Grippe aviaire.
Suite à l’apparition d’une nouvelle forme du virus en Egypte,
le ministère de la Santé annonce un renforcement des mesures
de prévention contre la maladie.
Eviter le nouveau danger
La
détection récente en Egypte d’une nouvelle forme du fameux
virus de la grippe aviaire met les responsables du ministère
de la Santé à pied d’œuvre. « Nous allons lancer de
nouvelles campagnes de désinfection, de vaccination et de
sensibilisation », affirme un responsable de l’Organisme de
la médecine vétérinaire relevant du ministère de la Santé.
La nouvelle forme du virus, dénommée le H7, vient en effet
d’être identifiée pour la première fois en Egypte sur des
oiseaux migrateurs. Le ministre de la Santé,
Hatem
Al-Gabali, a confirmé la découverte de ce virus suite
à des analyses effectuées sur des oiseaux venus de l’Europe
de l’Est qui s’étaient posés sur le lac
Manzala dans le Delta du Nil. Le H7 a été détecté sur
9 canards. Pourtant, Rabie Ahmad
Eid, responsable de l’Organisme
général de la médecine vétérinaire au Caire, se veut
rassurant sur les risques de la propagation de ce virus. «
Le virus de la grippe aviaire existe sous une douzaine de
formes. Le H7 qui vient d’être détecté est moins dangereux
que le H5N1 », déclare Rabie,
qui insiste sur la lutte incessante contre ce virus. « Nous
craignons seulement une combinaison des deux virus dont le
résultat serait un virus plus pathogène et contagieux que le
H5N1 », confie-t-il.
Le ministère de la Santé, les organismes et les directions
de la médecine vétérinaire dans tous les gouvernorats sont
mobilisés et envisagent de renforcer les mesures de
prévention pour éviter tout danger. Une commission chargée
de suivre l’évolution du virus a été formée et une série de
mesures ont été annoncées : campagnes de vaccination des
volailles contre le H7 dans les maisons et les fermes
d’élevage, abattage des volailles infectées, interdiction de
la chasse aux oiseaux migrateurs notamment au niveau du lac
Manzala, fermeture des magasins
de vente de volailles et des fermes d’élevage sans
autorisation d’exploitation, et renforcement
du contrôle sur l’importation des
volailles vivantes. Par ailleurs, des barrages et des points
de contrôle vont être installés aux points d’entrée des
villages et des 26 gouvernorats du pays pour empêcher le
transport des volailles de tous genres. « Nous mettons à
nouveau en garde les citoyens contre tout contact rapproché
avec les oiseaux sauvages et domestiques. Toute imprudence
dans le traitement avec ces oiseaux risque de conduire à une
transmission de la grippe aviaire », souligne
Rabie, tout en rappelant
qu’aucun cas de transmission humaine n’a été identifié pour
le moment.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Egypte
est le pays le plus touché au monde en dehors du continent
asiatique par la grippe aviaire. Le virus H5N1 a fait son
apparition pour la première fois en Egypte en février 2006
sur des volailles mortes. La confirmation du premier cas
humain de la maladie a été annoncée au mois de mars de la
même année. 38 cas humains d’infection, dont 15 sont
décédés, ont été recensés jusqu’à présent. Le dernier cas
infecté de H5N1 était celui de Naïma
Abdou Gamil, âgée de 25 ans,
originaire du gouvernorat de Damiette, au Delta. Elle en a
été atteinte et hospitalisée en juillet dernier.
Mais le danger ne se limite pas uniquement au caractère du
virus H7. Le problème est qu’une grande majorité des
villageois font la sourde oreille aux déclarations des
responsables.
Et,
le virus persiste.
Héba
Nasreddin