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 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

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Arts

Exposition. Le musée du Quai Branly, à Paris, accueille Diaspora, une exposition regroupant des artistes aux appartenances culturelles multiples. Un joyau des arts premiers au cœur de l’Europe.

Cultures d’ailleurs

Il est rare qu’un musée puisse conquérir le public dès le 1er jour de son ouverture comme le musée Branly, inauguré en juin 2006. Voulu ardemment par l’ex-président français Jacques Chirac, le Musée des arts premiers (non pas primitifs, considérés comme péjoratifs aux yeux de certains amoureux de la préhistoire) offre au public une très touchante exposition sur la diaspora où des artistes, toutes disciplines confondues, du monde entier viennent s’exprimer sur le thème sensible de la diaspora.

Le cinéaste égyptien, Yousri Nasrallah, y est d’ailleurs présent avec une intrigante œuvre sur le lac Nasser, rendant hommage à tous ces Nubiens qui autrefois ont « bien voulu » sacrifier leur terre ancestrale et leurs maisons pour le bien de tous. Son œuvre intitulée, Le Fond du lac, propose au visiteur de plonger dans une pièce, sorte d’aquarium, avec une entrée et cinq surfaces sur lesquelles sont projetées les images de l’installation. On voit l’immensité de ce lac artificiel de 500 km de longueur, depuis un bateau qui avance vers un horizon lointain. Des jeunes Nubiens nagent et lavent leurs linges dans le lac. D’autres, dont le visage est saisi dans des portraits assez serrés, sont sur le bateau. En regardant le sol, le visiteur s’aperçoit qu’il est au-dessus d’une maison nubienne ! Chaque mot qu’il prononce dans cette pièce est capté par des micros et lui ai renvoyé !

Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, nous a reçus pour donner une idée exacte sur la philosophie derrière cet établissement à multiples facettes et sur le succès de la manifestation consacrée au thème de la diaspora.

Passionné jusqu’au bout de ses doigts par les arts premiers, Stéphane Martin étale dès la première seconde son savoir et sa passion sans jamais perdre le fil presque idéologique de son établissement.

Il explique : « Avec l’exposition Diaspora, nous voulions présenter une image optimiste, voire raffinée de ce thème sensible. Quelque chose loin du discours du misérabiliste habituel lié à ce thème ».

Martin, qui ne peut parler sans avoir à la main le catalogue d’une exposition ou l’encyclopédie d’un thème relatif à sa passion, a tenu que cette exposition reçoive des artistes nouveaux, et surtout pas ceux que l’on invite à chaque fois.

Il souhaite donner au public un musée sans fantasme. « Notre musée, dit-il, n’est pas érigé à la gloire d’une idéologie ou d’une culture, il est fait pour qu’il soit un musée pour des usagers et non pas des visiteurs autrement dit, un musée qui rend des services tant aux visiteurs qu’aux chercheurs ».

Il est évident que le musée Branly arrive au juste moment où le rôle des cultures populaires est à la mode. C’est sans doute un nouvel ancrage culturel de la France dans les cultures qui viennent d’ailleurs et c’est tant mieux au moins pour contredire ceux qui nous parlent encore de chocs de cultures.

Ahmad Youssef

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