Tchad.
La signature officielle de l’accord de paix récemment
paraphé a été reportée suite aux combats qui ont éclaté
cette semaine entre l’armée tchadienne et les ex-rebelles du
Front uni pour le changement.
Premières embûches à l’accord de paix
La
situation demeure tendue dans le nord du Tchad malgré le
calme annoncé par les autorités. En raison des derniers
accrochages entre ex-rebelles et militaires tchadiens, la
cérémonie de signature de l’accord de paix conclu le 3
octobre entre les quatre principaux mouvements rebelles et
le gouvernement, prévue pour le samedi 20 octobre à Tripoli,
a été reportée. Un document qualifié « d’accord définitif »
par N’Djamena, mais de « simple déclaration de principes »
par l’un des groupes rebelles, l’Union des Forces pour la
Démocratie et le Développement (UFDD). « Nous avons demandé
pour des raisons de calendrier de la médiation libyenne, de
reporter la réunion, éventuellement pour le 25 octobre
prochain », a déclaré le premier ministre tchadien
Nourredine Delwa Kassiré Coumakoye. « Il y a une intense
consultation tchado-libyenne pour décider du moment opportun
et des meilleures conditions acceptables pour tout le monde
», a déclaré à l’AFP un haut responsable tchadien, sous le
couvert de l’anonymat. « Par ailleurs, on se demande compte
tenu de la situation à l’Est si cette réunion peut toujours
avoir lieu », a-t-il ajouté. Partageant le même avis un chef
rebelle a renchéri en affirmant que la cérémonie « a été
reportée à cause de la situation dans l’Est entre l’armée
gouvernementale et le Front Uni pour le Changement (FUC) ».
Ces combats ont éclaté en raison du refus d’éléments du FUC,
une ex-rébellion signataire d’un précédent accord de paix,
de se brasser dans l’armée régulière, comme le prévoit
l’accord signé en décembre 2006 à Tripoli, aux termes duquel
ils doivent être désarmés et intégrés dans l’armée
gouvernementale. L’ex-chef du FUC, Mahamat Nour Abdelkerim,
nommé en mars dernier ministre de la Défense par le
président Idriss Deby Itno a appelé ses anciens compagnons
d’arme à intégrer l’armée. Dans un communiqué, il « informe
les éléments de l’ex-FUC que depuis la signature de l’accord
de paix signé à Tripoli le 26 décembre 2006, ceux-ci font
partie intégrante des Forces de défense et de sécurité ». Il
a demandé en tant que ministre de la Défense nationale à
tous les membres du FUC de poursuivre et d’achever
immédiatement le processus de réintégration dans les rangs
des forces de défense et de sécurité. Et que « tout élément
qui n’aura pas réintégré les Forces de défense et de
sécurité sera considéré comme élément déserteur ».
Or, depuis plusieurs semaines, les relations entre l’armée
et les éléments du FUC étaient très tendues dans l’Est —
frontalier du Darfour (ouest du Soudan) — que les
ex-rebelles sont chargés de sécuriser depuis la signature de
l’accord. Le 10 octobre, des éléments du FUC sont entrés en
dissidence et ont pris la direction de la frontière
soudanaise. Essayant de maîtriser la situation, le
gouvernement tchadien a décrété le 16 octobre l’état
d’urgence pour 12 jours dans le nord et l’est du Tchad. Le
Tchad avait déjà décrété entre novembre 2006 et mai 2007
l’état d’urgence sur l’essentiel de son territoire,
officiellement pour tenter d’enrayer des violences
intercommunautaires dans l’est du pays.
Malgré ces violences, le gouvernement tchadien entend
poursuivre le processus de paix avec les rebelles. « Le
gouvernement entend bien finaliser l’accord de paix » a
déclaré le ministre de la Communication, Hourmadji Moussa
Doumgor. D’un côté, les ministres des Affaires étrangères de
l’Union européenne ont donné la semaine dernière le feu vert
au déploiement d’une mission de maintien de la paix de
3 000 hommes dans l’est du Tchad, en proie depuis deux ans à
des violences attisées par la guerre civile au Darfour
voisin.
Maha
Salem