Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 janvier 2007, numéro 646

 

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Opinion

Moustafa Al-Saeed
Ancien ministre de l’Economie

Salama A. Salama

Abdallah Al-Achaal
 Politologue

 

Mohamad Sakrane Professeur de droit à l’Université de Aïn-Chams

Ibrahim Nafie
 


Edito

Le mal de Bagdad 

Quiconque s’aventure aujourd’hui hors de son quartier dans la capitale iraqienne s’expose à être enlevé, à un barrage sauvage de miliciens encagoulés, ou à une rafle dans les transports en commun. Des dizaines d’habitants de Bagdad sont ainsi kidnappés chaque jour dans les rues de la ville : en sortant de chez eux, au travail, ou au hasard d’une mauvaise rencontre. Leurs cadavres sont retrouvés dans un fossé ou sur un terrain vague, les mains attachées au dos par du fil électrique.

Omniprésente, cette violence ordinaire touche presque exclusivement des civils et a bouleversé le quotidien des Bagdadis. Chaque famille a son histoire, presque toujours la même : un frère, un père, un cousin disparaît sans aucune explication. Soupçonnée de complicité avec les kidnappeurs, la police est rarement sollicitée.

Avec « toujours le même modus operandi, le kidnapping est pratiqué indistinctement par les groupes armés des deux bords », constate l’Onu, dans son dernier rapport sur les droits de l’homme, qui estime que 94 civils iraqiens ont été tués chaque jour en moyenne en 2006, dont la moitié à Bagdad. Ces enlèvements visent d’abord l’intimidation des populations dans la lutte que se livrent milices chiites et insurgés sunnites pour le contrôle des quartiers mixtes de Bagdad. Pour les milices chiites, ils sont également une riposte aux attentats aveugles commis dans les zones chiites par les « takfiris » (extrémistes sunnites) et leurs alliés d’Al-Qaëda.

Le phénomène des enlèvements n’est pas nouveau. Il a débuté dès la chute de Saddam Hussein en 2003. Perpétrés par la brigade Badr (bras armé du Conseil suprême de la révolution islamique, le principal parti chiite), ils visaient alors en priorité les « moukhabarats » (agents de services de renseignements), les membres du parti Baas (au pouvoir) et les officiers de l’armée de Saddam. Il y avait également des enlèvements crapuleux, qui visaient les Iraqiens de retour d’exil. Puis les kidnappings ont suivi la courbe exponentielle des violences confessionnelles en 2006.

Le nouveau plan de sécurité de Bagdad promis par le premier ministre Nouri Al-Maliki et le président George W. Bush permettra-t-il d’endiguer ce phénomène meurtrier ? Beaucoup en doutent, en particulier chez les sunnites. Une récente série de spectaculaires rapts collectifs menés en plein jour au cœur de la ville par des hommes en uniforme des forces de sécurité a jeté encore un peu plus le discrédit sur la police, notoirement infiltrée par les milices chiites . 

 




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