Carte de Séjour.
Entretien avec le général Abdel-Hadi Badr, président de
l’Organisme des passeports et de l’émigration.
« La règle générale est d’accepter tout le monde »
Al-Ahram Hebdo : Y a-t-il des critères précis qui
déterminent l’obtention pour les étrangers de la résidence
en Egypte ?
Gén. Abdel-Hadi Badr :
C’est la loi 89 de l’année 1960 ainsi que les décrets
ministériels qui organisent l’obtention de la résidence en
Egypte. Le principe est de la délivrer sans contrainte. Le
but étant d’encourager les investissements et le tourisme.
Cependant, il existe certains critères qui définissent
l’obtention d’une résidence de six mois, d’une année, de
trois ans ou cinq ans, à savoir le casier judiciaire, le
pays d’origine, etc. Il faut signaler que la résidence est
typiquement liée à la souveraineté du pays. Ce sont ses
intérêts, sa sécurité et les conventions qu’elle a signées
qui précisent alors l’entrée et sortie de tout étranger.
— Mais d’aucuns estiment que certaines nationalités ont plus
de facilités à obtenir la résidence tandis que d’autres,
notamment de pays arabes, ont des difficultés pour l’avoir.
Pouvez-vous justifier cela ?
— La règle générale est d’accepter tout le monde. Et si
l’octroi de la résidence est plus aisé pour certains, c’est
parce que l’Egypte a signé des conventions avec quelques
pays européens pour la libre circulation de leurs
ressortissants, comme la France par exemple. Quant aux
Arabes, leur séjour est garanti. De plus, la majorité
d’entre eux ne paye aucun frais.
— Mais un citoyen américain ou un Français obtient la
résidence en une semaine alors que les ressortissants de
certains pays arabes doivent faire plusieurs allers et
retours au Mogammaa. Pourquoi donc cette discrimination ?
— Ce n’est pas vrai. Tout le monde peut avoir la résidence
en une semaine. Mais, il y a des cas d’exception ; certaines
personnes peuvent attendre un mois pour des raisons de
sécurité.
— Depuis un mois, on ne cesse de répéter au Mogammaa que les
visas pour les Iraqiens sont bloqués. Pourquoi ?
— Cette décision vient d’être annulée pour permettre de
rassembler les membres d’une famille désireuse de séjourner
en Egypte.
— Quelle est alors la nationalité qui représente la plus
grande communauté en Egypte ?
— Ce sont les Soudanais, car jusqu’en 1995, ceux-ci étaient
traités comme les Egyptiens.
— Y a-t-il des mesures que le ministère offre pour faciliter
l’obtention de la résidence ?
— Bien sûr. Un étranger peut renouveler sa résidence à
partir du commissariat le plus proche de son travail ou de
son domicile au lieu de se rendre au Mogammaa. D’ailleurs,
toutes les informations concernant les étrangers sont
disponibles. Et enfin, on a appliqué récemment le système de
l’autocollant au lieu du cachet pour être plus rapide.
D. D.