Al-Ahram Hebdo, Afrique | Pacification problématique
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 Semaine du 24 au 30 janvier 2007, numéro 646

 

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Afrique

Somalie . L’Union africaine a décidé d’envoyer une force de maintien de la paix pour une période de six mois, au terme de laquelle les Nations-Unies devront prendre le relais. 

Pacification problématique 

Nombre d’observateurs régionaux et internationaux ont estimé que la tentative de reprise en main de la Somalie par les troupes gouvernementales et somaliennes représentait une chance unique pour ce pays dévasté par la guerre civile depuis plus de 15 ans. Pourtant, trois semaines après la débâcle des islamistes, la violence perdure à Mogadiscio et dans différentes villes du pays. Les Tribunaux islamiques ont même prévenu qu’ils mèneraient une guérilla contre le gouvernement somalien et ses alliés éthiopiens. Leur débâcle soudaine avait d’ailleurs suscité de nombreuses interrogations d’autant plus qu’elle était intervenue après qu’ils eurent acquis une véritable supériorité militaire avant leur défaite. On se demande aujourd’hui s’il s’agissait d’un repli stratégique, comme l’avaient annoncé les responsables des Tribunaux islamiques. Quoi qu’il en soit, l’état des lieux actuel n’augure nullement une stabilisation de la situation en Somalie. Outre la guérilla promise par les combattants islamistes, il y a l’épineuse question du désarmement. Ou encore celle des chefs de guerre qui refont leur apparition.

Une donne compliquée qui ne peut être réglée que par le dialogue. En effet, les Nations-Unies, et plusieurs protagonistes internationaux, ont prévenu le gouvernement somalien que ses chances de succès dépendaient largement de sa volonté d’œuvrer à la réconciliation nationale, plutôt que de régler de vieux comptes. Pourtant, le premier ministre somalien Ali Mohamed Gedi, en visite au Soudan, a catégoriquement rejeté toute médiation entre son gouvernement et les Tribunaux islamiques écartés du pouvoir. « Il n’y aura pas de médiation, par quelque partie que ce soit, entre le gouvernement de transition et les Tribunaux islamiques », a-t-il déclaré.

En attendant de trouver une solution négociée, il s’agit désormais de tenter de stabiliser la situation. Pour ce, le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine (UA) a décidé vendredi dernier le déploiement d’une force de paix en Somalie pour une période de six mois. Selon le commissaire de l’UA chargé de la paix et de la sécurité, Saïd Djinnit, « la mission se transformera par la suite en une opération des Nations-Unies ».

Ce dernier a ajouté que le CPS a décidé d’autoriser le déploiement de l’Amisom (Mission africaine en Somalie) pour aider et soutenir le gouvernement fédéral de transition, faciliter les opérations humanitaires en Somalie et consolider la paix et la stabilité en Somalie. « L’Amisom devra aussi assurer les tâches suivantes : appuyer le dialogue, assurer la protection des institutions de transition et leurs infrastructures », a expliqué M. Djinnit. « Le CPS appelle les Etats membres, l’Union européenne et tous les partenaires à apporter un soutien financier et technique », a-t-il ajouté.

Un haut responsable de l’UA avait affirmé que l’objectif de l’organisation continentale était de déployer les premiers soldats de la paix en Somalie avant la fin du mois de janvier. Jusqu’à présent cependant, un seul pays, l’Ouganda, a annoncé être disposé à envoyer des soldats en Somalie, environ un millier. De son côté, François Fall, représentant pour la Somalie du secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon, a confirmé qu’« il appartient à la communauté internationale de mettre l’argent sur la table. L’argent est le principal problème ». Plus tôt, l’UE s’était dit prête, vendredi dernier, à envisager le déblocage de 15 millions d’euros pour une éventuelle mission de maintien de la paix en Somalie, à condition notamment que cette force puisse se déployer dans un contexte de réconciliation nationale.

En revanche, certains analystes estiment que l’argent n’est pas le seul obstacle. « Il existe d’autres questions plus importantes que l’argent. La majorité des pays africains souffrent eux-mêmes de conflits et de problèmes internes qui risquent d’entraver leur participation à cette force de paix », explique le Dr Ibrahim Nasreddine, analyste au Centre des études africaines. Cet avis est partagé par plusieurs analystes. Selon le Dr Helmi Chaarawi, professeur à la faculté de sciences politiques à l’Université du Canal de Suez, « les combats qui se poursuivent dans ce pays menacent la mission même des forces de paix. Si cette situation d’instabilité demeure, il sera difficile pour les Nations-Unies d’envoyer leurs forces ».

On risque de revenir donc à la case départ, d’autant plus que de précédentes opérations internationales dans ce pays de la Corne de l’Afrique en guerre civile depuis 1991 se sont terminées par un fiasco total.

Maha Salem  

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