Les journalistes se divisent
Morsi Attalla
Dernièrementune
crise aiguë a été déclenchée suite aux fausses rumeurs sur
la santé du président Moubarak. Ensuite, des verdicts ont
été prononcés infligeant des peines de prison à l’encontre
d’un nombre de journalistes dans des procès pour
diffamation. Il semble que cette crise ne pourra être
résolue que de l’intérieur. C’est-à-dire que les
journalistes eux-mêmes doivent jouer le rôle principal dans
les tentatives visant à regrouper leurs rangs.
En tant que journaliste qui vénère son métier, je pense
qu’il est illogique de confiner la discussion d’une
quelconque question dans un cercle étroit qui place ceux qui
y participent face à deux options : être pour ou contre la
peine de prison des journalistes. Certains tentent également
de limiter la crise que vit la presse à une seule question :
êtes-vous pour le droit de diffamation au nom de la liberté
de la presse et du droit de la critique ? Ou êtes-vous
contre cela et approuvez-vous toutes les procédures
juridiques visant à faire face à ce phénomène ?
En réalité, il est injuste pour un journaliste de se trouver
coincé dans ce dilemme déontologique. En effet, la peine de
prison est une humiliation qu’aucun journaliste ne peut
accepter. Et d’autre part, la diffamation est une honte que
les journalistes honnêtes et sages ne peuvent se permettre.
Pour que la vérité soit claire et pour défendre la presse,
les grands journalistes et les responsables de la
profession, en particulier le conseil du Syndicat des
journalistes, auraient dû tenter par tous les moyens de
mettre un terme à la division qui sévit actuellement dans
les rangs des journalistes et qui nuit à la déontologie du
métier.
Par exemple, le dialogue entre les journalistes aurait dû
être entamé par un slogan équilibré : « Non à la peine de
prison, non à la diffamation », en plus de l’organisation
d’ateliers journalistiques et juridiques pour parvenir à une
formule adéquate qui assurerait les garanties auxquelles les
journalistes aspirent depuis des années. L’objectif de ces
garanties est de donner confiance aux journalistes et en
même temps de protéger chaque citoyen contre tout
dépassement qui porterait atteinte à sa réputation ou à sa
vie privée.
Malheureusement, rien n’a été réalisé jusqu’aujourd’hui. Au
contraire, l’échange d’accusation continue de façon à
menacer l’unité des journalistes et à mettre à bas leurs
réclamations légitimes. En plein climat tendu, nous
découvrons des plans vicieux qui, en apparence, semblent
approuver la liberté de la presse et des journalistes. Mais
en réalité, ces plans visent à réaliser un entrechoc sévère
entre la presse et les autorités civiles et officielles de
la société. Chose qui affaiblit les journalistes ainsi que
leurs capacités de négociation pour satisfaire leurs
requêtes.