Pouvoir.
Passage en revue des plus célèbres affaires de corruption
impliquant des hommes d’affaires députés
depuis les dernières élections.
Scandales en série
Le ferry Al-Salam
le 3 février 2006, le ferry Al-Salam 98, qui faisait la
liaison entre Douba (Arabie saoudite) et Safaga (Egypte) et
qui transportait plus de 1 600 passagers, a été retrouvé
reposant par 800 mètres de fond, à 56 miles de Safaga.
Ce naufrage a entraîné la mort de plus d’un millier de
passagers. Le propriétaire du bateau est l’homme d’affaires
Mamdouh Ismaïl, président-directeur général de l’entreprise
maritime Al-Salam et membre du Conseil consultatif (la
chambre basse du Parlement). Suite à cette catastrophe,
Mamdouh Ismaïl s’est précipitamment enfui à Londres et c’est
uniquement après sa fuite que le Parlement a accepté de
lever son immunité parlementaire.
Un peu plus tard, Ismaïl déclare à la télévision égyptienne
que son entreprise verserait aux familles des victimes 150
000 livres égyptiennes, soit le maximum prévu, d’après lui,
par la loi.
Après quelques mois d’enquêtes, l’appareil du procureur
général s’est mis d’accord avec le député pour que la somme
totale des remboursements soit de 330 millions de L.E. dont
300 000 L.E. pour chaque décès, 50 000 L.E. pour chaque
blessé. C’est par ces sommes versées que ce procès a pris
fin.
Le Viagra
En mars 2006, une cargaison de deux tonnes de Viagra a été
interceptée par la douane égyptienne dissimulées dans des
tonneaux de poudre à céramique importée de Doubaï au nom de
la société Céramica Cléopatra et appartenant à l’homme
d’affaires, député du PND et président de la commission de
l’habitat à l’Assemblée du peuple, Mohamad Aboul-Einein. Les
tonneaux contenaient environ 1,8 million de pilules de
Viagra, de même qu’un grand nombre de téléphones portables.
Mohamad Aboul-Einein ainsi que les autres responsables en
question ont nié tout lien avec les comprimés confisqués et
ont affirmé que tous les documents fournis avec la cargaison
et saisis par les autorités de l’aéroport sont falsifiés.
Après quelques mois, le député a été blanchi de cette
accusation et a poursuivi sa vie politique et commerciale.
Le sang pollué
En janvier 2007, Hani Sourour, homme d’affaires, président
de l’Association des investisseurs de la région de 6 Octobre
et député du PND, a été accusé d’avoir procuré aux hôpitaux
du ministère de la Santé des filtres de dialyse et des
poches de sang non-conformes aux critères. Ces poches
fabriquées en plastique sont revêtues d’une matière qui, en
contact avec le sang, accentuerait les risques de leucémie.
Elles ont été livrées au ministère par la société Haydelina
dont il est lui-même propriétaire. Le député a eu la
permission d’aller faire ses aveux sans que son immunité
soit levée. Mais le département des fonds publics a requis
la levée de son immunité parlementaire afin qu’il soit
interrogé de manière officielle. Une décision qui a beaucoup
tardé et n’a finalement eu lieu qu’il y a une semaine. Ce
procès est toujours ouvert et le Parquet enquête toujours
sur l’affaire.
Chaïmaa Abdel-Hamid