Rencontre avec Doris Lessing
Mohamed Salmawy
Discrimination flagrante
Salama A. Salama
Les journalistes se divisen
Morsi Attalla
Les Arabes et l’Iran : une
relation ambiguë
Wahid Abdel-Méguid
Edito
Kordofan
La
crise née de la décision des anciens rebelles sudistes soudanais de geler leur
participation au gouvernement de Khartoum, conjuguée au conflit du Darfour,
menace de précipiter à son tour le Kordofan, région pétrolière du Soudan, dans
la violence.
Vaste
territoire situé au cœur du plus grand pays d’Afrique, la région de Kordofan
est divisée en deux Etats fédérés. Il est limitrophe du Darfour — déchiré par
un conflit sanglant depuis 2003 — et de la région autonome du Sud-Soudan, sortie en 2005 d’une guerre de 21 ans ayant
fait près de 1,5 million de victimes.
L’application
de l’accord de paix ayant mis fin à cette guerre est à l’origine de la nouvelle
crise politique qui secoue le Soudan. Les anciens rebelles sudistes du
Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM) ont suspendu leur
participation au gouvernement central en accusant les dirigeants du Nord des
retards dans le retrait de leurs forces du Sud, dans la démarcation de la
frontière et du manque de progrès sur le statut d’Abiye, zone pétrolière
revendiquée par les deux parties.
Située
à 650 km au sud-ouest de Khartoum dans la région Kordofan occidental, la zone
d’Abiye est également proche du Darfour.
En
2005, elle a produit un quart du pétrole soudanais. Beaucoup redoutent qu’Abiye
ne soit l’étincelle qui mette le feu aux poudres d’une nouvelle guerre entre le
Nord et le Sud. De plus, la proximité avec le Darfour a déjà des conséquences
sur la stabilité du Kordofan.
En
août, des rebelles du Darfour y avaient mené un raid meurtrier contre des
forces de police.
Fin
septembre, des rebelles ont tué 10 soldats de la force
de paix africaine stationnés à Haskanita, localité à
la frontière entre le Darfour et le Kordofan. Le gouvernement de Khartoum
accuse d’ailleurs certaines factions rebelles du Darfour de vouloir faire
basculer le Kordofan dans le conflit. Ces rebelles affirment, eux, que le
régime utilise cette région pour renforcer ses capacités militaires.
En
fait, selon un des architectes de l’accord de paix de 2005 ayant mis fin à la
guerre dans le Sud, des éléments des deux camps « déplacent la guerre vers le
Kordofan » face aux tentatives de ramener la paix au Darfour.
Des
nouvelles négociations de paix sur le Darfour sont prévues fin octobre en Libye
et la question du Kordofan pourrait être mise sur la table à cette occasion.