Al-Ahram Hebdo,Sports | Adly, le nouveau roi
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 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

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Sports

Echecs. L’Egyptien Ahmad Adly a remporté le Championnat du monde juniors qui s’est tenu en Arménie du 2 au 17 octobre. Une première. 

Adly, le nouveau roi 

« Je ne m’attendais pas du tout à cette victoire. Je visais la cinquième ou la quatrième place tout au plus. C’est un comble pour moi ». C’est en ces termes qu’Ahmad Adly s’est exprimé après sa victoire, mardi 17 octobre, contre l’Allemand Georg Meier lors de la dernière ronde du Championnat du monde juniors d’échecs en Arménie. Une victoire qui a permis au jeune Egyptien d’être le champion du monde juniors de cette discipline. Un véritable exploit.

Adly s’est imposé au terme d’un parcours tonitruant. Après une défaite à la première ronde contre le Russe Kulakov nettement moins bien classé, il aligne 6 victoires consécutives et prend la tête du tournoi. Deux défaites, contre le favori du tournoi le Chinois Wang Hao et le Russe Popov, allaient le reléguer à la sixième place. Mais avec ténacité et persévérance, Adly parvient à remonter au classement en gagnant les trois dernières rondes contre le Géorgien Jojua Davit, l’Indien Gupta Abhijeet et l’Allemand Georg Meier. « Avant d’aller en Arménie pour jouer ce championnat du monde, je me suis rendu en Angleterre pour un tournoi de préparation, à mes propres frais. J’avais demandé aux responsables de la fédération de m’accorder un billet retour pour Le Caire pour que je me repose avant la championnat, mais ils ont refusé. J’ai dû aller directement en Arménie. J’étais exténué ce qui explique ma défaite à la première ronde », explique Adly. Et de poursuivre : « Ensuite, j’ai joué à fond. Je voulais donner le meilleur de moi-même. Je savais que c’était ma dernière chance pour faire un résultat chez les juniors, car l’année prochaine j’aurai dépassé la limite d’âge. A un moment donné, j’ai eu peur de tout gâcher. J’ai attrapé une grippe et je me suis mis à mal jouer. Heureusement tout est rentré dans l’ordre et j’ai pu décrocher cette victoire ».

Né en 1987, Ahmad Adly est l’un des jeunes talents des échecs en Egypte avec Bassem Amin et Mona Khaled. C’est à 6 ans que son père lui apprend les règles du jeu pour lequel il vouera une grande passion. Hassan Khaled, le directeur technique de la sélection, et l’entraîneur Amr Farag le remarquent lors d’un tournoi et décident de lui fournir l’aide nécessaire. Et les résultats ne tardent pas à venir. En l’espace de quelques années, Adly obtient le titre de Maître international (IM) puis à 17 ans, celui de Grand Maître décerné par la Fédération internationale des échecs et considéré comme la plus haute distinction dans cette discipline. Il devient ainsi le premier Egyptien à porter ce titre. Adly obtient aussi le titre de champion d’Egypte seniors en 2003, champion arabe et champion d’Afrique en 2006. Il réalise une très bonne troisième place aux Championnats du monde des moins de 18 ans en 2005 et obtient trois médailles d’or aux derniers Jeux africains en Algérie.

 

Soutien médiocre

Etre champion du monde va ouvrir de nouveaux horizons pour Adly. « Sur le plan professionnel, ce titre signifie des invitations dans de forts tournois à l’étranger. C’est important pour la suite de ma carrière », affirme Adly qui envisage de mener une carrière professionnelle. Un choix très difficile dans cette discipline. « Jouer à ce niveau requiert une préparation théorique et physique spécifique. Nous avons besoin d’entraîneurs et de matériel de préparation (livres et programmes informatiques). Mais il faut surtout jouer beaucoup de tournois pour maintenir un certain niveau car contrairement à ce que pensent certains, les échecs professionnels sont un sport à part entière », affirme Adly. Or, le soutien fourni par la fédération est médiocre. Après l’acquisition de son titre, Adly recevra en tout et pour tout une prime de 15 000 L.E. par le comité national des sports. Une somme modeste si l’on considère les dépenses requises pour les voyages et l’entraînement. Lorsqu’il est devenu champion arabe, Adly avait reçu la somme de 180 L.E. (!) à titre de récompense.

La Fédération égyptienne d’échecs souffre de difficultés financières avec un budget qui ne dépasse pas les 80 000 L.E. par an. « La fédération soutient financièrement les joueurs mais dans les limites du budget », assure Hassan Khaled. Il affirme que le comité des sports a accepté de doubler le budget de la fédération au cours des prochaines années. « Le budget passera de 80 000 à 160 000 L.E. », affirme-t-il. Mais cela reste clairement insuffisant pour bâtir un champion d’envergure internationale. Le seul espoir pour Ahmad Adly et ses jeunes collègues est de trouver un sponsor ce qui s’avère difficile dans une discipline pas très médiatisée. En attendant que la situation s’améliore, les jeunes espoirs égyptiens ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur le soutien de leurs familles.

Chérif Soliman

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