Al-Ahram Hebdo, Economie | Le sésame ouvre-toi du logement ?
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

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Economie

Fonds d’investissements. De nouvelles institutions spécialisées dans le financement à long terme des projets immobiliers doivent voir le jour prochainement. De quoi stimuler un secteur vital.

Le sésame ouvre-toi du logement ?

Un fonds d’investissement qui apporterait le financement nécessaire aux sociétés immobilières. Une formule qui paraît exemplaire pour une économie qui témoigne d’un boom de construction comme l’Egypte, mais qui reste très mal gérée. Or, aujourd’hui de telles entreprises sont sur le point de faire leur entrée sur le marché ? « Avec l’envergure du marché immobilier, la création de nouveaux fonds d’investissement immobilier est désormais une nécessité », affirme Ahmad Naïm Badr, PDG de Naïm Holding. Cette société saoudienne compte créer, début 2008, un fonds de ce genre avec un capital de 300 millions de dollars afin d’investir dans le marché égyptien prometteur.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Plusieurs sociétés de courtage ont annoncé leur intention de créer des fonds similaires, à l’exemple de Prime Securities, Beltone Private Equity et Concorde International Investment. Cette dernière a créé son premier fonds immobilier Castel Fund, avec un montant de 150 millions de dollars.

Alaa Amer, PDG d’une nouvelle société en voie de création, explique qu’il existe deux genres de fonds d’investissement immobilier : ceux à souscription ouverte et ceux à souscription fermée. L’Organisation du Marché Financier (OMF) exige, pour le premier, qu’une partie de ce fonds soit lancée en Bourse pour être échangée. En fait, les souscripteurs, eux, achètent des certificats équivalents à leurs contributions, qu’ils peuvent vendre ensuite en Bourse quand ils le veulent. Quant au second, il ne permet pas à ses souscripteurs de sortir du Fonds avant la date de l’échéance précisée dans les certificats. « L’échéance s’étend sur dix ans dans ce fonds. Ce qui explique la hausse du taux d’intérêt dont bénéficient les porteurs des certificats de ces fonds, qui s’élève parfois à 17 % », ajoute Amer. Pour l’instant, le gouvernement a préféré l’entrée en vigueur du second genre sur le marché. Un choix parfaitement logique selon lui « jusqu’à ce que les particuliers puissent assimiler les règles du jeu de ce nouveau concept », note-t-il.

L’idée n’est pas tout à fait nouvelle, plusieurs pays au monde ont déjà précédé l’Egypte. Le Canada, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Il en est de même pour quelques pays arabes dans la région, à l’exemple de l’Arabie saoudite. Le royaume avait déjà organisé la mise en œuvre de ce genre de fonds. « L’objectif est donc de fournir un financement à long terme pour que les sociétés de développement immobilier puissent avoir, sous forme de prêt, le financement nécessaire », explique Chérif Raafat, ancien président de la Bourse égyptienne et directeur général de la société Concorde International Investment.

Il a fallu en Egypte entreprendre quelques amendements à la règle exécutive de la loi du marché financier promulguée en 1992, afin de pouvoir introduire ce système, ce que le ministère de l’Investissement a fait en juillet dernier. « Avant cet amendement, seules les banques pouvaient accorder des crédits de ce genre. Dorénavant, n’importe quelle société travaillant dans le secteur immobilier pourra créer un fonds, à condition d’obtenir un permis de l’Organisme du Marché Financier (OMF) », explique Hani Sarieddine, ex-président de l’OMF, auteur de l’amendement.

Des risques immobiliers

Ces mesures devraient relancer un secteur, certes en effervescence, mais qui ne contribue que modestement au PIB : 6 %. Essam Khalifa, directeur exécutif de la société Investissement Al-Ahli, critique la performance du secteur de l’hypothèque immobilière qui ne représente que 0,02 % du PIB.

Chérif Raafat, lui, explique cette contribution modeste au retard mis dans la création de ces fonds d’investissement immobilier. Il espère que ces derniers pourront régler le problème du financement et par suite mettre le secteur sur le bon chemin.

Raafat estime que les sociétés immobilières ont recours depuis de longues années aux crédits bancaires à court ou moyen terme, pour financer des projets immobiliers qui ne seront achevés que dans dix ou quinze ans. Cela a entraîné une crise de déficit bancaire qui sévit depuis le début du siècle. Ces nouveaux fonds pourront régler la question.

Mais de telles sociétés pourraient-elles résoudre l’un des problèmes les plus importants de ce secteur ? Il y a un surplus d’unités de logements très luxueux, alors que les autres catégories moyennes ou populaires sont peu nombreuses. A cet égard, Raafat met en garde contre un déséquilibre entre l’offre et la demande qui mènera à une chute des prix dans l’avenir.

Il salue la création de ce genre de fonds qui contribuera sans doute à résoudre le dilemme immobilier à travers une diversification de ces produits et leur portefeuille. « Les fonds immobiliers investiront donc dans toutes les catégories de logement », note-t-il.

Les fonds d’investissements se présentent-ils comme la baguette magique aux problèmes du secteur immobilier ? Cela est vrai du moins aux yeux de leurs parrains. La crise immobilière internationale née aux Etats-Unis ne devrait cependant pas affecter le marché égyptien en raison de l’abondance de terrains bon marché et d’une demande qui reste très importante.

Dahlia Réda

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En bref

Egypte
Réunion
Le ministre égyptien de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine, a effectué une visite éclair à Washington dimanche dernier pour participer à l’atelier tenu en marge des réunions annuelles de la Banque mondiale. Mohieddine a également étudié avec le nouveau président de la BM, Robert Zoellick, les projets bilatéraux.

Egypte
Ville de Moubarak
Quatorze entreprises internationales cherchent à investir dans cette ville. Trois d’entre elles veulent créer la première société égypto-sino-américane qui sera chargée de développer le secteur pharmaceutique. La valeur totale prévue des investissements s’élève à 62 millions de dollars. Le gouvernement étudie la transformation future de cette ville en une vallée de la technologie.

Egypte
Libéralisation
En marge de la Conférence euroméditerranéenne tenue à Barcelone 21 octobre dernier, Rachid Mohamad Rachid, le ministre du Commerce et de l’Industrie, s’est mis d’accord avec son homologue européen pour libéraliser le secteur des produits agricoles entre l’Egypte et l’Union Européenne (UE) en 2008. Rachid a précisé que cette mesure entraînera une hausse des exportations agricoles égyptiennes vers l’UE.


Banque Mondiale
Aides
Le nouveau président de la Banque Mondiale (BM), l’Américain Robert Zoellick, veut permettre à des entreprises privées de contribuer au financement de l’aide aux pays les plus pauvres, une innovation sujette à controverse. L’objectif est de collecter 33 milliards de dollars, par l’intermédiaire de l’AID (Association Internationale de Développement), organe de la BM, qui prête aux 81 pays dont les habitants ont un revenu de moins de 2 dollars par jour. La plupart d’entre eux se trouvent en Afrique subsaharienne.

Angola-Brésil
Prêt
Le président brésilien, Luis Inacio Lula Da Silva, a annoncé, le 18 octobre dernier, un prêt d’un milliard de dollars au gouvernement angolais, à l’occasion de discussions avec son homologue Jose Eduardo dos Santos à Luanda. Le prêt doit notamment financer le développement de la production de biocarburants et la construction d’une centrale hydroélectrique sur le fleuve Cunene, à la frontière sud avec la Namibie. Ce chantier sera mené par un consortium de compagnies brésiliennes, comme Odebrecht, Eltrobras, Furnas et Engevix, et la compagnie pétrolière publique angolaise, Sonangol. Lula s’est dit confiant dans la capacité des entreprises brésiliennes à trouver des solutions adaptées à l’Angola, et a souligné que les firmes angolaises étaient également présentes au Brésil.

 

 




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