Evasion.
La surprise et l’émerveillement sont toujours au rendez-vous
dans cette Egypte que l’on ne finit pas de redécouvrir
chaque jour. Suivez le guide.
Le tour de l’Egypte en 9 jours
Il
n’existait que la passion pour l’aventure et la photographie
qui ont réussi à unir ce groupe de 22 personnes, entre 10 et
62 ans, pour entamer ce périple qui a duré 9 jours et 8
nuits. Et l’occasion qui se présentait était le long congé
du Nouvel an et du Grand Baïram, soit du 29 décembre 2006 au
6 janvier 2007. Eh bien oui, nous avons passé le réveillon
de la nouvelle année dans le désert.
Journée 1
Du Caire à Bahariya
Suivant
les indications de notre leader expérimenté, Amr Orensa,
notre première rencontre s’était fixée vendredi 29 décembre
à 7h du matin dans la station On the Run à la ville du 6
Octobre. Pointage complet et empressé de l’essence, des
fluides et de l’air des pneus de nos voitures 4x4, puis
l’itinéraire démarre. Il faudra 4 heures pour arriver à
notre première station, l’oasis de Bahariya, la plus proche
de la vallée du Nil. Au 323e kilomètre, nous commençons la
descente des oasis et passons en premier par Bawiti. La
visite rapide du musée de l’héritage des Oasis suscite
émerveillement et fascination : des dizaines de momies,
inconnues pour la plupart, entassées en attendant d’être
vues et admirées. Elles ne sont qu’un maigre échantillon des
10 000 momies romaines présumées être enfouies dans cette
région des oasis. Découvertes par qui ? Par un âne qui, par
pur bonheur, tomba dans un gouffre. Pour le faire sortir, il
fallait remuer le sable et en le remuant, les momies
sortaient une à une, constituant ainsi la Vallée des momies
d’or … La visite d’un petit temple, celui de Aïn
Al-Muftillah découvert par l’explorateur allemand Steindorff
en 1901, consacré principalement au dieu Bes, patron de la
musique et de la danse. Nous nous arrêtons ensuite devant
les magnifiques collines couvertes d’Oxyde de fer que l’on
surnomme « Désert noir ». Une fois les voitures stoppées,
les portes s’ouvrent et en courant, plusieurs tentatives
d’escalade de la colline se font, comme pour conquérir les
difficultés et échapper au poids de la vie quotidienne en
montant haut vers le ciel.
Journée 2
De Bahariya au Désert blanc
Réveil à 7h du matin dans notre écolodge constitué de huttes
fabriquées de paille et de palmes, qui donne directement sur
les collines du désert noir. Nous reprenons notre route vers
le sud. Sur notre chemin vers le « Désert blanc », surnommé
ainsi pour sa nature calcaire, un arrêt à ce que l’on
appelle « Mont de cristal » connu pour ses pierres en
quartz, s’impose. Ensuite, une chevauchée ardue pendant 60
minutes avec nos 4x4 rendait notre journée des plus
aventureuses. Cependant, l’on ne pouvait pas quitter les
lieux sans être sûr que toutes les voitures étaient sorties
du sable. Le feu de camp allumé par les quelques gros troncs
d’arbres a réchauffé notre nuit, passée sous les tentes au
clair de lune. Pour le souper, une délicieuse soupe aux
champignons était préparée par notre collègue et cordon bleu
Sherin Saba. Les toilettes naturelles se trouvaient à
droite, pour les filles, et à gauche, pour les garçons.
Journée 3
Du Désert blanc à Farafra
Le
réveil de cette journée eut lieu aux premières lumières du
petit matin. Les séances de photographies commencent elles
aussi très tôt pour profiter des ombres que causaient les
maigres rayons de soleil sur les rocs et les collines. Nous
prenons la route vers l’oasis de Farafra. C’est une oasis
qui stimule son visiteur à vouloir chercher, découvrir. Là,
où que l’on soit dans le grand Désert occidental, Farafra
est quelque part à côté.
Un long arrêt au Musée local de l’artiste Badr Abdel-Moghni
nous révèle la beauté de l’artisanat bédouin de cette région
: gants et chaussons en laine de chameau, sculptures en
pierres colorées, vanneries et tapis de fabrication locale,
de quoi assoupir la soif des amateurs de l’art naïf. Notre
deuxième nuit dans la nature coïncidait avec le réveillon du
Nouvel An. Avec notre soupe habituelle, un feu de camp, et
beaucoup de musique, le compte à rebours se faisait. C’était
2007 qui s’annonçait dans le froid, mais aussi dans la joie.
Journée 4
De Farafra à Kharga
Plusieurs
arrêts ont marqué cette journée. Le petit village historique
de Qasr, qui remonte à l’époque islamique des Ayyoubides,
conserve toujours ses ruelles étroites avec leurs portes
basses, qui empêchaient les cavaliers d’y pénétrer. Il est
curieux aussi de voir le minaret de l’ancienne mosquée
intact et de remarquer les produits de poterie et de
vannerie de cette région. Ensuite aux environs de Dakhla,
une minuscule ville antique, Mout, nous révèle des vestiges
qui remontent à l’époque romaine. L’ancien quartier avec ses
ruelles tournantes, sombres et chaleureuses est inhabité.
Aujourd’hui, Mout est le chef-lieu de l’oasis de Dakhla. Il
nous faut encore faire 170 km pour atteindre Kharga, notre
prochaine station. Fatigués ou presque, à la fin de deux
journées consécutives dans le désert, un bon bain chaud à
l’hôtel ranimera l’esprit de chacun d’entre nous.
Journée 5
De Kharga à Louqsor
Ce qui caractérise Kharga, c’est qu’elle renferme les plus
anciennes tombes chrétiennes de monde. Les cimetières de
Bagawat qui remontent aux deux premiers siècles de notre ère
se représentent par leurs coupoles en briques crues et sur
lesquelles nous trouvons des peintures s’inspirant des
histoires de la Bible, le livre sacré des chrétiens. Depuis
Abraham jusqu’à Jésus, en passant par Moïse et tant
d’autres. Tous les prophètes y figurent. Le temple d’Hibis,
dédié au dieu égyptien Amon-Rê, est toujours en
restauration. Ensuite, une visite au Musée de Kharga fait le
point sur le riche héritage antique de cette région accumulé
au fil des siècles : du temps des pharaons, en passant par
l’époque gréco-romaine, ensuite byzantine et islamique, tout
y est. Nous sortons maintenant de Kharga en direction de
Louqsor. Sur notre chemin, nous nous arrêtons à l’oasis de
Mex, où l’on contemple les palmiers de doum, à plusieurs
branches. Plus encore en avant, nous passons par Douch, un
village d’agriculteurs depuis l’Antiquité et dans lequel la
mission archéologique française mène des travaux depuis
1976. C’est grâce à l’existence du temple romain d’à côté
que le fameux trésor de Douch fut découvert. Il est
aujourd’hui exposé au Musée égyptien du Caire. Mais
attention, dans deux heures nous verrons le tiers du
patrimoine mondial. Louqsor.
Journée 6
Sur la rive ouest du Nil
La
nécropole thébaine enfouie au cœur des collines de la rive
ouest du Nil a toujours suscité la curiosité des
explorateurs ces derniers siècles. Mystique et symbolique,
cette région de Louqsor possède un charme particulier qui ne
cesse d’attirer les touristes. Au menu, un amalgame de
tombes et de temples pharaoniques, des terres agricoles et
des maisons de type rural éparpillées ici et là sur les
montagnes. Une nature complète, à laquelle s’ajoute le goût
singulier de notre écolodge, dirigé par une Suisse amoureuse
de l’Egypte. Et la visite s’annonce chargée : Temple de la
reine Hatchepsout, Ramesseum, Madinet Habou puis le fameux
Son et Lumière autour du Lac sacré du temple de Karnak,
cette fois-ci sur la rive est, la ville des vivants.
Journée 7
De Edfou à Marsa Alam
Se réveiller à 4h du matin. Nous prenons dans deux heures
une Montgolfière pour voler sur la rive ouest et voir de
haut la nécropole thébaine avec sa somptueuse richesse. Mais
pourquoi si tôt ? Pour une raison bien toute simple. L’air
du ballon est chauffé et c’est en opposition au froid de
l’aube que la Montgolfière s’envole. Une promenade de rêves
mais aussi d’appréhension, pendant 40 minutes. Nous
atterrissons tout doucement et légèrement quand notre
commandant diminue la température de l’air du ballon. C’est
à partir de Edfou que nous entreprenons la route vers Marsa
Alam vers l’est, sur la mer Rouge. Or à Edfou, existe le
grand temple que Ramsès II a construit pour honorer Horus,
le troisième dieu de la Triade égyptienne la plus connue :
Isis, Osiris et Horus. Au revoir antiquités et bienvenue
plage et mer. Nous y arrivons à la tombée de la nuit.
Journée 8
A Marsa Alam
Cette ville se situe à 870 km au sud du Caire sur les côtes
de la mer Rouge.
C’est une station balnéaire encore non investie. Localité
idéale pour tous ceux et celles qui adorent la nature
vierge. Dans un décor purement bédouin, les plafonds de nos
cabines, ou plutôt de nos huttes sont fabriqués de rameaux,
alors que les portes sont faites en bois, style rural brut,
comportant chacune une longue manette incrustée. Il fait
froid et nous ne pouvons nager ou plonger. Une promenade en
haute mer en direction de la « Résidence des dauphins »
marque la journée qui se termine en vomissements. Les vagues
sont hautes et le mal de mer attaque plusieurs membres de
notre groupe. Quand ils se rappellent ce qui s’était passé,
ils se mettent à rire … Il fallait juste ne pas manger à
bord et tout se serait bien passé.
Journée 9
De Marsa Alam au Caire
Samedi 6 janvier, c’est le jour du grand retour. Nous
quittons Marsa Alam à 6h du matin en route vers Le Caire. Un
arrêt à Safaga pour ajouter de l’essence, puis un deuxième à
Al-Gouna pour le petit-déjeuner. Le groupe s’éclate. Les
premiers arrivent au Caire à 6h de l’après-midi. Les autres
suivront plus tard à cause d’un pneu qu’il faut arranger, ou
à cause d’une glace qu’il faut manger.
J’arrive chez moi et je pense déjà aux photos que je mettrai
dans mon article pour montrer la splendeur de ce que j’ai vu
et vécu.
A vous
le tour.
Loula
Lahham