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 Semaine du 3 au 9 Octobre 2007, numéro 682

 

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Ukraine. Les partisans de la mouvance « orange » ont revendiqué lundi leur victoire aux élections législatives anticipées tenues la veille. La crise politique que vit le pays depuis plusieurs mois est cependant loin de prendre fin.

Le flou persiste

Après le dépouillement de quelque 56 % des bulletins de vote, le bloc Timochenko, du nom de l’ancien premier ministre Ioulia Timochenko, a obtenu 33,26 % des voix, le Parti des régions 30,75 % et le parti Notre Ukraine du président Iouchtchenko 15,54 %, selon les résultats partiels publiés lundi. Des résultants inattendus, le bloc Timochenko a en effet réalisé une percée de plus de dix points par rapport aux législatives de mars 2006 (22,29 %). De son côté, le Parti communiste remporte 5,08 % des voix tandis qu’un petit parti, le bloc Litvine, obtient 4,17 %, et le Parti socialiste 3,19 %. Au total, six partis pourraient donc faire leur entrée à la Rada (Parlement ukrainien). Un minimum de 3 % des suffrages est requis pour qu’un parti puisse avoir des élus au Parlement.

Avant même la publication des résultats définitifs, l’égérie de la Révolution orange, Ioulia Timochenko, a dit vouloir commencer à engager des négociations pour prendre la tête d’un gouvernement « orange » pro-occidental. Dans la nuit de dimanche à lundi, la dirigeante politique, qui fut déjà premier ministre en 2005, a déclaré vouloir demander au président de « commencer la formation de la coalition » et du gouvernement. Les deux leaders, alliés lors de la Révolution orange démocratique qui porta M. Iouchtchenko au pouvoir en 2004 mais souvent rivaux depuis, ont promis de former un gouvernement ensemble en cas de victoire.

Cependant, rien n’est encore joué. Le dépouillement des bulletins n’était pas encore achevé lundi quand le camp Timochenko a crié victoire et les résultats restent suffisamment serrés pour que des renversements de situation adviennent. D’autant plus que les responsables du scrutin soulignent que le dépouillement avance lentement dans les zones industrielles russophones de l’est de l’Ukraine, bastions du parti du premier ministre Victor Ianoukovitch. En effet, loin de reconnaître sa défaite, Ianoukovitch a affirmé que sa formation, le Parti des régions, plus russophile, est arrivé en tête, ce qui lui donne le droit de mener les discussions sur la formation d’un nouveau gouvernement.

D’ores et déjà donc, les deux rivaux semblent ne pas vouloir lâcher le pouvoir. « Je crois que personne ne peut réduire ou nier la victoire que l’Ukraine a remportée », a déclaré dimanche soir Timochenko. « Tout va se résoudre. Dans quelques semaines, nous tiendrons la première conférence de presse du nouveau gouvernement », a-t-elle ajouté, confiante. « Ce soutien important du peuple ukrainien (...) donne carte blanche au Parti des régions pour former un nouveau gouvernement performant », a répliqué Ianoukovitch, l’air sombre, refusant ainsi de reconnaître la victoire de sa rivale.

 

Deux conditions

Par ailleurs, le parti présidentiel devrait proposer deux conditions pour une alliance : soutenir des amendements à la Constitution renforçant le président et, pour le futur premier ministre, renoncer à briguer la présidence, écrit le quotidien Segodnia, proche des courants pro-russes. « La tentation d’Iouchtchenko de créer une large coalition (avec M. Ianoukovitch) est toujours grande », estime pour sa part le quotidien Gazeta 24. Les deux Viktor vont « faire en sorte de ne pas laisser Mme Timochenko devenir premier ministre », pronostique aussi Stanislav Belkovski, directeur de l’Institut de stratégie nationale pour la Russie et l’Ukraine. Quant à l’analyste Ivan Presniakov, du Centre international pour les études politiques à Kiev, il estime que « Timochenko veut le poste de premier ministre comme un tremplin vers la présidence. (...) Il n’y a pas actuellement de front orange avec des objectifs communs ».

Les élections anticipées de dimanche visaient à sortir de la paralysie politique qui s’est installée en Ukraine depuis plusieurs mois en raison du bras de fer entre le président et le premier ministre. Iouchtchenko a dissous la Rada en avril dernier, accusant Ianoukovitch de vouloir tenter un coup de force, et convoqué ces élections anticipées. Rien ne permet d’affirmer que le scrutin permettra de voir plus clair dans l’équilibre des pouvoirs entre Iouchtchenko, propulsé au pouvoir lors de la « révolution orange » de 2004, et Ianoukovitch, son rival sorti alors perdant de la confrontation.

Abir Taleb

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