Discrimination flagrante
Salama A. Salama
C’est
par pur hasard que l’ambassadeur égyptien auprès des
Nations-Unies a découvert, en quittant le siège de la
mission égyptienne et en traversant la rue pour se rendre au
bâtiment de l’Onu, que certaines rues de New York étaient
interdites aux Arabes et aux musulmans en particulier ... En
arrivant dans l’une de ces rues, ce n’est que quand il a
dévoilé son identité que l’agent lui a permis de poursuivre
son chemin.
Il est clair qu’il existe des instructions secrètes
concernant la façon de traiter les Arabes et les musulmans,
que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des Etats-Unis.
Le cas est le même quand il s’agit de se déplacer d’une
ville à l’autre ou quand il s’agit des procédures concernant
la résidence et l’admission aux écoles et aux universités.
Le camp de détention de Guantanamo et les lois
exceptionnelles qui ont été promulguées après les accidents
du 11 septembre ne constituent que la partie apparente d’un
état exceptionnel qui a été appliqué aux Arabes et aux
musulmans en particulier aux Etats-Unis.
Il est évident que ces procédures ne peuvent être nommées
autrement que discriminatoires. Et ce, malgré l’existence
d’accords internationaux garantissant la sécurité et la
liberté de déplacement des émissaires de tous les Etats
auprès des Nations-Unies. Donc, il faut se demander :
quelles sont les causes qui encouragent les autorités
américaines à humilier les Arabes et les musulmans de cette
façon ?
Il semble que c’est la façon de traiter avec tout ce qui est
américain en Egypte et dans les Etats arabes qui a encouragé
les Américains à adopter de telles procédures. Il suffit de
savoir qu’un quartier entier au Caire est interdit aux
Egyptiens tout simplement parce que l’ambassade américaine
s’y trouve. Les privilèges sécuritaires dont profitent les
Américains ont alors encouragé d’autres ambassades à fermer
des rues et à poser des blocs de ciment face à
leurs portails. Le prétexte est
d’assurer la sécurité.
C’est alors que cette arrogance s’est transférée des
Etats-Unis vers l’Europe. Si un des candidats républicains
aux élections présidentielles américaines a promis de lutter
contre ce qu’il a appelé « le fascisme islamique qui veut
détruire la civilisation occidentale », il n’est donc pas
étrange de voir les partis européens aux tendances racistes
anti-arabes et anti-islamiques se multiplier.
Même la Suisse, qui est reconnue pour son impartialité et sa
modération, adopte une politique guidée par un parti de
droite qui s’engage actuellement dans un combat électoral en
basant sa campagne sur l’appel à l’interdiction de la
construction de minarets dans les mosquées et sur le
rapatriement des étrangers.
Et en France, le gouvernement de Sarkozy dirige une campagne
visant à faire promulguer une législation soumettant tout
immigré qui dépose une demande de regroupement familial à
des tests ADN pour s’assurer de la parenté des membres de
cette famille !
En Occident, on n’arrête pas de parler de la nécessité de
séparer la religion et la politique dans les Etats arabes et
islamiques. Et ce pour faire face au fanatisme et au
racisme. Mais la vérité et les faits que nous venons de
citer ne font que prouver que ce sont les politiques
occidentales qui mélangent religion et politique de manière
provocante. Il est sûr que ces politiques causent
l’animosité entre l’islam et l’Occident. Il n’est pas
suffisant d’organiser des conférences européennes qui
parlent de la nécessité de considérer l’islam comme une
religion mondiale. Il n’est pas non plus suffisant que le
Congrès américain déclare l’islam religion mondiale qui
possède une civilisation historique ... Ces conférences ne
tromperont plus personne tant qu’elles seront démenties par
les faits ... .