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  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 janvier 2007, numéro 646

 

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Voyages

Evasion. La surprise et l’émerveillement sont toujours au rendez-vous dans cette Egypte que l’on ne finit pas de redécouvrir chaque jour. Suivez le guide.

Le tour de l’Egypte en 9 jours

Il n’existait que la passion pour l’aventure et la photographie qui ont réussi à unir ce groupe de 22 personnes, entre 10 et 62 ans, pour entamer ce périple qui a duré 9 jours et 8 nuits. Et l’occasion qui se présentait était le long congé du Nouvel an et du Grand Baïram, soit du 29 décembre 2006 au 6 janvier 2007. Eh bien oui, nous avons passé le réveillon de la nouvelle année dans le désert.

 

Journée 1
Du Caire à Bahariya

Suivant les indications de notre leader expérimenté, Amr Orensa, notre première rencontre s’était fixée vendredi 29 décembre à 7h du matin dans la station On the Run à la ville du 6 Octobre. Pointage complet et empressé de l’essence, des fluides et de l’air des pneus de nos voitures 4x4, puis l’itinéraire démarre. Il faudra 4 heures pour arriver à notre première station, l’oasis de Bahariya, la plus proche de la vallée du Nil. Au 323e kilomètre, nous commençons la descente des oasis et passons en premier par Bawiti. La visite rapide du musée de l’héritage des Oasis suscite émerveillement et fascination : des dizaines de momies, inconnues pour la plupart, entassées en attendant d’être vues et admirées. Elles ne sont qu’un maigre échantillon des 10 000 momies romaines présumées être enfouies dans cette région des oasis. Découvertes par qui ? Par un âne qui, par pur bonheur, tomba dans un gouffre. Pour le faire sortir, il fallait remuer le sable et en le remuant, les momies sortaient une à une, constituant ainsi la Vallée des momies d’or … La visite d’un petit temple, celui de Aïn Al-Muftillah découvert par l’explorateur allemand Steindorff en 1901, consacré principalement au dieu Bes, patron de la musique et de la danse. Nous nous arrêtons ensuite devant les magnifiques collines couvertes d’Oxyde de fer que l’on surnomme « Désert noir ». Une fois les voitures stoppées, les portes s’ouvrent et en courant, plusieurs tentatives d’escalade de la colline se font, comme pour conquérir les difficultés et échapper au poids de la vie quotidienne en montant haut vers le ciel.

 

Journée 2
De Bahariya au Désert blanc

Réveil à 7h du matin dans notre écolodge constitué de huttes fabriquées de paille et de palmes, qui donne directement sur les collines du désert noir. Nous reprenons notre route vers le sud. Sur notre chemin vers le « Désert blanc », surnommé ainsi pour sa nature calcaire, un arrêt à ce que l’on appelle « Mont de cristal » connu pour ses pierres en quartz, s’impose. Ensuite, une chevauchée ardue pendant 60 minutes avec nos 4x4 rendait notre journée des plus aventureuses. Cependant, l’on ne pouvait pas quitter les lieux sans être sûr que toutes les voitures étaient sorties du sable. Le feu de camp allumé par les quelques gros troncs d’arbres a réchauffé notre nuit, passée sous les tentes au clair de lune. Pour le souper, une délicieuse soupe aux champignons était préparée par notre collègue et cordon bleu Sherin Saba. Les toilettes naturelles se trouvaient à droite, pour les filles, et à gauche, pour les garçons.

 

Journée 3
Du Désert blanc à Farafra

Le réveil de cette journée eut lieu aux premières lumières du petit matin. Les séances de photographies commencent elles aussi très tôt pour profiter des ombres que causaient les maigres rayons de soleil sur les rocs et les collines. Nous prenons la route vers l’oasis de Farafra. C’est une oasis qui stimule son visiteur à vouloir chercher, découvrir. Là, où que l’on soit dans le grand Désert occidental, Farafra est quelque part à côté.

Un long arrêt au Musée local de l’artiste Badr Abdel-Moghni nous révèle la beauté de l’artisanat bédouin de cette région : gants et chaussons en laine de chameau, sculptures en pierres colorées, vanneries et tapis de fabrication locale, de quoi assoupir la soif des amateurs de l’art naïf. Notre deuxième nuit dans la nature coïncidait avec le réveillon du Nouvel An. Avec notre soupe habituelle, un feu de camp, et beaucoup de musique, le compte à rebours se faisait. C’était 2007 qui s’annonçait dans le froid, mais aussi dans la joie.

 

Journée 4
De Farafra à Kharga

Plusieurs arrêts ont marqué cette journée. Le petit village historique de Qasr, qui remonte à l’époque islamique des Ayyoubides, conserve toujours ses ruelles étroites avec leurs portes basses, qui empêchaient les cavaliers d’y pénétrer. Il est curieux aussi de voir le minaret de l’ancienne mosquée intact et de remarquer les produits de poterie et de vannerie de cette région. Ensuite aux environs de Dakhla, une minuscule ville antique, Mout, nous révèle des vestiges qui remontent à l’époque romaine. L’ancien quartier avec ses ruelles tournantes, sombres et chaleureuses est inhabité. Aujourd’hui, Mout est le chef-lieu de l’oasis de Dakhla. Il nous faut encore faire 170 km pour atteindre Kharga, notre prochaine station. Fatigués ou presque, à la fin de deux journées consécutives dans le désert, un bon bain chaud à l’hôtel ranimera l’esprit de chacun d’entre nous.

 

Journée 5
De Kharga à Louqsor

Ce qui caractérise Kharga, c’est qu’elle renferme les plus anciennes tombes chrétiennes de monde. Les cimetières de Bagawat qui remontent aux deux premiers siècles de notre ère se représentent par leurs coupoles en briques crues et sur lesquelles nous trouvons des peintures s’inspirant des histoires de la Bible, le livre sacré des chrétiens. Depuis Abraham jusqu’à Jésus, en passant par Moïse et tant d’autres. Tous les prophètes y figurent. Le temple d’Hibis, dédié au dieu égyptien Amon-Rê, est toujours en restauration. Ensuite, une visite au Musée de Kharga fait le point sur le riche héritage antique de cette région accumulé au fil des siècles : du temps des pharaons, en passant par l’époque gréco-romaine, ensuite byzantine et islamique, tout y est. Nous sortons maintenant de Kharga en direction de Louqsor. Sur notre chemin, nous nous arrêtons à l’oasis de Mex, où l’on contemple les palmiers de doum, à plusieurs branches. Plus encore en avant, nous passons par Douch, un village d’agriculteurs depuis l’Antiquité et dans lequel la mission archéologique française mène des travaux depuis 1976. C’est grâce à l’existence du temple romain d’à côté que le fameux trésor de Douch fut découvert. Il est aujourd’hui exposé au Musée égyptien du Caire. Mais attention, dans deux heures nous verrons le tiers du patrimoine mondial. Louqsor.

 

Journée 6
Sur la rive ouest du Nil

La nécropole thébaine enfouie au cœur des collines de la rive ouest du Nil a toujours suscité la curiosité des explorateurs ces derniers siècles. Mystique et symbolique, cette région de Louqsor possède un charme particulier qui ne cesse d’attirer les touristes. Au menu, un amalgame de tombes et de temples pharaoniques, des terres agricoles et des maisons de type rural éparpillées ici et là sur les montagnes. Une nature complète, à laquelle s’ajoute le goût singulier de notre écolodge, dirigé par une Suisse amoureuse de l’Egypte. Et la visite s’annonce chargée : Temple de la reine Hatchepsout, Ramesseum, Madinet Habou puis le fameux Son et Lumière autour du Lac sacré du temple de Karnak, cette fois-ci sur la rive est, la ville des vivants.

 

Journée 7
De Edfou à Marsa Alam

Se réveiller à 4h du matin. Nous prenons dans deux heures une Montgolfière pour voler sur la rive ouest et voir de haut la nécropole thébaine avec sa somptueuse richesse. Mais pourquoi si tôt ? Pour une raison bien toute simple. L’air du ballon est chauffé et c’est en opposition au froid de l’aube que la Montgolfière s’envole. Une promenade de rêves mais aussi d’appréhension, pendant 40 minutes. Nous atterrissons tout doucement et légèrement quand notre commandant diminue la température de l’air du ballon. C’est à partir de Edfou que nous entreprenons la route vers Marsa Alam vers l’est, sur la mer Rouge. Or à Edfou, existe le grand temple que Ramsès II a construit pour honorer Horus, le troisième dieu de la Triade égyptienne la plus connue : Isis, Osiris et Horus. Au revoir antiquités et bienvenue plage et mer. Nous y arrivons à la tombée de la nuit.

 

Journée 8
A Marsa Alam

Cette ville se situe à 870 km au sud du Caire sur les côtes de la mer Rouge.

C’est une station balnéaire encore non investie. Localité idéale pour tous ceux et celles qui adorent la nature vierge. Dans un décor purement bédouin, les plafonds de nos cabines, ou plutôt de nos huttes sont fabriqués de rameaux, alors que les portes sont faites en bois, style rural brut, comportant chacune une longue manette incrustée. Il fait froid et nous ne pouvons nager ou plonger. Une promenade en haute mer en direction de la « Résidence des dauphins » marque la journée qui se termine en vomissements. Les vagues sont hautes et le mal de mer attaque plusieurs membres de notre groupe. Quand ils se rappellent ce qui s’était passé, ils se mettent à rire … Il fallait juste ne pas manger à bord et tout se serait bien passé.

 

Journée 9
De Marsa Alam au Caire

Samedi 6 janvier, c’est le jour du grand retour. Nous quittons Marsa Alam à 6h du matin en route vers Le Caire. Un arrêt à Safaga pour ajouter de l’essence, puis un deuxième à Al-Gouna pour le petit-déjeuner. Le groupe s’éclate. Les premiers arrivent au Caire à 6h de l’après-midi. Les autres suivront plus tard à cause d’un pneu qu’il faut arranger, ou à cause d’une glace qu’il faut manger.

J’arrive chez moi et je pense déjà aux photos que je mettrai dans mon article pour montrer la splendeur de ce que j’ai vu et vécu. A vous le tour.

Loula Lahham

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Pour
en savoir plus

The Western Desert of Egypt, An Explorer Handbook (Le Désert occidental d’Egypte, Guide du voyageur) de Cassandra Vivian, publié par l’Université américaine du Caire, 2006.

2 études du fameux égyptologue Ahmad Fakhri : The Necropolis of Bagawat in Kharga Oasis et The oases of Egypt : Bahariyah and Farafra Oases, publiés aussi par l’Université américaine du Caire.

Les Oasis d’Egypte dans l’Antiquité : Des origines au deuxième millénaire av. J.-C. de Michel Valloggia, publié par Infolio, 2004.

 

Guide pratique et pas cher

— A Bahariya, l’écolodge le moins cher est le Bedouin Village.

Pour camper dans le Désert blanc, contacter M. Abdel-Aal, fournisseur de voiture tout-terrain, avec ou sans guide du désert. Portable : 012 735 20 15.

Important : amener avec soi ses vivres (+ eau).

— Dans la ville de Kharga, il existe 2 hôtels deux étoiles. Les chambres doubles sont propres et munies de salles de bain privées. Contacter Kharga Oasis Hotel au 092 921 500.

— Sur la rive ouest du Nil existent plusieurs écolodges, dont Al-Marsam. Contacter le 095 237 24 03.

 

 

 

 




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