Patrimoine.
Beaucoup de palais et de demeures historiques restaurés ont
repris leur éclat au cours des dernières années.
Malheureusement, très peu de profits sont tirés de ces
chefs-d’œuvre sur le plan touristique. Etat des lieux.
Un atout non exploité
Palais Mohamad Ali à Choubra, palais Al-Manesterli, palais
du prince Taz au Caire sont des exemples de palais
historiques qui abondent en Egypte. Ces monuments comme
beaucoup d’autres viennent d’être restaurés et rénovés et
ont repris leur beauté et leur luxe pour être dignes de
relater une partie importante de l’histoire d’Egypte,
puisqu’ils appartiennent à différentes époques historiques.
Bien que de grandes sommes d’argent soient dépensées pour la
restauration de ces demeures, elles restent inconnues pour
grand nombre d’étrangers et d’Egyptiens. Les palais
historiques en Egypte ont suscité, au cours des dernières
années, beaucoup d’intérêt auprès des archéologues. Des
milliers de restaurateurs et de techniciens ont collaboré à
la réfection de ces chefs-d’œuvre architecturaux afin qu’ils
retrouvent leur beauté d’antan. Un intérêt qui va de soi et
se justifie par lui-même. Mais l’exploite-t-on assez pour
servir le tourisme ? Question qui intrigue nombre de
responsables pour qui ce filon n’est pas du tout exploité et
devrait être plus promu. « Ces trésors architecturaux
doivent favoriser en Egypte un nouveau genre de tourisme qui
est celui des palais. Mais en fait, aucun de ces palais
royaux ne figure sur la carte touristique d’Egypte ou parmi
les programmes touristiques vendus à l’étranger », souligne
Magdi Sélim, responsable des relations internationales à
l’Organisme égyptien de la promotion touristique. « J’ai
entendu parler du palais Mohamad Ali pacha et de sa beauté
incomparable d’un ami égyptien. J’ai voulu découvrir ce
palais et savoir où vivait Mohamad Ali, mais j’ai appris
qu’on ne peut pas le visiter », raconte Anna Oterveski, une
touriste russe en visite en Egypte. Apparemment Anna n’est
pas la seule à ne pas avoir eu accès à ce palace. Une mère
de famille égyptienne qui voulait faire connaître à ses
enfants ce palais et ce qu’il représente sur le plan de
l’histoire et de la civilisation a reçu une fin de
non-recevoir. « Il faut une autorisation spéciale », lui
a-t-on dit. Une dérive assez générale chez les responsables
égyptiens qui ne savent pas allier sécurité, préservation,
d’une part et mise en valeur, d’autre part.
Un tourisme culturel négligé
Pourtant, ce genre de tourisme est bien exploité en Europe.
« Que visite-t-on de plus en Europe que les palais royaux
auxquels les gouvernements accordent beaucoup d’intérêt
puisqu’ils sont l’un de leurs plus importants atouts
touristiques ? », s’interroge Wessal Alameddine, professeur
des études touristiques à la faculté de tourisme et
d’hôtellerie de l’Université de Hélouan. Elle ajoute que ce
genre de tourisme se place sous l’étiquette du tourisme
culturel, puisque ces palais relatent une partie de
l’histoire du pays et donnent une idée de l’architecture et
de l’art d’une période historique donnée. Wessal donne
l’exemple très pertinent d’ailleurs de la Turquie qui
concentre une grande partie de son programme touristique à
Istanbul à la visite des palais des califes et des sultans
de l’Empire ottoman, comme le palais de Top Kapi, qui
ressemble beaucoup à celui de Mohamad Ali à Choubra, ou
celui de Delma Pacha. Le moindre ticket pour l’un de ces
palais varie entre trente et quarante dollars. La Turquie
qui reçoit plus de 25 millions de touristes fait une fortune
des revenus des visites de ces palais.
Il en est de même en Europe occidentale, puisque beaucoup de
palais royaux figurent sur les cartes touristiques des pays
européens surtout en France, en Belgique, en Autriche. En
Angleterre, par exemple, non seulement le palais de
Buckingham peut être visité pendant le mois d’août quand la
reine part en vacances au palais de Balmoral en Ecosse, mais
beaucoup d’autres palais peuvent être visités au cours de
l’année, comme le Windsor où les visiteurs peuvent
contempler la couronne royale. Il en est de même de Hampton
Court, qui a été construit par le roi Henri VIII. Même la
Maison Blanche aux Etats-Unis ouvre ses portes pour recevoir
les visiteurs et les touristes.
Ceci aura-t-il lieu aussi en Egypte ? On a des promesses,
puisque le gouvernement fait actuellement une étude pour
ouvrir les palais royaux, comme ceux de Abdine au Caire, Ras
Al-Tine et Montazah à Alexandrie pour la visite touristique.
Ces bâtiments historiques ont dernièrement repris une grande
partie de leur beauté et de leur luxe, grâce au projet
ambitieux de leur développement et de leur restauration par
les experts les plus compétents. Ce projet est achevé et il
ne reste que les travaux de muséologie, d’éclairage ainsi
que l’assurance du contenu de ces palais de pièces antiques.
Mettre la visite des palais royaux sur les programmes
touristiques en Egypte ajoute un nouvel élément à la liste
des atouts du pays et pourra certainement attirer plus de
touristes amateurs d’art, d’architecture et d’histoire .
Dalia
Farouk