Al-Ahram Hebdo,Dossier | Du partage de la galette des lois
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 

 Semaine du 24 au 30 janvier 2007, numéro 646

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Kiosque

  Société

  Arts

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Loisirs

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Dossier

Pouvoir. Au-delà de l’effet corruption, l’accès au Parlement constitue également un excellent marchepied pour influer sur la politique économique du pays. 

Du partage de la galette des lois 

Ahmad Ezz, président de la commission du budget, Mohamad Aboul-Einein, président de la commission de l’industrie, Moustapha Al-Sallab, vice-président de la commission de l’industrie, Hani Sourour, vice-président de la commission de la santé, Tareq Talaat Moustapha, président de la commission de l’habitat. Tous d’importants hommes d’affaires. Plus que la moitié des commissions du Parlement voient à leur tête des hommes d’affaires ; une catégorie qui enregistre une montée en puissance dans l’hémicycle. En très grande majorité, ils font partie du PND, le parti au pouvoir. Les quelques-uns en dehors du PND ont été élus en tant qu’indépendants, mais certains d’entre eux n’ont pas tardé à se rallier au parti au pouvoir au lendemain du scrutin, à l’instar de Hicham Moustapha Khalil, fils d’un célèbre premier ministre égyptien. Question d’intérêt, dit-on. L’Assemblée du peuple n’est-elle pour eux qu’un moyen de faire des affaires encore plus florissantes ? « C’est plutôt l’intérêt personnel et non pas celui du peuple que ces députés viseraient essentiellement à réaliser durant toute leur présence au Parlement », dit Abdel-Ghaffar Chokr, vice-directeur du Centre d’études arabes. A voir les extravagantes sommes d’argent dépensées lors des campagnes électorales, l’on peut imaginer à quel profit ils s’attendent.

« En occupant une telle place au Parlement, les hommes d’affaires contrôlent de tout près le processus législatif économique. C’est-à-dire tout ce qui les concerne directement », dit Gamal Zahrane, député indépendant et professeur de sciences politiques à l’Université de Canal de Suez. Zahrane donne comme preuve à cet argument, l’exemple des lois économiques qui ont été débattues lors de la session précédente : la nouvelle loi des impôts qui a réduit le taux maximum des impôts de 40 % à 20 % et celui des douanes sur les biens  de production. « Des changements qui sont au profit des grands capitalistes au détriment des autres classes sociales », déplore Zahrane. Ce n’est donc pas un hasard s’ils contrôlent aussi toutes ces commissions liées à l’économie du pays. Pour Abdallah Al-Sénnaoui, rédacteur en chef du journal nassérien Al-Arabi, « c’est un choix tout à fait injustifié. Les députés compétents s’abstiennent lors des débats en faveur de ceux qui ont peu d’expérience parlementaire et non pas d’ailleurs le temps ». Mais leurs efforts se font remarquables lors des séances qui débattent des lois économiques. « C’est uniquement à ce moment-là qu’on les voit tous présents à l’écran de télévision », précise Al-Sénnaoui. Une attitude qui contraste tout à fait avec celle qu’ils ont adoptée lors des séances tenues suite à l’affaire du naufrage du ferry Al-Salam ou la crise de la grippe aviaire par exemple. Pas question de mettre le parti au pouvoir dans l’embarras. Ce n’est d’ailleurs pas une réaction propre aux hommes d’affaires, c’est celle de tous les députés PND en général. Aujourd’hui, leur action est plus remarquable car contrairement aux Parlements précédents, les hommes d’affaires semblent rassemblés et organisés autour d’un seul objectif.

Nouvelle donne économique

Effet positif ? Pourquoi pas ! Pour Chérif Al-Abd, le journaliste parlementaire d’Al-Ahram, et qui a connu les différents Parlements successifs, « l’entrée des hommes d’affaires au Parlement est une expérience avantageuse pour l’économie égyptienne. Avec la nouvelle donne économique, qui s’oriente vers l’économie du marché et la privatisation, ces hommes d’affaires représentent le secteur privé que le gouvernement considère comme le pivot du développement ». Une présence logique, puisqu’elle reflète un état des lieux dans la vie égyptienne. Paradoxalement, ce qui est retenu de la performance des hommes d’affaires au Parlement est en deçà de l’économie. Les scandales de corruption occupent le devant de la scène avec plusieurs cas de levée de l’immunité parlementaire. Al-Sénnaoui, lui, pense que la scène la plus remarquable était cette bagarre entre Ahmad Ezz et Talaat Al-Sadate, avec insultes échangées et menaces de se donner des coups de souliers.

Aliaa Al-Korachi

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.