Case 30, qui a marqué un record jeudi 27 septembre dernier avec 8 647 points », estime Lameï.

Mais à côté de cet aspect positif, la dépréciation du dollar a aussi porté atteinte à d’autres secteurs, notamment les exportations égyptiennes. Car la surévaluation de la livre égyptienne qui en découle, élève le prix des exportations nationales et ne les rend pas concurrentielles. « Les exportateurs ont subi un grand choc et ont réclamé l’intervention de la Banque Centrale égyptienne pour les protéger », dévoile Moustapha Zaki, président de l’association des exportateurs auprès de l’Union des chambres commerciales.

Selon Ismaïl Hassan, ex-gouverneur de la Banque Centrale et actuel président de la banque Misr-Iran, la réduction du taux d’intérêt du dollar a élargi le fossé entre le taux d’intérêt en dollar et celui en livre égyptienne. Il met d’ailleurs en garde contre une diminution du taux d’intérêt de la livre égyptienne pour le rapprocher de celui du dollar car cela aura des effets négatifs sur l’investissement dans le pays et sur l’inflation. « La réduction du taux d’intérêt élèvera le taux actuel d’inflation de 8,5 %, faisant souffrir plus de 40 % de la population », souligne-t-il. Enfin, Ibrahim Al-Mazalawi, propriétaire d’un bureau de changes, souligne que la tendance de la baisse du dollar, qui remonte à plus de neuf mois, lui a fait perdre plus de 15 piastres face à la livre égyptienne. « Cette baisse n’a pas seulement diminué la valeur du dollar face à la livre égyptienne mais aussi devant toutes les autres devises. La Banque Centrale doit donc diversifier les devises de son panier des réserves », préconise-t-il .

Dahlia Réda

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