Al-Ahram Hebdo, Voyages | Un atout non exploité
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Voyages

Patrimoine. Beaucoup de palais et de demeures historiques restaurés ont repris leur éclat au cours des dernières années. Malheureusement, très peu de profits sont tirés de ces chefs-d’œuvre sur le plan touristique. Etat des lieux. 

Un atout non exploité 

Palais Mohamad Ali à Choubra, palais Al-Manesterli, palais du prince Taz au Caire sont des exemples de palais historiques qui abondent en Egypte. Ces monuments comme beaucoup d’autres viennent d’être restaurés et rénovés et ont repris leur beauté et leur luxe pour être dignes de relater une partie importante de l’histoire d’Egypte, puisqu’ils appartiennent à différentes époques historiques. Bien que de grandes sommes d’argent soient dépensées pour la restauration de ces demeures, elles restent inconnues pour grand nombre d’étrangers et d’Egyptiens. Les palais historiques en Egypte ont suscité, au cours des dernières années, beaucoup d’intérêt auprès des archéologues. Des milliers de restaurateurs et de techniciens ont collaboré à la réfection de ces chefs-d’œuvre architecturaux afin qu’ils retrouvent leur beauté d’antan. Un intérêt qui va de soi et se justifie par lui-même. Mais l’exploite-t-on assez pour servir le tourisme ? Question qui intrigue nombre de responsables pour qui ce filon n’est pas du tout exploité et devrait être plus promu. « Ces trésors architecturaux doivent favoriser en Egypte un nouveau genre de tourisme qui est celui des palais. Mais en fait, aucun de ces palais royaux ne figure sur la carte touristique d’Egypte ou parmi les programmes touristiques vendus à l’étranger », souligne Magdi Sélim, responsable des relations internationales à l’Organisme égyptien de la promotion touristique. « J’ai entendu parler du palais Mohamad Ali pacha et de sa beauté incomparable d’un ami égyptien. J’ai voulu découvrir ce palais et savoir où vivait Mohamad Ali, mais j’ai appris qu’on ne peut pas le visiter », raconte Anna Oterveski, une touriste russe en visite en Egypte. Apparemment Anna n’est pas la seule à ne pas avoir eu accès à ce palace. Une mère de famille égyptienne qui voulait faire connaître à ses enfants ce palais et ce qu’il représente sur le plan de l’histoire et de la civilisation a reçu une fin de non-recevoir. « Il faut une autorisation spéciale », lui a-t-on dit. Une dérive assez générale chez les responsables égyptiens qui ne savent pas allier sécurité, préservation, d’une part et mise en valeur, d’autre part.

 

Un tourisme culturel négligé

Pourtant, ce genre de tourisme est bien exploité en Europe. « Que visite-t-on de plus en Europe que les palais royaux auxquels les gouvernements accordent beaucoup d’intérêt puisqu’ils sont l’un de leurs plus importants atouts touristiques ? », s’interroge Wessal Alameddine, professeur des études touristiques à la faculté de tourisme et d’hôtellerie de l’Université de Hélouan. Elle ajoute que ce genre de tourisme se place sous l’étiquette du tourisme culturel, puisque ces palais relatent une partie de l’histoire du pays et donnent une idée de l’architecture et de l’art d’une période historique donnée. Wessal donne l’exemple très pertinent d’ailleurs de la Turquie qui concentre une grande partie de son programme touristique à Istanbul à la visite des palais des califes et des sultans de l’Empire ottoman, comme le palais de Top Kapi, qui ressemble beaucoup à celui de Mohamad Ali à Choubra, ou celui de Delma Pacha. Le moindre ticket pour l’un de ces palais varie entre trente et quarante dollars. La Turquie qui reçoit plus de 25 millions de touristes fait une fortune des revenus des visites de ces palais.

Il en est de même en Europe occidentale, puisque beaucoup de palais royaux figurent sur les cartes touristiques des pays européens surtout en France, en Belgique, en Autriche. En Angleterre, par exemple, non seulement le palais de Buckingham peut être visité pendant le mois d’août quand la reine part en vacances au palais de Balmoral en Ecosse, mais beaucoup d’autres palais peuvent être visités au cours de l’année, comme le Windsor où les visiteurs peuvent contempler la couronne royale. Il en est de même de Hampton Court, qui a été construit par le roi Henri VIII. Même la Maison Blanche aux Etats-Unis ouvre ses portes pour recevoir les visiteurs et les touristes.

Ceci aura-t-il lieu aussi en Egypte ? On a des promesses, puisque le gouvernement fait actuellement une étude pour ouvrir les palais royaux, comme ceux de Abdine au Caire, Ras Al-Tine et Montazah à Alexandrie pour la visite touristique. Ces bâtiments historiques ont dernièrement repris une grande partie de leur beauté et de leur luxe, grâce au projet ambitieux de leur développement et de leur restauration par les experts les plus compétents. Ce projet est achevé et il ne reste que les travaux de muséologie, d’éclairage ainsi que l’assurance du contenu de ces palais de pièces antiques. Mettre la visite des palais royaux sur les programmes touristiques en Egypte ajoute un nouvel élément à la liste des atouts du pays et pourra certainement attirer plus de touristes amateurs d’art, d’architecture et d’histoire .

Dalia Farouk

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