Al-Ahram Hebdo, Afrique | Premières embûches à l’accord de paix
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 octobre 2007, numéro 685

 

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Afrique

Tchad. La signature officielle de l’accord de paix récemment paraphé a été reportée suite aux combats qui ont éclaté cette semaine entre l’armée tchadienne et les ex-rebelles du Front uni pour le changement. 

Premières embûches à l’accord de paix 

La situation demeure tendue dans le nord du Tchad malgré le calme annoncé par les autorités. En raison des derniers accrochages entre ex-rebelles et militaires tchadiens, la cérémonie de signature de l’accord de paix conclu le 3 octobre entre les quatre principaux mouvements rebelles et le gouvernement, prévue pour le samedi 20 octobre à Tripoli, a été reportée. Un document qualifié « d’accord définitif » par N’Djamena, mais de « simple déclaration de principes » par l’un des groupes rebelles, l’Union des Forces pour la Démocratie et le Développement (UFDD). « Nous avons demandé pour des raisons de calendrier de la médiation libyenne, de reporter la réunion, éventuellement pour le 25 octobre prochain », a déclaré le premier ministre tchadien Nourredine Delwa Kassiré Coumakoye. « Il y a une intense consultation tchado-libyenne pour décider du moment opportun et des meilleures conditions acceptables pour tout le monde », a déclaré à l’AFP un haut responsable tchadien, sous le couvert de l’anonymat. « Par ailleurs, on se demande compte tenu de la situation à l’Est si cette réunion peut toujours avoir lieu », a-t-il ajouté. Partageant le même avis un chef rebelle a renchéri en affirmant que la cérémonie « a été reportée à cause de la situation dans l’Est entre l’armée gouvernementale et le Front Uni pour le Changement (FUC) ».

Ces combats ont éclaté en raison du refus d’éléments du FUC, une ex-rébellion signataire d’un précédent accord de paix, de se brasser dans l’armée régulière, comme le prévoit l’accord signé en décembre 2006 à Tripoli, aux termes duquel ils doivent être désarmés et intégrés dans l’armée gouvernementale. L’ex-chef du FUC, Mahamat Nour Abdelkerim, nommé en mars dernier ministre de la Défense par le président Idriss Deby Itno a appelé ses anciens compagnons d’arme à intégrer l’armée. Dans un communiqué, il « informe les éléments de l’ex-FUC que depuis la signature de l’accord de paix signé à Tripoli le 26 décembre 2006, ceux-ci font partie intégrante des Forces de défense et de sécurité ». Il a demandé en tant que ministre de la Défense nationale à tous les membres du FUC de poursuivre et d’achever immédiatement le processus de réintégration dans les rangs des forces de défense et de sécurité. Et que « tout élément qui n’aura pas réintégré les Forces de défense et de sécurité sera considéré comme élément déserteur ».

Or, depuis plusieurs semaines, les relations entre l’armée et les éléments du FUC étaient très tendues dans l’Est — frontalier du Darfour (ouest du Soudan) — que les ex-rebelles sont chargés de sécuriser depuis la signature de l’accord. Le 10 octobre, des éléments du FUC sont entrés en dissidence et ont pris la direction de la frontière soudanaise. Essayant de maîtriser la situation, le gouvernement tchadien a décrété le 16 octobre l’état d’urgence pour 12 jours dans le nord et l’est du Tchad. Le Tchad avait déjà décrété entre novembre 2006 et mai 2007 l’état d’urgence sur l’essentiel de son territoire, officiellement pour tenter d’enrayer des violences intercommunautaires dans l’est du pays.

Malgré ces violences, le gouvernement tchadien entend poursuivre le processus de paix avec les rebelles. « Le gouvernement entend bien finaliser l’accord de paix » a déclaré le ministre de la Communication, Hourmadji Moussa Doumgor. D’un côté, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont donné la semaine dernière le feu vert au déploiement d’une mission de  maintien de la paix de 3 000 hommes dans l’est du Tchad, en proie depuis deux ans à des violences attisées par la guerre civile au Darfour voisin.

Maha Salem

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