Al-Ahram Hebdo, Dossier | Al-Badri Farghali, « Il faut réactiver l’article 95 de la Constitution et non le contourner »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 24 au 30 janvier 2007, numéro 646

 

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Dossier

Pouvoir. Al-Badri Farghali, député du parti Al-Tagammoe (gauche), critique la présence massive des hommes d’affaires au Parlement. 

« Il faut réactiver l’article 95 de la Constitution et non le contourner » 

Al-Ahram Hebdo : Ce débat sur la présence des hommes d’affaires à l’Assemblée du peuple est-il justifié ?

Al-Badri Farghali : L’expérience des hommes d’affaires au Parlement a dévoilé nombre d’inconvénients, surtout en matière de relations économiques entre les députés et le gouvernement.

Beaucoup de scandales et de crises ont eu lieu récemment et ont fait la une des journaux, et dont les principaux concernés étaient des hommes d’affaires. Cette situation a énormément nui au gouvernement et mis au grand jour les infractions et affaires de corruption. Ceci a également nui à l’image des parlementaires en général et encore plus au Parti National Démocrate (PND), car ces affaires de corruption étaient liées à ses représentants censés défendre ses intérêts.

— Le bilan des hommes d’affaires au Parlement est-il donc négatif selon vous ?

— Tout à fait. Ces hommes d’affaires sont arrivés au Parlement à la recherche de plus grands intérêts et de gains. Ils savent que leurs relations et leur pouvoir au sein de l’Assemblée du peuple renforceront leurs affaires sur le marché et leur ouvriront des portes, qui jusqu’à présent étaient fermées. La preuve en est qu’ils ont versé d’énormes sommes d’argent lors des campagnes électorales afin de décrocher un siège au Parlement. Pensez-vous que leur motif était juste d’être au service du peuple et de défendre ses intérêts ? Personnellement, je n’y crois pas.

— La relation entre l’Etat et ces députés-hommes d’affaires ne doit-elle pas être réglementée par la Constitution ?

— L’article 95 de la Constitution est très clair sur ce point. Il prohibe tous genres d’échanges ou transactions entre l’Etat et les députés à l’Assemblée du peuple. Mais la commission législative au Parlement a contourné la situation, en décidant que ce genre de relations est permis si elles étaient en vigueur avant l’élection du député au Parlement. C’est une grave dérogation, car elle a ouvert la porte à de nombreuses fraudes et les députés ont profité de leurs relations avec le gouvernement pour décrocher des affaires et tirer encore plus de bénéfices. Ce qui a d’ailleurs créé des inégalités et des irrégularités. Il faut réactiver l’article 95 de la Constitution et non le contourner.

— Qu’avez-vous fait, vous les membres de l’opposition, pour faire face à cette situation ?

— Malheureusement, nous ne sommes qu’une minorité en fin de compte et nous n’avons pas le pouvoir de procéder à de profonds changements. Car c’est finalement les membres du PND et les hommes d’affaires qui sont majoritaires, et c’est ce qu’ils veulent qui finalement a lieu. Malgré tous ces scandales autour des députés PND, il ne semble pas qu’un changement de la situation va avoir lieu à l’Assemblée.

La majorité continuera à défendre ses propres intérêts, sauf si d’autres institutions interviennent, notamment la présidence. C’est elle l’ultime refuge, surtout que ces infractions ont lieu entre le gouvernement et les hommes du PND.

Karim Farouk

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