Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Morsi Attalla

Wahid Abdel-Méguid


Edito

Kordofan 

La crise née de la décision des anciens rebelles sudistes soudanais de geler leur participation au gouvernement de Khartoum, conjuguée au conflit du Darfour, menace de précipiter à son tour le Kordofan, région pétrolière du Soudan, dans la violence.

Vaste territoire situé au cœur du plus grand pays d’Afrique, la région de Kordofan est divisée en deux Etats fédérés. Il est limitrophe du Darfour — déchiré par un conflit sanglant depuis 2003 — et de la région autonome du Sud-Soudan, sortie en 2005 d’une guerre de 21 ans ayant fait près de 1,5 million de victimes.

L’application de l’accord de paix ayant mis fin à cette guerre est à l’origine de la nouvelle crise politique qui secoue le Soudan. Les anciens rebelles sudistes du Mouvement de libération du peuple du Soudan (SPLM) ont suspendu leur participation au gouvernement central en accusant les dirigeants du Nord des retards dans le retrait de leurs forces du Sud, dans la démarcation de la frontière et du manque de progrès sur le statut d’Abiye, zone pétrolière revendiquée par les deux parties.

Située à 650 km au sud-ouest de Khartoum dans la région Kordofan occidental, la zone d’Abiye est également proche du Darfour.

En 2005, elle a produit un quart du pétrole soudanais. Beaucoup redoutent qu’Abiye ne soit l’étincelle qui mette le feu aux poudres d’une nouvelle guerre entre le Nord et le Sud. De plus, la proximité avec le Darfour a déjà des conséquences sur la stabilité du Kordofan.

En août, des rebelles du Darfour y avaient mené un raid meurtrier contre des forces de police.

Fin septembre, des rebelles ont tué 10 soldats de la force de paix africaine stationnés à Haskanita, localité à la frontière entre le Darfour et le Kordofan. Le gouvernement de Khartoum accuse d’ailleurs certaines factions rebelles du Darfour de vouloir faire basculer le Kordofan dans le conflit. Ces rebelles affirment, eux, que le régime utilise cette région pour renforcer ses capacités militaires.

En fait, selon un des architectes de l’accord de paix de 2005 ayant mis fin à la guerre dans le Sud, des éléments des deux camps « déplacent la guerre vers le Kordofan » face aux tentatives de ramener la paix au Darfour.

Des nouvelles négociations de paix sur le Darfour sont prévues fin octobre en Libye et la question du Kordofan pourrait être mise sur la table à cette occasion. 

 




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