Rd congo.
La situation demeure très instable dans le Nord-Kivu (est),
les forces dissidentes refusant de désarmer alors que
l’armée leur a lancé un ultimatum.
Blocage politique
Rien ne va plus au Nord-Kivu. L’armée et les forces
dissidentes de l’ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda
s’opposent dans une confrontation lourde de conséquences
pour cette région instable à l’est de la République
démocratique du Congo (RDC). Des soldats ralliés à Laurent
Nkunda ont fait une incursion sur un important axe routier,
entraînant de nouveaux déplacements de milliers de
villageois. Les soldats ralliés à Nkunda sont parvenus dans
la nuit de samedi à dimanche à Rugari (environ 35 km au nord
de la capitale provinciale Goma) et ont coupé brièvement la
route reliant Goma à Rutshuru, plus au nord, a précisé
Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Mission de
l’Onu en RDC (Monuc) au Nord-Kivu. « Nous avons
immédiatement envoyé une force de réaction rapide avec des
blindés et les insurgés se sont repliés dans les collines
plus à l’est à notre arrivée », a expliqué le porte-parole
militaire de la Monuc pour le Nord-Kivu, le major Prem Kumar
Piwari. En même temps, des accrochages étaient toujours
signalés entre des miliciens locaux Maï Maï, alliés du
gouvernement, et les insurgés dans les collines de Bunagana.
L’armée, qui a massé environ 20 000 hommes au Nord-Kivu pour
désarmer les quelque 5 000 Nkundistes, a appelé ces derniers
à se démobiliser, avant le lancement d’une vaste offensive
avant la fin de l’année.
Mais les
Nkundistes ont rejeté cet ultimatum et se sont dit prêts à
se défendre. Un proche de Laurent Nkunda a assuré que ses
troupes étaient prêtes à faire face à une offensive de
l’armée régulière dans le Nord-Kivu. « Notre avis est qu’ils
vont nous attaquer. Nous sommes prêts à nous défendre car
nous sommes conscients de nos forces », a déclaré le «
général » Bwambale Kakolele. Le chef de l’Etat congolais
Joseph Kabila a promis mercredi à Goma (est) de désarmer, si
besoin par « la force », les hommes ralliés à Laurent Nkunda.
Foyer de
rébellions qui ont déjà plongé le pays dans la guerre à deux
reprises (1996-1997 et 1998-2003), le Nord-Kivu est depuis
fin août le théâtre d’affrontements entre armée et soldats
dissidents ralliés à Nkunda. Tutsi congolais, Nkunda se pose
depuis des années en défenseur de sa minorité contre les
rebelles hutus rwandais des Forces Démocratiques de
Libération du Rwanda (FDLR), estimés par l’Onu à 6 000.
Certains de ces rebelles ont participé au génocide rwandais
de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis.
« Notre
position est inchangée : on a toujours dit qu’on devait se
mettre à une table pour voir ce qu’on peut faire pour
évacuer les forces négatives » (notamment les rebelles hutus
rwandais des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR)
de l’est de la RDC, a assuré le « général » Bwambale
Kakolele, proche de Laurent Nkunda. Ce dernier a affirmé
qu’il ne quitterait pas le maquis tant que les FDLR seraient
basées en RDC. Le gouvernement a appelé à plusieurs reprises
tous les soldats dissidents à se rendre et à adhérer au
processus national de réforme de l’armée, avant le lancement
d’une vaste offensive, probablement début novembre, selon
des sources militaires congolaises. Le « général » Kakolele
Bwambale a par ailleurs accueilli avec scepticisme l’annonce
par M. Kabila d’un plan du gouvernement congolais,
actuellement entre les mains du gouvernement rwandais et des
Nations-Unies, pour trouver une « solution définitive » au
problème des FDLR d’ici la fin de l’année. « Je ne vois pas
comment il (le président) va former des militaires capables
de battre les FDLR en si peu de temps », a-t-il estimé.
Les
violences dans le Nord-Kivu ont poussé des milliers de
Congolais à déserter les groupements de villages de Bunagana
et de Jomba, non loin de la frontière ougandaise, à environ
50 km au nord-est de Goma, notamment après d’intenses
combats entre les combattants de Laurent Nkunda et des
miliciens Maï Maï.
Hicham Mourad