Insolite .
Un philanthrope a lancé un concours mondial pour élire via
le Net les Sept nouvelles Merveilles du monde. Une
entreprise farfelue qui a attiré jusqu’à présent 20 millions
de votes.
Le Mondial des Merveilles
De
nouvelles Sept Merveilles du monde ? Pour quoi faire ?
Certes, rien n’empêche de prendre toutes les initiatives et
que l’on tente à chaque époque de voir les choses autrement.
La pensée n’est pas un luxe comme d’aucuns l’avancent. Et
comme nous voilà à l’ère d’Internet, le vote populaire
devient plus facile. Ainsi, un philanthrope a-t-il lancé un
concours mondial pour élire en ligne les Sept nouvelles
Merveilles du monde. En juillet 2007, ce sera
l’aboutissement de cette vaste opération lancée en l’an 2000
à l’Opéra de Sydney, à l’initiative des fondations The New
Open World et The New 7 Wonders Foundations de Bernard
Weber. Il s’agit d’un homme au parcours original : aviateur
et globe-trotter, il a été assistant du réalisateur italien
Federico Fellini puis producteur de film mais aussi curateur
de la Fondation Musée Le Corbusier. Il s’est entouré de
personnalités comme Denis Hooper (l’acteur), Bernard Picard
(recordman du Tour du monde), César Pelli (architecte des
Petronas Towers en Malaisie) ou encore Federico Mayor
(ex-président de l’Unesco).
Les
commanditaires ont mené une campagne afin de sensibiliser
l’opinion publique sur les risques de destruction et les
dangers qui guettent l’humanité. Cette vaste opération «
Citoyen du monde » fait revivre le mythe des Sept Merveilles
du monde. Parmi 77 monuments mondialement nommés en 2005, 21
ont été présélectionnés par une équipe d’experts
internationaux pour l’élection des Sept nouvelles Merveilles
du monde. Pour le moment, l’Acropole d’Athènes (Grèce)
caracole en tête du classement (lire encadré) suivi de
l’Alhambra de Grenade (Espagne), Angkor Vat (Cambodge),
Chichén Itzá (Mexique) et la Statue du Christ rédempteur à
Rio de Janeiro (Brésil). La Pyramide de Guiza, notre fierté
nationale n’est que 16e. Faut-il s’en plaindre ? Il est
évident qu’il n’y a eu aucun vote de la part des Egyptiens.
De toute façon, il ne devrait pas s’agir d’un concours entre
nations et civilisations, qui constituerait une sorte de
Mondial des merveilles. Pour le moment on ne peut que
relever les critiques faites sur cette liste et relevées sur
les sites Internet, s’agissant essentiellement d’un concours
sur le Net. On dit donc que cette liste souffre d’une
importante focalisation sur des ouvrages réalisés sur le
continent américain, ce qui relativise l’objectivité
recherchée par l’Association américaine des ingénieurs en
génie civil dans l’établissement d’une telle liste. Par
ailleurs, la notion de « Sept Merveilles du monde moderne »
fait référence aux Sept Merveilles du monde antique, mais
elle pose la question du sens du terme « merveille » employé
dans le cas présent. Les critères de sélection avancés ont
été les suivants : avant-gardisme du design et de la
construction, prouesse d’ingénierie et contribution à
l’humanité. C’est dire que ce sont les exploits techniques
de tel ou tel ouvrage qui sont mis en valeur. La qualité
esthétique des constructions modernes et techniques comme
les barrages et les tunnels reste à démontrer. C’est
pourquoi la portée réelle d’une telle liste doit être
relativisée.
De plus, concernant les Sept Merveilles du monde antique,
elles participent de l’esprit de l’imaginaire et de la
fantaisie. De ces monuments il ne reste que la Pyramide de
Guiza. Les autres relèvent du charme de la fiction.
L’énumération est due à Philon de Byzance au IIIe siècle av.
J.-C. L’auteur, qui est alexandrin, donne la liste de
manière formelle dans son ouvrage, intitulé Sur les Sept
Merveilles du monde. Ce sont les Pyramides de Guiza, les
Jardins suspendus de Babylone, la Statue de Zeus à Olympie,
le Colosse de Rhodes, le Temple d’Artémis à Ephèse, le
Mausolée d’Halicarnasse et le Phare d’Alexandrie.
D’ailleurs, Bernard Weber l’a bien dit : « J’ai toujours été
fasciné par l’Histoire et par ce mythe ». Il y a eu 20
millions de votes jusqu’à présent. C’est dire que le
légendaire fascine toujours .
Ahmed
Loutfi