Diplomatie.
C’est pour endiguer la récente crise entre le gouvernement
de Khartoum et les Sudistes que le ministre des Affaires
étrangères, Ahmad Aboul-Gheit,
et le chef des services de renseignements, Omar Soliman,
ont effectué cette semaine une
visite au Soudan.
Médiation à Khartoum
La paix est de plus en plus fragile entre le Nord et le
Sud-Soudan. C’est dans ce
contexte qu’une délégation de haut niveau composée du chef
de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit,
et du chef des services des renseignements, Omar Soliman,
s’est rendue cette semaine au Soudan avec pour objectif
principal de contenir la crise. Une mission qui s’avérait
difficile. Les deux responsables se sont entretenus avec le
premier vice-président soudanais et le chef du Mouvement de
libération du peuple du Soudan (SPLM),
Salva Kir, et des membres de son gouvernement au
Sud-Soudan. La délégation s’est
ensuite envolée vers la capitale soudanaise Khartoum pour
s’entretenir avec le président Omar
Al-Béchir et des responsables du Parti du congrès
national (NCP, au pouvoir). La tension avait resurgi
brutalement la semaine dernière entre Khartoum et le
Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM). Les deux
parties avaient conclu un accord de paix en janvier 2005
stipulant notamment un partage des richesses et du pouvoir
et la possibilité pour le sud de décider de son autonomie
après une période transitoire. Or, cet accord semble
aujourd’hui menacé. Le Caire s’inquiète d’une éventuelle
séparation du sud.
L’émergence d’un Etat indépendant au
Sud-Soudan qui commanderait les sources du Nil ne
peut être qu’un facteur d’inquiétude pour l’Egypte. D’autant
plus qu’un tel Etat serait faible et exposé à toutes sortes
d’influences étrangères. D’où l’empressement du Caire
d’envoyer ses deux responsables. Les entretiens entre la
délégation égyptienne et les Soudanais ont porté sur
l’application de l’accord de paix de 2005, les relations
entre l’Egypte et le gouvernement du
Sud-Soudan et l’aide que l’Egypte avait promise à
cette région. Le président Moubarak a appelé son homologue
soudanais Omar Al-Béchir et les
dirigeants du SPLM à poursuivre le dialogue afin de résoudre
leur différend. « Le message du président Moubarak vise à
encourager les deux parties à travailler ensemble pour
relever le défi face à l’application de l’accord de paix »,
a déclaré Aboul-Gheit. En effet,
la semaine dernière, le SPLM a décidé de retirer la
participation de ses ministres dans le gouvernement central,
accusant le gouvernement de retarder l’application de
l’accord de paix. C’est la crise la plus sérieuse pour le
gouvernement d’union nationale du Soudan depuis son
investiture en septembre 2005. « L’Egypte a aidé les deux
parties à trouver une solution après des négociations avec
eux. Le Caire est convaincu que sa médiation va porter ses
fruits », a déclaré une source diplomatique ayant requis
l’anonymat.
Chérif
Ahmed