Al-Ahram Hebdo, Dossier | « La règle générale est d’accepter tout le monde »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

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Dossier

Carte de Séjour. Entretien avec le général Abdel-Hadi Badr, président de l’Organisme des passeports et de l’émigration. 

« La règle générale est d’accepter tout le monde » 

Al-Ahram Hebdo : Y a-t-il des critères précis qui déterminent l’obtention pour les étrangers de la résidence en Egypte ?

Gén. Abdel-Hadi Badr : C’est la loi 89 de l’année 1960 ainsi que les décrets ministériels qui organisent l’obtention de la résidence en Egypte. Le principe est de la délivrer sans contrainte. Le but étant d’encourager les investissements et le tourisme. Cependant, il existe certains critères qui définissent l’obtention d’une résidence de six mois, d’une année, de trois ans ou cinq ans, à savoir le casier judiciaire, le pays d’origine, etc. Il faut signaler que la résidence est typiquement liée à la souveraineté du pays. Ce sont ses intérêts, sa sécurité et les conventions qu’elle a signées qui précisent alors l’entrée et sortie de tout étranger.

— Mais d’aucuns estiment que certaines nationalités ont plus de facilités à obtenir la résidence tandis que d’autres, notamment de pays arabes, ont des difficultés pour l’avoir. Pouvez-vous justifier cela ?

— La règle générale est d’accepter tout le monde. Et si l’octroi de la résidence est plus aisé pour certains, c’est parce que l’Egypte a signé des conventions avec quelques pays européens pour la libre circulation de leurs ressortissants, comme la France par exemple. Quant aux Arabes, leur séjour est garanti. De plus, la majorité d’entre eux ne paye aucun frais.

— Mais un citoyen américain ou un Français obtient la résidence en une semaine alors que les ressortissants de certains pays arabes doivent faire plusieurs allers et retours au Mogammaa. Pourquoi donc cette discrimination ?

— Ce n’est pas vrai. Tout le monde peut avoir la résidence en une semaine. Mais, il y a des cas d’exception ; certaines personnes peuvent attendre un mois pour des raisons de sécurité.

— Depuis un mois, on ne cesse de répéter au Mogammaa que les visas pour les Iraqiens sont bloqués. Pourquoi ?

— Cette décision vient d’être annulée pour permettre de rassembler les membres d’une famille désireuse de séjourner en Egypte.

— Quelle est alors la nationalité qui représente la plus grande communauté en Egypte ?

— Ce sont les Soudanais, car jusqu’en 1995, ceux-ci étaient traités comme les Egyptiens.

— Y a-t-il des mesures que le ministère offre pour faciliter l’obtention de la résidence ?

— Bien sûr. Un étranger peut renouveler sa résidence à partir du commissariat le plus proche de son travail ou de son domicile au lieu de se rendre au Mogammaa. D’ailleurs, toutes les informations concernant les étrangers sont disponibles. Et enfin, on a appliqué récemment le système de l’autocollant au lieu du cachet pour être plus rapide.

D. D.

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 Une réglementation touffue 

La loi égyptienne donne droit à une résidence de 10 ans aux étrangers nés en Egypte avant le 26 mai 1952 ou à ceux qui ont séjourné depuis 20 ans avant cette date. Ce droit est garanti à tout étranger et sa famille remplissant ces conditions. Les étrangers et leurs enfants ayant séjourné 15 ans avant cette date ont droit à une résidence renouvelable tous les 5 ans. Une autre catégorie peut jouir de cette résidence de 5 ans, à l’exemple des investisseurs étrangers et leurs familles, les Egyptiens qui ont perdu la nationalité égyptienne pour avoir acquis une autre, les enfants de père naturalisé égyptien et les veuves financièrement autonomes à condition qu’elles soient à charge d’une famille. En outre, les étrangers âgés de 60 ans, habitant depuis plus de 10 ans en Egypte et ayant une source de revenus, ont droit à leur tour à une résidence de 5 ans, ainsi que les étrangers qui obéissent aux conditions mentionnées dans les conventions internationales ratifiées par l’Egypte. Autre catégorie, les veuves et les épouses d’Egyptiens qui n’ont pas la nationalité égyptienne ont aussi droit à une résidence de 5 ans.

La loi égyptienne donne droit à une résidence de 3 ans à d’autres catégories plus larges telles que les maris d’Egyptiennes, les enfants d’étrangers, mineurs ou majeurs dont les parents ont une résidence et une source de revenus, ainsi qu’aux étrangers qui travaillent dans le secteur public et les retraités qui bénéficient d’une pension de l’Organisme national des assurances. Les personnes âgées se trouvant en maison de retraite y ont droit ainsi que les veuves mariées à un étranger bénéficiant d’une résidence de longue durée. Certains Palestiniens bénéficient à leur tour d’une résidence de trois ans. Ce sont ceux qui travaillent dans l’administration du gouverneur général et les retraités ainsi que leurs enfants à condition qu’ils poursuivent leurs études en Egypte. Les Palestiniens qui vivent depuis 10 ans sur le territoire égyptien et ont un travail et des papiers délivrés par les autorités égyptiennes entrent dans la liste des bénéficiaires de cette résidence de 3 ans.

Une autre résidence de 3 mois, 6 mois ou une année est accordée aux étrangers qui séjournent en Egypte ainsi qu’à leurs familles, à condition d’avoir un permis de travail d’un secteur public ou privé. Les étudiants dans les institutions éducatives égyptiennes ainsi que leurs parents ont droit à une résidence d’une année. Les bénévoles qui y assument la responsabilité financière des œuvres caritatives bénéficient de cette résidence annuelle. L’époux d’une Egyptienne, une étrangère divorcée d’un Egyptien et qui a la garde des enfants ainsi que les parents du deuxième degré bénéficient de ce droit. Les personnes résidant en Egypte depuis 5 ans, ayant des revenus financiers, peuvent obtenir une résidence annuelle à travers des parents jusqu’au quatrième degré. D’autre part, les étrangers qui possèdent 50 000 dollars dans leur compte bancaire ou un logement estimé à cette valeur peuvent bénéficier selon la loi d’une résidence d’une année .

 




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