Musique.
Les sorties d’albums, d’habitude prolifiques pendant le
petit Baïram, ont été réduites cette année à peau de
chagrin. Les artistes en vogue estiment que le mois de
décembre sera bien plus vendeur.
Une occasion, mais pas de larron
C’était
la fête, mais sans nouveaux tubes. La faute au report de
sorties d’albums des stars du moment. Les raisons ? Elles
sont nombreuses. D’abord, dans un mois et demi, ce sera le
grand Baïram, lequel coïncide cette année avec Noël : cette
période sera alors bien plus propice aux ventes que pendant
le Ramadan ou le petit Baïram, estiment les professionnels
du secteur, troublé par deux flops. « L’expérience manquée
d’Ihab Tewfiq et de Tamer Hosni qui ont sorti des albums de
chansons religieuses durant le Ramadan, un mois où le public
opte d’habitude pour ce genre de chansons, a mis en garde
plusieurs chanteurs. D’autant plus que Tamer Hosni est un
des interprètes les plus vendus », souligne Sameh Morcos,
l’un des grands distributeurs en Egypte. C’est pourquoi des
artistes comme Samira Saïd, Mohamad Mounir et Chérine ont
préféré attendre un peu avant de lancer leurs nouveaux
titres. En outre, l’entreprise Rotana a surpris le marché
égyptien en réduisant le prix de tous ses CD de 35 ou 40
L.E. à 20 L.E. « Les sociétés égyptiennes de distribution
ont été prises au dépourvu. Elles n’auront pas le choix,
elles vont être obligées de suivre le pas très vite »,
ajoute Morcos.
Du coup, ce sont seulement deux albums qui ont vu le
jour pendant les fêtes : Wala noss kelma (pas un mot) de
Mohamad Fouad et Al-Dounia helwa (la vie est belle) de Nancy
Agram. Mais non sans nuire à leurs interprètes. « L’album de
Mohamad Fouad est sorti au Caire la veille de la fête du
petit Baïram, à 2h du matin. L’heure est incongrue, mais il
fallait anticiper les congés des transporteurs. Cet album
n’est pas sorti du Caire, il n’a même pas été distribué à
Alexandrie ou Charm Al-Cheikh, deux villes côtières très
friandes en achat de musique pendant les fêtes », affirme
Morcos. Produit par Rotana, l’album de Fouad comprend 10
chansons dépourvues de toute originalité. Les rythmes
varient entre slow, latin et maqsoum (rythme oriental) avec
cinq chansons composées par Walid Saad, deux par Mohamad
Fouad lui-même, deux par Mohamad Abdel-Moneim et une seule
par Mohamad Rohayem. Wala noss kelma, qui met fin à 3 ans de
silence de Fouad, rappelle ses anciens titres de la fin des
années 1980, avec en plus de vrais problèmes d’articulation.
Quant à l’album de Nancy Agram, attention, c’est piège !
Al-Dounia helwa peut sonner très nouveau pour ses fans qui
se précipiteront dessus. L’indication « Live » marquée sur
la pochette séduira aussi. Mais Al-Dounia helwa n’est
composé que de 8 chansons déjà très ressassées. Rien de
vraiment nouveau donc ici, et « cet album va nuire à la
jeune star qui compte sortir un nouveau CD avec le nouvel An
», commente Morcos.
Lamiaa
Al-Sadaty