Al-Ahram Hebdo, Enquête | Les frères exclus avant le vote
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
 
Enquête

Elections estudiantines. Plusieurs centaines d’étudiants de tendance islamiste ont manifesté lundi à l’Université du Caire pour protester contre la radiation de leurs camarades des listes électorales.  

Les frères exclus avant le vote 

Lundi 22 octobre. Le campus de l’Université du Caire est en effervescence. Des véhicules blindés sont stationnés devant l’enceinte. Et des policiers en tenue ou en civil sont dispersés ici et là sur les lieux. A 11h30, plusieurs centaines d’étudiants appartenant au courant estudiantin islamiste envahissent les lieux et se mettent à scander : « Qui sommes-nous ? Qui sommes-nous ? Nous sommes les étudiants radiés des élections. Oh sécurité de l’Etat, Où est la sécurité ? Où est l’Etat ? Dites-le haut et fort, la fraude électorale est un scandale ». A l’intérieur de l’enceinte, la tension est vive en ce jour d’élections. L’annonce, la veille, de la radiation de 140 candidats du courant islamiste qui, selon la direction, « ne répondent pas aux critères de candidature », a soulevé la colère des étudiants qui dénoncent un « complot manigancé par le gouvernement ». « Ce scénario ne s’était jamais produit. C’est un vrai scandale », s’indigne l’un des étudiants du courant islamiste. Brandissant des slogans de protestation, les étudiants ont installé des haut-parleurs à l’intérieur de l’enceinte et ont appelé à la prière avant de se mettre à nouveau à scander.

S’agit-il d’un complot ? Les responsables de l’université affirment que les étudiants radiés l’ont été, conformément au règlement de l’université. « Celui-ci stipule que l’étudiant doit être de nationalité égyptienne, qu’il doit répondre aux règles de bonne conduite et de discipline universitaire. Il doit en outre être assidu, avoir réglé la totalité des droits d’inscription et n’avoir jamais encouru de sanctions universitaires », selon un responsable de la direction ayant requis l’anonymat.

 

Contexte particulier

En réalité, ces élections estudiantines interviennent dans un contexte particulier. Ce sont les premières élections après la polémique soulevée au début de l’année par la démonstration de force des étudiants islamistes de l’Université d’Al-Azhar. Vêtus de tenues paramilitaires et portant des cagoules, les étudiants islamistes s’étaient livrés, en février 2007, à des exercices d’arts martiaux dans l’enceinte de l’établissement, soulevant la colère des autorités et un débat houleux sur la présence des islamistes au sein des universités. D’autre part, les élections font suite à une vaste campagne d’intimidation lancée par les appareils de sécurité contre les Frères musulmans. Tous ces facteurs ont accentué le climat de tension entourant ces élections. « Nous nous attendions à une campagne contre nous. Mais pas à ce que tous nos candidats soient exclus de la sorte », lance un candidat islamiste.

Et d’accuser les services de sécurité de l’Etat d’intervenir pour modifier le cours des élections. « La direction de l’université accepte la candidature de certains étudiants et en refusent d’autres en suivant les recommandations de la sécurité ». Voulant éviter toute confrontation avec l’Etat, les Frères avaient limité leur participation cette année à 140 candidats à l’Université du Caire sur un total de 1 454. Le centre Sawasiya des droits de l’homme, qui a suivi le déroulement du scrutin, affirme avoir recensé plusieurs anomalies. « La direction de l’université a retardé délibérément la date du dépôt des candidatures, fixée après les vacances du petit Baïram afin de ne pas donner aux étudiants islamistes le temps de se préparer », assure Abdel-Moneim Abdel-Maqsoud, directeur du centre. « Les employés de l’université ont achevé les dossiers des étudiants pro-gouvernementaux sans même demander leur présence », ajoute Abdel-Maqsoud. Et d’expliquer que la direction a eu recours à d’autres astuces. « On a demandé à une foule d’étudiants pro-gouvernementaux de se rendre dans les bureaux de dépôt des candidatures pour retarder ceux du courant islamiste et les empêcher de participer aux élections », conclut-il. Une campagne, d’un autre genre, bien ficelée.

Ola Hamdi

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.