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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Sports

Handball. Hamada Al-Naqib, gardien de but de la sélection et l’un des anciens cadres de l’équipe nationale égyptienne, évoque les chances des Pharaons lors du Mondial d’Allemagne. Entretien.

« J’espère que le manque d’expérience des jeunes joueurs ne nous sera pas fatal »

Al-Ahram Hebdo : Dans un groupe comprenant l’Espagne et la République tchèque, la sélection nationale peut-elle accéder au second tour ?

Hamada Al-Naqib : Notre mission sera sans doute assez difficile vu la puissance de nos adversaires. L’Espagne est la tenante du titre du dernier Mondial. Quant à la République tchèque, c’est la puissance montante dans le monde du handball en Europe actuellement.

Le changement du système de la compétition qui a réduit le nombre de qualifiés au second tour à deux a augmenté la difficulté de notre mission.

A mon avis, notre qualification pour le second tour dépend en grande partie de notre résultat contre les Tchèques. Car notre mission contre l’Espagne sera très difficile, voire impossible. Alors nous devons nous concentrer sur notre rencontre face à la République tchèque. Il est vrai que la sélection tchèque est une puissante sélection, mais son niveau est assez inférieur à celui de l’Espagne. Et je pense qu’on peut surmonter l’obstacle tchèque avec un peu de chance et une concentration maximale de la part des joueurs.

— Etes-vous satisfait de la préparation de l’Egypte pour le Mondial ?

— Oui je suis très satisfait. La sélection a effectué une excellente période de préparation étalée sur 8 mois. On a participé à de nombreux tournois internationaux et la sélection a disputé plusieurs matchs amicaux face à des sélections de renom. Ce qui est clair dans l’excellente condition physique des joueurs actuellement. Il faut préciser que cette dernière était l’une des grandes lacunes de la sélection auparavant, mais le cadre technique a réussi à y remédier.

— Les résultats de la sélection lors de ces matchs, notamment lors du Tournoi international d’Al-Ahram, n’étaient pourtant pas très reluisants ...

— Lors des matchs amicaux on ne s’intéresse pas aux résultats. L’important, c’est la performance. En général, les techniciens visent dans ce genre de rencontres à essayer les joueurs et leurs capacités.

De même, les rencontres amicales sont une bonne occasion pour le directeur technique de mettre en application plusieurs tactiques et plusieurs styles de jeu.

Dans notre cas, les matchs amicaux étaient très importants afin de donner l’expérience nécessaire aux jeunes joueurs avant le Mondial. Il est vrai que l’on a perdu plusieurs matchs, mais les jeunes ont acquis une certaine expérience.

— Dans quel état d’esprit se trouve la sélection actuellement ?

— Tout le monde sait que la sélection est en pleine mutation. Les jeunes joueurs représentent une grande partie de la sélection actuellement. Mais le problème est que ces derniers manquent d’expérience. Ce qui représente une grande lacune surtout dans une grande compétition, comme les Championnats du monde, qui exige une grande expérience de la part des joueurs. J’espère que le manque d’expérience des jeunes joueurs ne nous sera pas fatal pour nous. En tout cas, les hommes de la fédération connaissent cette réalité et ils n’ont pas demandé aux joueurs de se battre pour le titre.

— Depuis 2003, on entend la même excuse : la sélection est en pleine mutation ... Les résultats tardent ...

— Le problème du handball égyptien est un problème de base. Par exemple, l’exploit de la 4e place lors du Mondial de France en 2001 était le fruit de 10 ans de travail des générations successives.

Si l’on se rappelle l’effectif de 2001, on peut constater un bon mélange des différentes générations, comme Ahmad Bilal, Amr Al-Guiyouchi de l’ancienne génération, puis les joueurs de la sélection juniors qui ont remporté le Championnat du monde juniors en 1993 comme moi, Chérif Moëmen, Gohar Nabil, Achraf Awwad et Al-Roubi et finalement Hussein Zaki, qui a représenté les jeunes joueurs à cette époque. Aujourd’hui, il n’y a pas cette succession. En dehors d’Ahmad Al-Ahmar, les nouvelles générations n’ont pas sécrété de joueur digne d’être une star. Ils sont tous de niveau ordinaire.

— Le niveau du handball égyptien serait-il en régression ?

— Oui, il est clair que le handball égyptien a beaucoup régressé ces 4 dernières années. Après l’exploit de 2001, la sélection a dégringolé à la 15e place lors du Mondial du Portugal. En 2005 lors du Mondial de Tunisie, la sélection a été éliminée du premier tour pour la première fois depuis 1993. Et je ne suis pas optimiste sur le sort de la sélection dans le Mondial d’Allemagne.

— Qui est responsable de cette régression ?

— Outre le manque de joueurs talentueux, je peux citer les mauvaises décisions de la fédération égyptienne. Ces décisions ont joué un grand rôle dans la régression du handball égyptien. Par exemple, la fédération a obligé plusieurs joueurs à prendre leur retraite après l’échec de 2003. C’était très bizarre de voir des joueurs comme Gohar Nabil, Magdi Aboul-Magd et autres arrêter leur carrière à l’âge de 30 ans. Cette décision a diminué en grande partie le nombre des joueurs expérimentés au sein de l’équipe, et en même temps les hommes de la fédération expliquent les échecs de la sélection par le manque d’expérience des joueurs.

De même, la fédération met beaucoup d’obstacles devant le transfert des joueurs de la sélection à l’Europe. Selon le règlement en Egypte, la fédération possède le droit d’accepter ou de refuser les offres de transfert des joueurs internationaux. Pour que la fédération accepte le transfert du joueur, il faut d’abord que l’offre vienne d’un des 3 clubs phare, à savoir les championnats allemand, espagnol ou français. Sinon, la fédération n’accepte pas le transfert. Ce qui est complètement aberrant, d’autant plus que la concurrence dans le championnat égyptien est très faible et elle n’aide pas à construire un joueur international de haut niveau. Cette décision a beaucoup déçu les joueurs qui aimeraient partir en Europe. Par exemple, l’arrière droit de Zamalek, Ahmad Al-Ahmar, est un joueur exceptionnel et il a reçu plusieurs offres de transfert vers l’Allemagne, mais dans une équipe de moyen classement. Et la fédération a refusé, car elle n’accepte que les offres des clubs du sommet seulement. L’on peut imaginer l’état d’esprit du joueur lors des entraînements.

— Vous semblez très pessimiste sur l’avenir du handball égyptien ...

— Non je ne suis pas pessimiste, mais je suis triste. Je suis l’un des joueurs qui ont vécu les moments de gloire du handball égyptien. Et il est très dur pour moi de voir la sélection égyptienne dans une telle situation. On a beaucoup travaillé pour mettre l’Egypte sur la Charte du handball mondial. Je sens que nos efforts sont perdus. Je n’arrive pas à croire que nous ne sommes pas favoris pour la qualification au second tour, tandis que la Tunisie qui était à notre portée pendant une longue période est un grand favori pour se placer dans le top 8 de la compétition.

Mohamad Mosselhi

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